CITATION : Valoris pour enfants et adultes de Prescott-Russell c. E.P. et F.P., 2016 ONCS 6324
NUMĂRO DE DOSSIER DU GREFFE : 647/10
DATE : 2016/11/24
COUR SUPĂRIEURE DE JUSTICE
DE LâONTARIO
IL EST INTERDIT DE PUBLIER LES RENSEIGNEMENTS
CONTENUS DANS LES PRĂSENTES EN VERTU DE LâARTICLE 45(8)
DE LA LOI SUR LES SERVICES Ă LâENFANCE ET Ă LA FAMILLE
CONCERNANT LA LOI SUR LES SERVICES Ă LâENFANCE ET Ă LA FAMILLE, L.R.O. 1990
ET CONCERNANT
N.P. date de naissance: XX/XX/2010;
J.P. date de naissance : XX/XX/2011 et
T.P. date de naissance XX/XX/2013
ENTRE :
Valoris pour enfants et adultes de Prescott-Russell
Requérant
â et â
E.P.
Intimée
- et â
F.P.
Intimé
Sophie CÎté-Langlois, avocate pour le Requérant
Tshiombo Achille Kabongo, avocat pour lâintimĂ©e, E.P.
Richard Chatelain, avocat pour lâintimĂ©, F.P.
ENTENDU LE : 19, 20, 21, 22, 23, 26, 27, 28, 29 et 30 septembre 2016
PLAIDOIRIES ĂCRITES DES AVOCATS: ComplĂ©tĂ©es le 8 novembre 2016.
MOTIFS DU JUGEMENT
LALIBERTE, J.
INTRODUCTION
[1] Le tribunal traite dâune requĂȘte prĂ©sentĂ©e par la SociĂ©tĂ© sous le paragraphe 40(1) de la Loi sur les services Ă lâenfance et Ă la famille. Les trois garçons visĂ©s par cette procĂ©dure sont N.P. (nĂ© le [âŠ] 2010), J.P. (nĂ© le [âŠ] 2011) et T.P. (nĂ© le [âŠ] 2013). Ces derniers ont Ă©tĂ© apprĂ©hendĂ©s par un prĂ©posĂ© Ă la protection de lâenfance le 27 fĂ©vrier 2015. Ils demeurent sous les soins et la garde de la SociĂ©tĂ© depuis.
[2] La SociĂ©tĂ© est dâavis que ces enfants ont besoin de protection. Elle se fonde sur des allĂ©guĂ©s de maux physiques et affectifs et le risque de tels maux. Elle demande que les enfants soient confiĂ©s Ă la Couronne Ă titre de pupille pour fin dâadoption sans accĂšs aux parents.
[3] Les parents des trois enfants sont F.P. (lâintimĂ© pĂšre) et E.P. (lâintimĂ©e mĂšre). Ces derniers rĂ©sistent la demande de la SociĂ©tĂ©. Ils vivent sĂ©parĂ©ment depuis septembre 2015. Ils offrent diffĂ©rents plans en vue du retour des enfants sous leurs soins, y compris la possibilitĂ© que lâenfant N.P. soit placĂ© sous la garde des grands-parents paternels.
[4] Nonobstant les termes du paragraphe 50(2) de ladite loi qui prĂ©voit que la preuve ne portant que sur le rĂšglement de lâaffaire (ordonnance sous lâarticle 57) nâest admissible quâaprĂšs que le tribunal a dĂ©cidĂ© que lâenfant a besoin de protection, les justiciables ont demandĂ© que la preuve soit entendue dans un tout.
[5] De plus, il fut entendu que certaines dĂ©clarations des enfants seraient prĂ©sentĂ©es dans le cadre dâun voir dire au sein du procĂšs. La recevabilitĂ© de celles-ci sur la base de la mĂ©thode dâanalyse raisonnĂ©e sera tranchĂ©e dans le cadre de la dĂ©cision du tribunal suite au procĂšs.
[6] En bout de ligne, les questions devant ĂȘtre tranchĂ©es par le tribunal sont comme suit :
Est-ce que les enfants N.P., J.P. et T.P. ont besoin de protection?
Si oui, est-ce quâune ordonnance est nĂ©cessaire afin de les protĂ©ger?
Si oui, quelle ordonnance est dans leur intĂ©rĂȘt vĂ©ritable?
Si lâordonnance propice est dâĂȘtre confiĂ©e commun pupille de la Couronne, est-ce quâil devrait y avoir accĂšs aux enfants en faveur des parents et/ou les grands-parents?
