COUR SUPÉRIEURE DE JUSTICE
DE L’ONTARIO
RÉFÉRENCE: R. c. Lalumière, Gilles, 2015 ONCS 4937
NUMÉRO DE DOSSIER DU GREFFE : JA 13-1365
DATE : 2015/08/12
ENTRE :
SA MAJESTÉ LA REINE
– et –
GILLES LALUMIèRE
Me J. Martel, pour la couronne
Me Y. Jubinville, pour l’accusé
ENTENDU LE : 19, 20, 21 et 22 mai 2015
MOTIFS DU JUGEMENT
Juge M.Z. CHARBONNEAU
[1] Gilles Lalumière fait face à 18 chefs d’accusation. Dans tous les cas la victime présumée, J.T., était son amoureuse à l’époque. Les 18 chefs, tels que lus au début du procès sont :
Gilles Lalumière est inculpé, le ou vers le 1er jour du mois d’octobre 2013, dans la cité Clarence-Rockland, dans ladite Région, de s’être livré à des voies de fait contre J.T., commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 266 du Code criminel; et de plus
le ou vers le 1er jour du mois d’octobre 2013, dans la cité de Clarence-Rockland, dans ladite Région, a agressé sexuellement J.T., commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 271 du Code criminel; et de plus
le ou vers le 1er jour du mois d’octobre 2013, dans la cité de Clarence-Rockland, dans ladite Région, a, sans autorisation légitime, séquestré J.T., commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 279(2) du Code criminel; et de plus
le ou vers le 24e jour du mois d’octobre 2013, dans la cité de Clarence-Rockland, dans ladite Région, a, sans autorisation légitime, séquestré J.T., commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 279(2) du Code criminel; et de plus
le ou vers le 27e jour du mois d’octobre 2013, dans la cité de Clarence-Rockland, dans ladite Région, avec l’intention de se permettre de commettre un acte criminel, soit : de se livrer à des voies de fait, a tenté de rendre J.T. incapable de résistance par un moyen de nature à étouffer par la main, commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 246(a) du Code criminel; et de plus
le ou vers le 27e jour du mois d’octobre 2013, dans la cité de Clarence-Rockland, dans ladite Région, s’est livré à des voies de fait contre J.T., alors qu’il utilisait une arme, soit : une ceinture, commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 267(1)(a) du Code criminel; et de plus
le ou vers le 27e jour du mois d’octobre 2013, dans la cité de Clarence-Rockland, dans ladite Région, a agressé sexuellement J.T., commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 271 du Code criminel; et de plus
le ou vers le 18e jour du mois de novembre 2013, dans la cité de Clarence-Rockland, dans ladite Région, a commis un méfait à l’égard d’un bien d’une valeur ne dépassant pas 5 000,00$, soit : un téléphone cellulaire appartenant à J.T., commettant ainsi l’infraction punissable sur déclaration sommaire de culpabilité à l’article 430(4) du Code criminel; et de plus
le ou vers le 18e jour du mois de novembre 2013, dans la cité Clarence-Rockland, dans ladite Région, avec l’intention de se permettre de commettre un acte criminel, soit : de se livrer à des voies de fait, a tenté de rendre J.T. incapable de résistance par un moyen de nature à l’étouffer, commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 246(a) du Code criminel; et de plus
le ou vers le 18e jour du mois de novembre 2013, dans la cité Clarence-Rockland, dans ladite Région, s’est livré à des voies de fait contre J.T., commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 266 du Code criminel; et de plus
le ou vers le 19e jour du mois de novembre 2013, dans la cité Clarence-Rockland, dans ladite Région, s’est introduit par effraction dans une maison d’habitation située au […] Rockland Ontario avec l’intention d’y commettre un acte criminel, commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 348(1)(a) du Code criminel; et de plus
le ou vers le 19e jour du mois de novembre, dans la cité Clarence-Rockland, dans ladite Région, a sciemment proféré une menace de causer la mort ou des lésions corporelles à J.T., commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 264.1(1)(a) du Code criminel; et de plus
le ou vers le 19e jour du mois de novembre 2013, dans la cité de Clarence-Rockland, dans ladite Région, a, sans autorisation légitime, séquestré J.T., commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 279(2) du Code criminel; et de plus
le ou vers le 21e jour du mois de novembre 2013, dans la cité Clarence-Rockland, dans ladite Région, s’est introduit par effraction dans une maison d’habitation située au […] Rockland Ontario avec l’intention d’y commettre un acte criminel, commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 348(1)(a) du Code criminel; et de plus
le ou vers le 21e jour du mois de novembre 2013, dans la cité de Clarence-Rockland, dans ladite Région, s’est livré à des voies de fait contre J.T., alors qu’il utilisait une arme, soit : un couteau, commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 267(1)(a) du Code criminel; et de plus
le ou vers le 21e jour du mois de novembre 2013, dans la cité Clarence-Rockland, dans ladite Région, a sciemment proféré une menace de causer la mort ou des lésions corporelles à J.T., commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 264.1(1)(a) du Code criminel; et de plus
le ou vers le 21e jour du mois de novembre 2013, dans la cité de Clarence-Rockland, dans ladite Région, a, sans autorisation légitime, séquestré J.T., commettant ainsi l’acte criminel prévu à l’article 279(2) du Code criminel; et de plus
le ou vers le 22e jour du mois de novembre 2013, dans la cité de Clarence-Rockland, dans ladite Région, a commis un méfait à l’égard d’un bien d’une valeur ne dépassant pas 5 000,00$, soit : le véhicule appartenant à J.T., commettant ainsi l’infraction punissable sur déclaration sommaire de culpabilité à l’article 430(4) du Code criminel.
[2] M. Lalumière a plaidé non-coupable à tous les chefs.
[3] Au moment de faire ses représentations finales, Me Martel pour la Couronne a demandé que la date des chefs 1 à 13 soit modifiée à « entre le 24e jour d’octobre et le 22 novembre 2013. » J’ai accordé l’amendement pour les chefs 4 à 13, mais j’ai refusé l’amendement pour les chefs 1 à 3.
[4] La Couronne a de plus concédé qu’il n’y avait pas de preuve qui justifiait un verdict de culpabilité au chef 12 et a invité le Tribunal à rendre un verdict de non coupable concernant ce chef.
LA TOILE DE FOND
[5] Mme J.T. et M. Lalumière se sont connus sur un site de rencontre à la fin de l’été 2012. À la fin de septembre 2012, ils ont entamé une relation amoureuse. Ils ont cohabité ensemble dans la maison de Mme J.T. à partir du 15 novembre 2012.
[6] Mme J.T. est une employée du […] connu sous le nom de […]. Elle est la mère de deux fils, issue de deux relations amoureuses précédentes. Au moment de sa rencontre avec M. Lalumière elle était séparée, mais non encore divorcée, de M. É.M., le père de son plus jeune fils, A.M..
[7] M. Lalumière ne travaillait pas. En fait il n’a travaillé qu’une journée durant leur cohabitation qui s’est officiellement terminée le 22 novembre 2013, lors de l’arrestation de M. Lalumière.
[8] Pour une période d’environ deux mois, Mme J.T. souhaitait que M. Lalumière quitte son foyer entre autres parce qu’il ne voulait pas travailler et était trop contrôlant. M. Lalumière aurait fait des promesses de partir, qu’il ne tenait pas.
[9] Le 22 novembre 2013, Mme J.T., accompagné de M. É.M., a porté plainte auprès de la Sureté provinciale de l’Ontario. M. Lalumière a été arrêté et accusé tel que décrit plus tôt.
LA PREUVE
J.T.
[10] Elle indique que quelque temps avant les incidents qui ont mené aux accusations, elle avait mis fin à la relation. Pour les raisons suivantes, elle avait conclu qu’il n’était pas bon de continuer une relation avec lui :
- Il était jaloux et l’accusait de fréquenter d’autres hommes et de parler à M. É.M.;
- Il appelait souvent à son travail et si elle était dans l’impossibilité de prendre son appel, il la boudait.
- Il disait des choses étranges ou absurdes. Il craignait qu’une fille le pourchasse. Il avait été impliqué sexuellement avec cette fille et d’autres hommes pendant une partouze.