LA PREUVE
[7] La Société a présenté les témoins suivants:
Julie Potvin : intervenante en protection des enfants;
Marie-Eve Poulin : agente dâintĂ©gration communautaire;
Gaetanne Dupelle : éducatrice à la petite enfance;
Mélanie Lepage : éducatrice à la petite enfance;
C.C. : mĂšre de lâintimĂ©e mĂšre E.P.;
Dre Martine Roberge : psychologue clinicienne;
Josée Cousineau : éducatrice spécialisée;
C.1 : mĂšre dâaccueil pour N.P.;
Mélanie Rochon : intervenante en communauté;
Dr Hubert Van Gijseghem : psychologue légiste;
L.B. : mĂšre dâaccueil pour N.P.;
StĂ©phanie Leroux : agente dâintĂ©gration communautaire;
Carl Aubin : agent dâintĂ©gration communautaire;
Julien Paquette : intervenant qui revoit plan « kinship »;
Nancy Wylie : intervenante en adoption;
D.E.: enseignante en autorégulation pour N.P.
[8] LâintimĂ©e mĂšre E.P. a prĂ©sentĂ© la preuve suivante :
Karine Martel : intervenante en protection des enfants;
E.P.
[9] LâintimĂ© pĂšre F.P. a prĂ©sentĂ© les tĂ©moins suivants:
F.P.;
L.P. (grand-mĂšre paternelle);
R.P. (grand-pĂšre paternel).
[10] Le tribunal va donc revoir la preuve présentée au procÚs.
Julie Potvin
[11] Julie Potvin est intervenante en protection des enfants avec la Société. Elle y travaille depuis 2000.
[12] Elle explique que ses fonctions sont comme suit :
Ăvaluer la sĂ©curitĂ© des enfants dans leur milieu;
Identifier les besoins et services pour les familles;
Développer des plans de service et engager les parents;
En arriver Ă des ententes avec les parents et veiller Ă la judiciarisation.
[13] à ce titre, elle est préposée avec la famille en cause dans cette affaire depuis septembre 2013.
[14] Le tĂ©moin dresse un bilan historique de lâimplication de la SociĂ©tĂ© avec cette famille.
[15] Elle note que lâintimĂ©e mĂšre, E.P., a donnĂ© naissance Ă 5 enfants, dont T.P. qui est dĂ©cĂ©dĂ© le 9 septembre 2016 quelques jours aprĂšs sa naissance. Le pĂšre biologique de T.B. est M.L.
[16] Lâintervenante nâa jamais rencontrĂ© M.L. Elle indique quâE.P. lâa dĂ©fendu de communiquer avec lui et le rencontrer. Elle a donc respectĂ© sa volontĂ©. Il appert que M.L. refuse aussi de la rencontrer. Le rĂ©sultat est que M.L. nâas pas fait lâobjet dâune Ă©valuation Ă savoir sâil dĂ©tient un casier judiciaire, la consommation de drogues et ses habilitĂ©s comme parent.
[17] De plus, le tĂ©moin indique que la nature de la relation entre E.P. et M.L. est incertaine. Ce dernier demeure chez sa mĂšre et il semble quâE.P. le visite rĂ©guliĂšrement.
[18] Câest en 2008, lors de la naissance de lâenfant J.-K.P. que la SociĂ©tĂ© intervient auprĂšs dâE.P. Lâenfant fut apprĂ©hendĂ©e au moment de sa naissance et ultimement dĂ©clarĂ©e pupille de la Couronne en janvier 2009.
[19] Elle note les problématiques suivantes avec E.P. :
Consommation de drogue;
Un faible réseau de support;
Son agressivité;
Des habilités parentales limitées;
Une expertise psycho légale préparée par le Docteur Hubert Van Gijseghem recommandait une telle mesure.
[20] En juillet 2010, le dossier a Ă©tĂ© judiciarisĂ© suite Ă la naissance de lâenfant N.P.
[21] La piĂšce #1 au procĂšs est un exposĂ© conjoint des faits signĂ© par lâintimĂ©e mĂšre E.P., lâintimĂ© pĂšre F.P. et lâintervenante qui Ă©tale les prĂ©occupations de la SociĂ©tĂ© pour lâenfant N.P, câest-Ă -dire :
Consommation passée de drogues des parents;
Stabilité émotive et santé mentale de la mÚre;
Habilités parentales.
[22] En bout de ligne, une ordonnance dĂ©finitive accordait les soins de lâenfant aux parents sujet Ă la surveillance de la SociĂ©tĂ©. Le Docteur Van Gijseghem avait proposĂ© une telle disposition dans un second rapport. Lâordonnance a Ă©tĂ© en place jusquâen juin 2011.
[23] La Société clore son implication avec la famille en septembre 2011.