- Il disait aimer jouer avec les pieds de sa mère pendant qu’il jouait avec son corps.
- Il fondait en larme et se disait coupable concernant sa concubine précédente.
- Elle s’aperçut qu’il lui avait menti lors de leurs contacts en ligne.
- Elle lui disait qu’il fallait qu’il se trouve un emploi, mais il ne faisait rien de sérieux pour s’en trouver un.
[11] Elle débute par raconter les événements qui ont mené à sa plainte à la police. Il avait déjà commencé son déménagement, mais il avait encore des effets personnels chez elle. Le 21 novembre, il l’appelle et lui demande de l’accompagner chez Walmart pour acheter un PowerStation 3 à son fils. Elle était réticente, mais elle a accepté. À sa demande, il lui a remis la clef de sa maison au Walmart. Par la suite ils ont été souper dans un restaurant.
[12] Une fois de retour à la maison, elle barre la porte et appelle sa sœur. À la fin de l’appel, elle l’entend dire « Qui appelais-tu? » Elle s’aperçoit que la porte qu’elle avait barrée ne l’est plus. Soudainement, il fait irruption par cette porte et crie « T’es faite. » Elle a été extrêmement secouée. Elle s’est affaissée repliée sur elle-même en criant et en pleurant. Elle tremblait. Il l’a aidé à se relevé et lui indique qu’elle réagit beaucoup trop.
[13] Ils se sont rendus à la table et à ce moment-là elle s’est aperçue qu’il avait en main un exacto. Il lui a dit « Si la police arrive, je te poignarderai ». Il s’est approché et lui a touché à la tête avec sa main gauche et lui indiqua où il la poignarderait.
[14] Il est devenu paranoïde, vérifiant constamment par la fenêtre quand un véhicule passait et marchait de long en large. Son ton était menaçant, mais elle n’était pas certaine s’il agirait. Elle avait peur de partir de crainte qu’il la tue.
[15] Elle avait déjà convenu d’un code avec son amie et collègue de travail, D.P.. Si elle lui textait un message qui incluait le mot « chien » elle devait comprendre que c’était un appel au secours et appeler 911. Elle a envoyé un tel message, mais n’a pu le compléter parce qu’il lui a enlevé son téléphone. Elle a pu envoyer le message incomplet. Il se doutait qu’elle voulait appeler pour de l’aide. Elle ne sait pas exactement quand durant cet épisode elle envoya le texte.
[16] À un moment, elle a réussi à lui enlever l’exacto lorsqu’il l’a laissé sur le comptoir. Elle a lancé l’exacto au bas de l’escalier avec sa main gauche parce qu’il tentait de le lui enlever. Elle l’a convaincu qu’il n’avait pas besoin de l’exacto parce qu’elle n’avait pas l’intention de fuir.
[17] Par la suite, ils ont fait un casse-tête ensemble et ont été se coucher dans le même lit. Elle n’a pas dormi.
[18] Le lendemain matin, il a refusé qu’elle quitte la maison pour aller travailler. Elle l’a convaincu d’aller magasiner afin de pouvoir quitter la maison. Elle l’a calmé en lui disant qu’il serait un couple à nouveau.
[19] Rendue au Walmart, elle a prétendu avoir besoin d’aller à la toilette. Une fois dans la salle de toilette, elle a fait parvenir un texte à M. É.M. qui disait « Au secours, Gilles. Walmart. Ne pas répondre et effacer. » Elle n’a pas voulu appeler parce qu’elle avait peur que cela prenne trop de temps et que M. Lalumière entre dans la salle de bain. Elle savait que son ex-mari comprendrait puisqu’elle lui avait déjà dit qu’elle craignait l’accusé. Elle a effacé le texte une fois envoyé.
[20] À sa sortie de la salle de toilette, M. Lalumière a vérifié ses textes et lui a ensuite remis son téléphone.
[21] M. É.M. est arrivé. Il prétendait qu’il était là pour magasiner. Il s’approcha d’eux et plaça son chariot entre elle et l’accusé. Elle a obtenu ses clefs de voiture de l’accusé en lui disant que son superviseur avait appelé et qu’elle devait aller travailler. Elle a dit à l’accusé que M. É.M. le reconduirait à sa voiture.
[22] L’accusé était furieux et au moment où elle quittait en voiture, il a donné un coup de pied sur la voiture près de la porte du conducteur causant du dommage. En premier, on lui a dit que le coût des réparations serait plus grand que la valeur de la voiture. Finalement, l’assurance a accepté de faire réparer la voiture. Elle a dû absorber la franchise de 300$. Elle ne se souvient pas du coût total des réparations.
[23] Plus tard ce même après-midi elle a rencontré M. É.M. et il l’a convaincu de porter plainte à la police, ce qu’elle a fait. Tout l’après-midi, l’accusé l’appelait continuellement. L’agent Thibeau de la Sureté provinciale a finalement répondu au dernier appel de l’accusé alors qu’elle était au poste de police.
[24] Mme J.T. a ensuite témoigné au sujet d’incidents de violence qu’elle avait subis aux mains de l’accusé avant le 21 novembre 2013.
[25] Le premier incident serait survenu au début d’octobre 2013. Ils auraient eu une dispute verbale. Elle a tenté de sortir de la chambre, mais il l’en a empêchée. Ils se sont retrouvés debout sur le lit et il lui a appliqué un coup de pied dans le dos. Elle a eu de la douleur pour environ deux semaines.
[26] Le deuxième événement est survenu au début de novembre 2013. Ils étaient au lit. Son fils A.M. était dans sa chambre. À la suite d’une discussion probablement concernant le fait qu’il devait partir, il lui a appliqué une ceinture sur la gorge et la mâchoire avec suffisamment de force pour lui causer une ecchymose. Elle lui a dit qu’il était pire que son premier mari et à ce moment-là, il l’a agrippée par la gorge et l’a secouée. Il lui a dit que si elle n’avait pas d’enfant, il la tuerait.
[27] Il s’est ensuite déshabillé et l’a déshabillée. Elle lui a dit pas ce soir, mais il ne l’a pas écouté et il a eu une relation sexuelle avec elle. Elle n’a pas résisté. Le lendemain matin, il a dit qu’il n’avait aucune mémoire de ces événements.
[28] Elle ne sait pas pourquoi elle n’a pas appelé la police et pourquoi elle ne l’a pas quitté à ce moment-là. Sa seule explication est qu’il n’avait pas d’endroit où rester et que sa mère était morte récemment.
[29] Toutefois, elle maintient qu’à quelques reprises, elle a fui la maison espérant que des voisins l’entendent. Elle avait peur de lui parce qu’à toutes les fois qu’elle parlait de séparation, il réagissait violemment.
[30] Un troisième incident serait survenu avant le 21 novembre 2013. Elle était au sous-sol. Il lui disait « Tu vas écouter – c’est ta faute. » Il l’empêchait de quitter. À un moment, il l’a retenu dans une prise qu’elle décrit comme un « bear hug ».
[31] À une occasion, il a fracassé son « Blackberry » en le lançant par terre.
[32] Peu de temps avant le 21 novembre 2013, il l’a projetée par terre et s’est assis sur son visage et ensuite sur sa poitrine. Il lui a dit que c’était facile de tuer quelqu’un en poussant l’air hors de ses poumons et ensuite en l’étranglant. Il l’a ensuite trainée par les jambes jusque dans la chambre à coucher. Elle ne se souvient pas ce qui est arrivé une fois dans la chambre.
[33] Il l’aurait trainée par les jambes à deux reprises. L’autre occasion il l’a trainée hors du lit et elle est tombée sur les deux coudes. Elle ne se souvient pas les circonstances de cet événement.
[34] Elle raconte qu’à une occasion, il l’a conduite dans un lieu égaré par une petite route de campagne au lieu de la conduire à son travail. Il s’est stationné. Elle avait peur, ne sachant pas ce qu’il allait faire.
[35] Elle indique une autre occasion où il l’aurait empêchée d’aller travailler. Elle avait peur qu’il l’étrangle à nouveau. Elle a signalé le 911 croyant que le fait de signaler serait suffisant. Tous les deux par la suite ont tenté d’annuler l’appel sans succès. Deux policiers sont arrivés chez elle. Elle a dit aux policiers qu’elle avait signalé par erreur. Elle n’a rien dit parce qu’il a promis de bien se comporter. Il n’a pas tenu sa promesse. C’est pour cela qu’elle a mis en place le code de sécurité avec D.P.. Elle a aussi confié à M. É.M. certains détails des divers incidents de violence.