[24] Le tĂ©moin dĂ©crit les intimĂ©s de façon positive Ă cette Ă©poque. Ils avaient bien coopĂ©rĂ©. Les tests de dĂ©pistage pour drogue furent nĂ©gatifs. Lâenfant se dĂ©veloppait bien. E.P. avait complĂ©tĂ© des cessions visant ses habilitĂ©s comme parent.
[25] La SociĂ©tĂ© sâimplique de nouveau en janvier 2012 suite Ă un dĂ©voilement selon lequel F.P. consommait de lâalcool et sâimpatientait avec lâenfant N.P. LâenquĂȘte fut fermĂ©e 30 jours plus tard.
[26] En juillet 2012, la SociĂ©tĂ© reçoit des renseignements selon lesquels F.P. consommait de lâalcool et de la marijuana. Il faisait aussi preuve de colĂšre. De plus, les relations entre les parents Ă©taient conflictuelles.
[27] Le dossier fut encore une fois fermĂ© en dĂ©cembre 2012. F.P. affirmait ne plus consommer de lâalcool. E.P. aurait affirmĂ© quâelle se prĂ©senterait Ă une rĂ©sidence pour femme violentĂ©e si nĂ©cessaire.
[28] Le mĂȘme scĂ©nario se rĂ©pĂšte en janvier 2013, encore une fois en raison de la consommation dâalcool par F.P. Le dossier fut fermĂ© en fĂ©vrier 2013.
[29] Finalement, câest en juin 2013 que le dossier fut rĂ©activĂ©, et ce, jusquâĂ ce jour. Câest un policier qui avait communiquĂ© avec la SociĂ©tĂ©, et ce en raison des conflits entre les parents et des difficultĂ©s financiĂšres.
[30] Le tĂ©moin indique que la matiĂšre nâa pas fait lâobjet de procĂ©dure devant le tribunal de septembre 2013 Ă dĂ©cembre 2014.
[31] Elle décrit les incidents suivants durant cette période :
F.P. sâest fracturĂ© le bras en frappant un objet dâun coup de poing dans le cadre dâune dispute avec E.P.;
F.P. avait admis lâexistence de conflits au sein du couple;
En octobre 2013, F.P. sâest prĂ©sentĂ© sous lâeffet de lâalcool Ă la station de police affirmant quâil voulait se tuer; il sâĂ©tait disputĂ© avec E.P.;
Les parents avaient des difficultés financiÚres et ont presque été évincés de leur résidence;
F.P. a fait lâobjet dâun suivi au Centre Royal Comtois; sa participation fut mitigĂ©e;
F.P. admet consommer de la marijuana, mais pas lorsquâil a les enfants sous ses soins;
En avril 2014, lâenfant N.P. divulgue que son pĂšre F.P. lui a tirĂ© les cheveux et lancĂ© une assiette qui sâest brisĂ©e; F.P. admet avoir tirĂ© les cheveux de son fils, mais indique quâil nâavait pas tirĂ© « si fort que sa » et que ceci Ă©tait en rĂ©action Ă N.P. ayant rĂ©veillĂ© son frĂšre T.P.;
Toujours en avril 2014, les enfants N.P. et J.P. sâĂ©taient bagarrĂ©s; J.P. avait des blessures et une mordure; les photographies dĂ©posĂ©es comme piĂšces #2 (a) Ă (f) dĂ©montrent ces blessures; ceci fut soulevĂ© avec les parents; la mĂšre E.P. Ă©tait au travail au moment de lâincident; les enfants Ă©taient sous les soins du pĂšre F.P.; il appert que la bagarre a eu lieu dans la chambre des enfants;
Les parents décrivent leur fils N.P. comme étant destructeur; il aurait endommagé son matelas; fait un trou dans le mur; il aurait étalé ses selles sur les murs; il aurait retiré la couche de son frÚre et répandu les selles sur eux; le témoin indique avoir observé des selles sur les enfants en septembre 2014;
Plusieurs difficultĂ©s ont Ă©tĂ© notĂ©es avec lâenfant N.P. Ă lâĂ©cole :
Il sacrait beaucoup;
Il utilisait des mots vulgaires;
Il est suspendu de lâautobus Ă plusieurs reprises;
Il agit de façon grossiÚre.
Les parents ont dĂ©cidĂ© de ne plus envoyer N.P. Ă lâĂ©cole;
N.P. rencontre lâĂ©quipe sociomĂ©dicale et la Docteure Blanchet en dĂ©cembre 2014; cette derniĂšre suggĂšre le retrait du mĂ©dicament Ritalin qui lui avait Ă©tĂ© prescrit en septembre 2014; elle recommande une Ă©valuation psychologique; son avis Ă©tait quâil sâagissait de trouble de comportement;
En dĂ©cembre 2014, on signale une blessure Ă la figure de N.P. Ă lâĂ©cole; le tĂ©moin sâest prĂ©sentĂ© Ă lâĂ©cole et a notĂ© que lâenfant semblait extrĂȘmement fatiguĂ©; lâenfant explique quâil avait couchĂ© chez son grand-pĂšre; il affirme que sa mĂšre lâavait poussĂ© et quâil avait tombĂ© sur la table de salon; lorsque questionnĂ©, E.P. indique que lâenfant sâĂ©tait enfargĂ© et tombĂ© sur la table;
Il appert que lors dâun autre incident, lâenfant N.P. avait une « grosse, grosse bosse » sur le front; la mĂšre explique quâelle avait son fils dans ses bras pour le calmer (« un temps mort ») et que lorsquâelle lâa libĂ©rĂ©, il aurait tombĂ© sur la table de salon;
Le tĂ©moin explique que lors dâune visite en dĂ©cembre 2014, elle a observĂ© les parents intimĂ©s qui pleuraient; ils auraient affirmĂ© quâils nâĂ©taient plus capable, mais quâils ne voulaient pas placer les enfants; ils disaient ne jamais avoir de « breaks »; lâintervenante a suggĂ©rĂ© une entente temporaire afin quâils aient un rĂ©pit; ils Ă©taient dâaccord, mais ultimement ont changĂ© dâidĂ©e;
Encore en dĂ©cembre 2014, lâintimĂ©e mĂšre E.P. aurait menacĂ© de se tuer avec un couteau devant les enfants et F.P.;
De plus, la Société aurait reçu plusieurs signalements de diverses sources.
[32] En décembre 2014, la matiÚre fut encore une fois judiciarisée. Le 8 janvier 2015, une ordonnance provisoire place les enfants sous les soins et la garde des intimés sujets à la surveillance de la Société.
[33] Le tĂ©moin note certaines lacunes en ce qui a trait aux soins fournis aux enfants. Par exemple, les parents nâavaient pas donnĂ© suite Ă la demande de la SociĂ©tĂ© de veiller Ă un examen dentaire pour lâenfant T.P. qui sâĂ©tait blessĂ© Ă une dent Ă la garderie. De plus, il y avait un retard de 5 mois pour la vaccination des enfants.
[34] Le 27 février 2015, les 3 enfants sont appréhendés par la Société suite à un signalement de Mélanie Lepage, éducatrice à la Garderie LafreniÚre.
[35] Lâenfant J.P. lui aurait indiquĂ© ce qui suit :
Son pĂšre le frappe Ă la tĂȘte et la figure;
Que lui-mĂȘme frappait sa mĂšre comme son pĂšre;
Son pĂšre aurait brisĂ© un camion neuf en le projetant Ă lâextĂ©rieur;
Quâil se faisait souvent chicaner;
Lâenfant aurait dit « crisse de folle » en observant sa mĂšre.
[36] On note aussi Ă la SociĂ©tĂ© que les enfants sacraient beaucoup. De plus, il semble que les parties privĂ©es de J.P. Ă©taient malpropres et quâil dĂ©gageait une odeur dâurine de chat.
[37] Un cahier de communication dans lequel se trouvaient des renseignements historiques sur des incidents avec les enfants depuis octobre 2014 a Ă©tĂ© produit Ă la SociĂ©tĂ©. Le tĂ©moin indique avoir avisĂ© la garderie que ces renseignements auraient dĂ» ĂȘtre produits avant Ă la SociĂ©tĂ©.
[38] Les tentatives de discussion avec les enfants se sont avérées futiles puisque ces derniers étaient agités et incapables de se concentrer.
[39] Les policiers ont été contacté en raison des alléguées de violence physique.
[40] Le tĂ©moin relate que E.P. a Ă©tĂ© questionnĂ© par les policiers. Cette derniĂšre aurait admis que son conjoint F.P. avait fait des trous en frappant le mur et quâil y avait du criage. Elle nie toutefois quâil y avait de la violence physique.
[41] Il appert que les enfants auraient dĂ©voilĂ© des dĂ©tails Ă 9 personnes. Les policiers ont questionnĂ© ces 9 individus. Aucune accusation criminelle nâa Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e.
[42] Les 3 enfants demeurent sous les soins et la garde de la Société depuis leur dite appréhension en février 2015.
[43] Le témoin indique avoir rencontré E.P. à 42 reprises alors que F.P. était présent et 22 rencontres seules avec E.P. Elle avait parfois de la difficulté à la rejoindre.