[36] Elle lui demandait régulièrement de partir et il disait oui, mais ne quittait pas. Un soir, elle a consenti à avoir une relation sexuelle à la condition qu’il promette de partir. Il n’a pas tenu sa promesse.
[37] Le 21 novembre, il n’habitait plus chez elle, mais avait encore des effets personnels chez elle. Il inventait des excuses pour rester chez elle. Il arrivait le soir sans s’annoncer. Une fois, il l’a appelé lui disant qu’il était en dehors de la ville. Quelques minutes plus tard, il entrait sans permission dans la maison en riant. Elle lui a dit de partir et il a refusé.
[38] Après l’arrestation de M. Lalumière, elle indique qu’elle a gardé contact avec lui malgré la condition de sa libération provisoire lui interdisant tout contact avec elle. Elle a communiqué avec lui par écrit et par texte électronique jusqu’en juillet 2014. Elle lui a permis de la visiter chez elle en cachette et elle l’a visité à un hôtel à Gatineau. Elle a payé la chambre d’hôtel. Elle a passé quelques jours avec lui chez son cousin Simon. Elle lui a écrit qu’elle n’avait pas dit la vérité à la police et que la police avait ajouté des détails qu’elle n’avait pas allégués. Elle lui a écrit qu’elle n’aimait pas qu’il ne puisse pas se voir comme avant à cause des restrictions. Elle a admis lui avoir acheté une bague de fiançailles. Elle l’appelle son mari et lui dit qu’elle l’aime toujours.
[39] Pendant la période durant laquelle elle indique que M. Lalumière a commis des voies de fait à son égard, elle lui écrit les choses suivantes: (texte tel quel non corrigé)
Le 10 Octobre 2013
« Babe, Honnêtement si tu trouves quelque chose sa va être le meilleur cadeau que quelqu’un pourrais me donner. Pour moi ça signifie qu’on s’installent pour le reste de notre vie ensemble. Je sais tu trouves sa peut-être stupide mais c’est vrai. Je te promet je vais toujours être le J.T. que tu as rencontré. Je suis prêt à te suivre n’importe ou. Je t’aime mon mari et j’ai vraiment hate de te voir pour diner. Passe un beau matin. Ta femme J.T. xoxo… »
Si tu trouves quelque chose à Hull ont pourrait voyager ensemble ☺ Je serais la femme la plus gater au monde. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. »
« Babe, merci à toi, tous l’effort que tu mets pour trouver quelque chose et même regarder au Québec. Tu as aucune idée jusqu’à quelle point tu as enlevé du stress sur mon dos. Just l’idée de peut-être avoir mes fins semaine encore. De pas être la seule personne qui travaille. J’espère que sa va bien aujourd’hui. Je te jure je vais revenir comme avant. Je t’aime mon mari. A tantot. Ta femme J.T. xoxo… »
Le 3 novembre 2013
« Brad viens juste de rentrer. Je vais peut-être finir une autre feuille et finir, je vais voir. Tu sais qu’est-ce que j’aime vraiment pas, c’est je me sens que tu fier sur moi. C’est sa qu’est-ce qui me frustre. Je sais que tu essaie de trouver une job, mais je me sens pas le choix de te garder chez nous parce que tu n’as pas d’autre place à aller. Sa fait un ans que c’est moi qui travaille, en plus je travaille OT juste pour nous garder debout. Je suis tanner.
Juste moi, je suis frustré de savoir que je suis pris ici qu’il faut que je me fis sur toi pour venir me chercher tantot. J’aime pas me sentir pris. Je ne sais pas si j’explique sa comme il faut. J’aime pas sa me sentir obliger de faire quelque chose.