[44] Elle dĂ©crit lâintimĂ©e mĂšre E.P. comme suit :
Elle veut son indépendance;
Elle aime travailler et ĂȘtre avec le public;
Elle est courageuse;
Elle est impulsive et se fĂąche rapidement;
Elle a de la difficulté à gérer ses émotions;
Elle blĂąme les autres y compris les enfants.
[45] Elle dit avoir une bonne relation avec E.P. Son niveau de collaboration est mitigĂ©. Le tĂ©moin affirme quâelle collabore « oui et non ». Elle offre son refus quâelle puisse rencontrer M.L. Ă titre dâexemple de son manque de collaboration.
[46] En ce qui a trait au pĂšre F.P., elle constate avoir eu, Ă lâoccasion, des difficultĂ©s Ă le contacter. Ce dernier ne sâest pas prĂ©sentĂ© aux derniĂšres rencontres. La derniĂšre rencontre formelle fut en mars 2016.
[47] Elle le décrit comme suit :
Il est trÚs organisé, ordonné et propre à la maison;
Il est capable dâadmettre ses limites; par exemple, quâil trouve difficile dâĂȘtre seul avec les enfants;
Il reconnaissait certaines des craintes de la Société;
Il devient impatient assez rapidement;
Il peut devenir agressif;
Il collabore assez bien; il a complĂ©tĂ© certaines choses demandĂ©es par la SociĂ©tĂ© et dâautres non; par exemple, son implication avec le Centre Royal Comtois nâa pas Ă©tĂ© constante.
[48] Les parents se sont sĂ©parĂ©s en septembre 2015. Le tĂ©moin explique que leur relation Ă©tait trĂšs conflictuelle. Elle note quâil y avait souvent des arguments entre eux lors des rencontres. De plus, elle se fonde sur les renseignements fournis par les enfants.
[49] Lors dâune cession avec le Docteur Benoit en avril 2015, ces derniers auraient admis quâil y avait du « criage » et du « sacrage » au sein du couple. F.P. indiquait avoir donnĂ© des coups de poings sur une table. De plus, les parents reconnaissaient que lâenfant N.P. avait peur et pleurait. La mĂšre E.P. avait fait part de son historique de dĂ©pression. Finalement, le pĂšre F.P. aurait affirmĂ© avoir Ă©tĂ© Ă©levĂ© dans un milieu oĂč il y avait consommation dâalcool et que son pĂšre aurait eu des dĂ©mĂȘlĂ©s avec la justice.
[50] Il semble que les conflits entre E.P. et F.P. ont persisté suite à la séparation.
[51] Le tĂ©moin dĂ©crit un incident en janvier 2016 oĂč F.P. fut accusĂ© de mĂ©fait, profĂ©ration de menaces et dâharcĂšlement. Il est maintenant liĂ© Ă des conditions lâempĂȘchant de communiquer avec E.P.
[52] E.P. lui aurait dĂ©crit un incident en novembre 2015 au restaurant Tim Horton oĂč F.P. lâaurait appelĂ© de « salope » et elle lâaurait giflĂ©.
[53] Lorsquâon lui demande dâidentifier les inquiĂ©tudes de la SociĂ©tĂ© dans cette affaire, lâintervenante dresse la liste suivante :
Conflits et violence entre les parents;
Difficulté du pÚre à gérer sa colÚre;
Consommation dâalcool du pĂšre;
Consommation de marijuana des parents;
Manque de jugement des parents;
Manque de réseau pouvant supporter les parents;
ProblĂšmes financiers des parents;
Santé mentale des parents;
Manque de collaboration des parents;
Lâusage de discipline physique inappropriĂ©e;
Les habilités parentales limitées;
Manque de stimulation des enfants;
Les visites chaotiques.
[54] Pour appuyer ces inquiétudes, le témoin fournit la preuve suivante :
Gestion de colĂšre
en octobre 2013, F.P. a quittĂ© le groupe de counselling en gestion de colĂšre Focus prĂ©textant que ce nâĂ©tait pas pour lui; il aurait fait un suivi individuel par la suite, mais nâaurait pas complĂ©tĂ© la cession;
on le décrit comme perdant patience durant les visites avec les enfants; une lettre a été acheminée à F.P. et son avocat à cet effet en mai 2016; on lui demandait de rester calme durant les visites.
Habilités parentales limitées
les parents ont complĂ©tĂ© des cessions de counselling par le biais du programme Triple P; E.P. a participĂ© au programme Triple P Pathway Ă lâĂ©tĂ© 2016;
ces derniers éprouvent de la difficulté à gérer les enfants durant les visites; on note que les parents sacrent et crient devant les enfants;
E.P. aurait avisĂ© lâintervenante en 2013 quâelle barrait la porte de chambre Ă coucher des enfants;
Lâusage de restreintes physiques afin de contrĂŽler les enfants;
Le manque de surveillance des enfants; le tĂ©moin cite lâexemple oĂč les enfants se sont blessĂ©s; elle sâinterroge oĂč Ă©taient les parents lors de cet incident; elle soulĂšve le fait que les enfants jouaient seuls dans la cour sans surveillance; quoique clĂŽturĂ©, un signalement avait rĂ©vĂ©lĂ© que lâenfant N.P. sautait par-dessus la clĂŽture;
Les parents font preuve de manque de jugement; par exemple :
Ils voulaient faire approuver «ErâŠPe. » et sa conjointe comme gardiens pour les enfants; il appert que ce dernier a un casier judiciaire pour agressions sexuelles;
Le seul gardien Ă©tait le grand-pĂšre paternel R.P. qui consomme de lâalcool Ă lâexcĂšs;
La mĂšre E.P. qui va travailler Ă lâextĂ©rieur dans un contexte oĂč le pĂšre F.P. affirmait ne pas ĂȘtre capable de veiller seul aux soins des trois enfants.
ProblĂšmes financiers
Les parents ont affirmĂ© ne pas avoir dâargent pour de la nourriture, la SociĂ©tĂ© a donc fourni des cartes pour Ă©piceries;
La famille était à risque de se faire évincer pour non-paiement du loyer;
La mÚre E.M. qui a conduit son véhicule sans assurance et plaque.
Visites chaotiques
Le tĂ©moin indique avoir supervisĂ© 7 visites avec les parents; elle note que la mĂšre E.P. tentait de mettre en Ćuvre les techniques apprises avec le programme Triple P;
Les enfants « testaient » les parents dÚs leurs arrivées au bureau de la Société;
Elle dĂ©crit un incident oĂč E.P. pleurait parce que lâenfant N.P. refusait de marcher;
Lâenfant N.P. crachait, sacrait, lançait des jouets et un balai et donnait des coups de pied;
Lors dâune visite au parc aquatique, E.P. jouait avec les enfants et F.P. refusait de participer puisque lâeau Ă©tait froide;
Les enfants auraient écrasé leur collation;
F.P. était frustré lors des visites; à une occasion il aurait affirmé « je ne suis pas capable de fumer une cigarette en paix »;
E.P. aurait refusĂ© de donner une caresse Ă lâenfant N.P. en novembre 2015 alors quâil semblait en dĂ©tresse Ă cause quâil avait lancĂ© un jouet;
Le tĂ©moin dresse lâhistorique des visites comme suit :
Les visites ont eu lieu Ă la rĂ©sidence des parents jusquâen novembre 2015;
La fréquence des visites a varié à travers le temps selon le comportement des enfants;
La Société a accepté que les visites du pÚre aient lieu à la résidence du grand-pÚre;
Les visites ont toujours été surveillées;
La Société a tenté de séparer les enfants durant les visites; il y a eu différentes tentatives dont N.P. seul et T.P. et J.P. ensemble;
Les parents nourriciers ont rapporté des comportements négatifs de la part des enfants suite aux visites avec les parents.
Consommation des parents
En novembre 2014, les parents auraient admis consommer du haschisch 2 Ă 3 fois par semaine;
E.P. a indiqué avoir pris de la cocaïne à 2 reprises depuis la séparation du couple en septembre 2015;
Plusieurs tests de dĂ©pistage nâont pas eu lieu en raison du manque de coopĂ©ration des parents; les piĂšces # 3 (a) Ă (g) et 4 (a) Ă (m) sont les tests de dĂ©pistage des parents; certains sont positifs et dâautres, nĂ©gatifs; le rĂ©sultat le plus rĂ©cent pour le pĂšre est le 19 janvier 2016 et indique un rĂ©sultat positif pour THC et benzodiazĂ©pine; pour ce qui est de la mĂšre, E.P., le test dâongle du 10 mai 2016, est positif pour THC; le test dâurine du 21 juin 2016 est nĂ©gatif;
Le tĂ©moin indique que F.P. ne sâest pas prĂ©sentĂ© pour les tests de dĂ©pistage dâaoĂ»t 2016 et du 16 septembre 2016;
Il semble quâE.P. a affirmĂ© que M.L. fumait de la marijuana tous les jours;
Elle tĂ©moigne avoir dĂ©tectĂ© une odeur dâalcool sur lâhaleine de F.P. lors dâune rĂ©cente comparution Ă la Cour;
En ce qui a trait le grand-pĂšre paternel R.P., elle explique que les parents lui avaient demandĂ© de permettre des visites avec ce dernier; en mars 2015, elle aurait eu une discussion tĂ©lĂ©phonique avec le grand-pĂšre; elle a notĂ© que sa voix Ă©tait basse et il a dit quâil pensait ĂȘtre en dĂ©pression et irait Ă lâhĂŽpital;
Santé mentale des parents
Le témoin note que F.P. a, de façon historique, proféré des intentions suicidaires;
Suite Ă la sĂ©paration du couple, il sâest prĂ©sentĂ© au bureau de la SociĂ©tĂ©, la main et le gilet ensanglantĂ©s; il avait des idĂ©es suicidaires; elle lui avait suggĂ©rĂ© de se prĂ©senter Ă lâHĂŽpital Montfort;
La mĂšre E.P. fait aussi preuve dâune santĂ© mentale fragile; cet Ă©tat est dĂ©taillĂ© dans le rapport dâexpertise du Docteur Van Gijseghem; elle note la menace de suicide de cette derniĂšre devant les enfants;
Le 13 septembre 2016, le tĂ©moin indique quâE.P. lui a affirmĂ© quâelle ne « passera pas Ă travers »; « vous allez me trouver morte dâune overdose ou dans un hopital psychiatrique »; lâintervenante affirme avoir des craintes; elle a avisĂ© lâautre intervenante.