J’aimerais tellement que notre couple sois comme avant, mais je me sens bloqué. Je sais que tu penses que j’essaie pas, mais j’essaie vraiment fort, de jouer avec toi, de t’embrasser a l’imprévue, ok, peut-être pour toi c’est pas essayer, mais pour moi c’est ma manière de le faire. Je veux voir si j’ai encore des sentiments pour toi. Je me sens forcer de te dire que je t’aime parce que tu répete toujours je t’aime et je me sens mal quand je le dit pas. Des fois je dis mon mari mais c’est un habitude. Je te dit pas c’est choses-la pour te faire facher. Je veux juste dire la vérité. Je suis encore très meler, je ne sais pas qu’est-ce que je veux, rester avec toi ou être seul. Mais dans la situation que tu es dedans j’ai comme pas le choix que tu restes, je veux pas que tu sois dans la rue. Je te hais pas jusqu’à ce point-là. Je t’aime comme ami présentement. »
« Sa j’aime sa beaucoup plus. J’adore quand tu m’appelle cocotte. Je t’avais pas dit les choses avant pour être méchante, juste pour te dire jusqu’à quelle point je suis mélanger. J’irai dans un autre bureau mais je veux vraiment finir ma dernière feuille avant de partir. Je devrais avoir fini dans 1 heure? Je planifie de finir vers 10 :45 au plus tard, je vais voir. J.T. »
Le 4 novembre 2013
« Babe, merci pour me rejoindre pour diner. J’aime vraiment passer du temps avec toi. Bonne chance cette après-midi. Je pense à toi toujours. Ta femme J.T. xoxo… »
« Load les cartes, pas graves, plus à payer plus tard. Tu t’en calisse de ton nom, des dettes, c’est pas vraiment le genre de gars que je voulais être avec. J’aimerais que tu sois un peu plus responsable. »
Le 5 novembre 2013
« Okay la sa suffit. Je dit jamais rien et quand je dit quelque chose je suis chienne ou je suis égoiste ou je joue des jeux ou je suis hypocrite. Tu as toujours des excuses pour rester. J’en ai assez. Oui j’ai des sentiments pour toi et tu utilises sa chaque fois pour que je te garde. La je veux que tu pack tes affaires et que tu pars cette après-midi avant que A.M. arrive à la maison. Simon va être là ce soir par le temps que tu vas faire ton chemin il va être là. J’espère que je suis assez claire. »
« J’ai regardé les courriel et sa fait depuis le début du mois d’aout que je t’achale pour trouver une job. On est rendu dans le mois de Novembre. J’ai plus besoin de te supporter tu as une place a aller fak va t’en et fiche moi la paix. J’aurais plus besoin d’avoir quelqu’un chez nous qui me garde debout quand je suis fatiguer, pu personne pour chialer contre moi. Sa va être la paix total a la maison et a l’ouvrage. »
« Je t’ai fait regarder pour une job parce qu’il y a une partie de moi qui ne veux pas que tu part. Mais l’autre partie de moi me dit je serai mieux sans toi, sans personne que je peux être seul. Que je vais avoir la paix, de pas avoir quelqu’un pour me dire quoi faire, que je vas être libre a faire qu’est-ce que je veux et mes choses sont mes responsabilité. Dans tous le temps qu’on a été ensemble tu as fait diner pour A.M. 1 fois. Je me sens seul même avec toi. Tu fais beaucoup choses qui sont bon, je peux pas me plaindre pour les choses que tu fais surtout que tu m’aimes. Ton amour est la raison pourquoi je veux rester avec toi. Il te manque juste un peu de responsabilité. »
Le 6 novembre 2013
« Babe, je voulais simplement te dire félicitations. Je suis très fière de toi. Je t’aime et a bientôt. J’ai hate de te voir. Ta femme J.T. xoxo… »
« Chère mon chéri d’amour. Tu es le meilleur mari du monde. Je promis d’être la femme que tu as toujours voulu avoir. Je va être toujours fidèle et toujours essayer de te rendre heureux. J’aurais aimé passer l’après-midi, mais dit toi que ce soir on va profiter du temps qu’on a ensemble. Je t’aime mon mari. J’ai déjà hâte de te voir. Passe une belle après-midi je pense à toi toujours. Ta femme J.T. xoxo… »