Manque de stimulation des enfants
Elle suggĂšre que les enfants avaient de trĂšs grands besoins et de grandes difficultĂ©s au niveau de lâattention;
Elle tĂ©moigne ne jamais avoir vu les parents faire des activitĂ©s pouvant stimuler les enfants, comme par exemple un casse-tĂȘte ou un dessin.
[55] On lui demande de décrire les enfants avant et aprÚs leur appréhension du 27 février 2015.
[56] Elle explique quâil y a de gros changements. Ces derniers ne sont plus reconnaissables.
[57] Comme elle lâavait dĂ©jĂ fait dans sa preuve, elle dĂ©crit N.P. comme violent. Il donnait des coups de pied. Il Ă©tait crispĂ©. Se cachait en dessous de la table. Il semblait avoir de la colĂšre en lui. Il aurait Ă©tĂ© observĂ© alors quâil se frappait sur la tĂȘte et sâenfonçait les pouces dans les yeux pour se faire mal.
[58] Lâenfant J.P. imitait son frĂšre N.P. Il Ă©tait toujours agitĂ©. Elle note un incident oĂč J.P. avait arrachĂ© une touffe des cheveux de lâenfant T.P.
[59] T.P. est aussi décrit comme violent avant son appréhension. Il frappait les autres enfants.
[60] Elle explique avoir observĂ© les enfants la semaine prĂ©cĂ©dant son tĂ©moignage. Elle affirme « câĂ©tait beau de les voir ». Ils jouaient ensemble. Ils suivaient les consignes. Il nây avait pas de sacrage. Ils ne couraient pas partout et il Ă©tait possible dâavoir une discussion avec eux.
[61] Lâenfant N.P. a dĂ©butĂ© lâĂ©cole en septembre 2015 et nâa pas Ă©tĂ© suspendu. Elle est dâavis quâil y a eu du progrĂšs significatif avec ce dernier.
[62] Le témoin énumÚre les services et le soutient offert aux parents par la Société. Ceci inclut les programmes suivants :
Triple P;
Triple P Pathway;
Entre-nous;
Rencontre avec le Docteur Blanchet;
Certificats dâĂ©piceries, des meubles et vĂȘtements.
[63] Le programme de soin de la SociĂ©tĂ© datĂ© le 27 juin 2016 se trouve Ă lâonglet 15 du Dossier du ProcĂšs.
[64] Lâintervenante explique que les parents nâont pas rempli la majeure partie des conditions Ă©numĂ©rĂ©es au paragraphe 5 dudit plan. Elle rĂ©fĂšre aux termes suivants :
Les parents nâont pas Ă©tĂ© en mesure dâoffrir un encadrement et une structure aux enfants lors des visites;
Les enfants ont été exposés aux conflits entre les parents;
Les parents nâont pas fait des suivis en santĂ© mentale avec le Centre Royal Comtois.
[65] Elle témoigne que les attentes de la Société dans son plan initial du 4 juin 2015 (piÚce #5) ont été revues et discutées de façon réguliÚre avec les parents. Ils ont discuté de leur cheminement face à ces attentes.
[66] Le tĂ©moin est interrogĂ© en ce qui a trait les grands-parents paternels, R.P. et L.P. Ces derniers ont offert un plan relativement Ă lâenfant N.P.