« Babe, j’ai hâte a ce soir. On va aussi ramasser ta bague aussi ☺ »
« Salut babe, j’espère que tout va bien. Il reste moins que 30 minutes. J’ai hate de te voir. A tantot. Ta femme J.T. xoxo… »
Le 12 novembre 2013
« Merci pour le beau courriel. Amuse-toi a ta nouvelle emploie aujourd’hui. J’espère que tu vas passer une belle journée. J’ai hate que tu me raconte ta journée ce soir. Je t’aime ta femme J.T. xoxo… »
Le 21 novembre 2013
« Je m’excuse d’avoir capoter. Je t’ai juste donner confiance tellement souvent et j’ai peur de te donner confiance encore et être décu. J.T. »
L2 27 janvier 2013
« Babe,
J’aimerais tellement te serrer dans mes bras et te dire que tout va bien aller. Encore mieux retourner dans le passé et de mieux te parler. Je suis perdu en mots de te dire pour essayer de te rassurer. Tu fais tous pour essayer de me rendre heureuse. Tu es un homme incroyable, les choses que tu fais pour une femme. Tu fais tous pour essayer de me faire plaisir. J’aimerais retourner dans le passer et jamais aller à la police, en premier, parce qu’ils ont ajouté des choses qui sont pas vrai. Je m’en souvient pas de la vidéo, je m’en souvient qu’ils ont pris un vidéo mais vraiment pas qu’est-ce que j’ai dit. C’est pas vrai 4 viole, sa me fache que tu es en trouble pour 4 accusation quand sa jamais arriver t’en que sa. En premier, j’ai dit à la police que j’avais dit oui et en plus s’était juste 2x, pas 4. J’ai dit que tu auras jamais continuer si j’avais continué à dire non. Je m’excuse pour tous. J’aime pas que tu te sens poigner, et que tu as tous perdu. Si tu m’auras jamais rencontrer tu seras mieux placer aujourd’hui. Fais attention de toi. Marche avec la tête haute, tu sais jamais qu’est-ce que l’avenir pour amener. Il faut être positive.
J.T. »
[40] Après l’arrestation de M. Lalumière elle lui écrivait deux lettres où elle lui dit qu’elle s’excuse, qu’il « faisait tout pour moi et moi je crachais dessus », « tu étais mon ame sœur, j’ai perdu tous, je manque mon amie, mon ame sœur, mon mari, mon amour, mon confident », « Tu as tous fait pour nous et moi je l’ai détruit… », « Tu me manque beaucoup. J’espère que tu vas garder ta bague », « tu me manque tellement. J’espère qu’un jour nos chemins se croisent ensemble encore et qu’on reste coller ensemble pour toujours. »
[41] Dans aucune des nombreuses missives envoyées par Mme J.T. à M. Lalumière n’est-il question de violence de la part de ce dernier.
É.M.
[42] M. É.M. indique que le 13 novembre 2013, Mme J.T. lui a fait part de problèmes entre elle et M. Lalumière. Elle lui a dit qu’elle « l’avait mis dehors ». à une rencontre le 19 novembre, elle lui a dit que M. Lalumière était abusif avec elle. Elle tremblait et pleurait. Elle lui a montré une ecchymose sur son nez, des égratignures sur son coude et une marque sur son cou. Les marques qu’il a vues correspondent aux photos prises par la police le 22 novembre et déposées en preuve comme pièce 1.
[43] Le 21 novembre, ils ont pris un café ensemble. Elle pleurait et tremblait. Elle indique qu’elle avait rompu.
[44] Le 22 novembre, il a reçu le texte de Mme J.T. lui disant « Help Gilles Walmart – don’t call back ».
[45] Au Walmart, il indique que M. Lalumière ne voulait pas qu’il parle seul avec Mme J.T.. Elle semblait avoir peur. Mme J.T. ne voulait pas parler seule avec M. Lalumière. Elle a finalement accepté et ils ont parlé en privé environ 4 minutes.
[46] Mme J.T. s’est dirigée à sa voiture, a barré les portes et a démarré. M. Lalumière a assené un gros coup de pied dans le panneau arrière, côté passager, ce qui a causé une grosse bosse.
[47] Il a plus tard rencontré Mme J.T. au McDonald et l’a convaincu de déposer une plainte à la police.
D.P.
[48] Elle est une amie et collègue de travail de Mme J.T. depuis 4 à 5 ans.
[49] Au d