[67] Le tĂ©moin a fait la rencontre du grand-pĂšre en 2013. Elle identifie la consommation dâalcool comme une problĂ©matique. Il aurait indiquĂ© consommer 6 biĂšres par soir. Pour sa part, la grand-mĂšre consommerait du Brandy.
[68] Elle soulÚve plusieurs points positifs en décrivant le grand-pÚre :
Il semble calme;
Il aide son fils;
Il est généreux de son temps;
Il aime ses petits-fils;
F.P. demeure chez lui;
Il supporte son fils;
Les enfants étaient souvent avec lui.
[69] Pour ce qui est de la grand-mĂšre :
Elle marche avec difficulté;
Lâintervenante a eu peu de contact avec elle.
[70] Elle note que la résidence des grands-parents était bien organisée, mais que les cendriers débordaient. Il y a 2 chambres à coucher.
[71] Les inquiétudes suivantes sont soulevées avec la proposition de soins des grands-parents :
Consommation dâalcool;
LâintimĂ© pĂšre F.P. a grandi dans un tel milieu;
En dĂ©cembre 2014, lâintervenante lui avait notĂ© quâil consommait de lâalcool tous les jours; le grand-pĂšre, Ă sa connaissance, nâa pas fait de suivi;
En janvier 2016, le grand-pĂšre aurait indiquĂ© ne plus consommer dâalcool; un test de dĂ©pistage aurait rĂ©vĂ©lĂ© quâil consommait de façon excessive;
Elle questionne le jugement du grand-pĂšre sur la question de sa consommation;
Elle note que lâenfant N.P. est celui qui fait preuve de plus grandes difficultĂ©s et pourtant câest lui qui a passĂ© plus de temps avec le grand-pĂšre;
Ce nâest pas rĂ©aliste de sâattendre que lâenfant N.P. nâaura pas de contact avec son pĂšre sâil est placĂ© chez son grand-pĂšre compte tenu du lien Ă©troit entre F.P. (pĂšre) et R.P. (grand-pĂšre);
Le grand-pĂšre semble manquer dâintrospection lorsquâil affirme ne pas avoir dâinquiĂ©tude pour les enfants; elle exprime quâil est le seul Ă sâexprimer ainsi;
En septembre 2016, le grand-pĂšre lui aurait affirmĂ© quâil Ă©tait dâavis que les parents « ne seront jamais capables de prendre soin des enfants ».
[72] Elle fait le point quâen bout de ligne, la position de la SociĂ©tĂ© est que les enfants soient dĂ©clarĂ©s pupilles de la Couronne.
[73] Elle explique que la position initiale de la SociĂ©tĂ© a changĂ© puisque les parents nâont pas suffisamment progressĂ© de façon Ă envisager un retour avec eux.
[74] Ă sa connaissance, il y a des plans dâadoption pour les enfants, mais elle nâen connait pas les dĂ©tails.
[75] De plus, elle confirme les efforts de la SociĂ©tĂ© afin dâidentifier un placement au sein de la famille des parents.
[76] En avril 2015, une lettre fĂ»t envoyĂ©e aux parents et aux avocats Ă cette fin. La SociĂ©tĂ© nâaurait pas reçu de retour.
[77] Elle note que la grand-mĂšre maternelle, C.C. et la tante maternelle N.C. nâont rien proposĂ©.
[78] Une cousine du pĂšre C.G. sâest prĂ©sentĂ©e comme kinship potentiel. Il appert quâelle sâest dĂ©sistĂ©e. La piĂšce #6 est un rapport sur cette derniĂšre oĂč on rejette sa proposition. Le rapport du 31 mars 2016 conclut que le plan de cette famille est refusĂ©. On note le manque de collaboration et de disponibilitĂ© ainsi que des inquiĂ©tudes au niveau de la santĂ© mentale.
[79] Le grand-pÚre paternel suggÚre que les 3 enfants soient séparés parmi les membres de la famille.
[80] En contre-interrogatoire par lâavocat de lâintimĂ©e mĂšre, lâintervenante exprime son avis que E.P. a trĂšs peu coopĂ©rĂ© avec la SociĂ©tĂ©. Elle qualifie son niveau de coopĂ©ration de « 50% ou moins ». Elle nâa pas rencontrĂ© les attentes en ce qui a trait le counselling. Ce qui fait en sorte quâelle ne comprend pas lâimpact de ses agissements sur les enfants. Le tĂ©moin discute de son manque dâintrospection concernant ses relations conflictuelles et les consĂ©quences pour ses enfants. Elle aurait refusĂ© de participer au programme OUTREACH qui traite de cette problĂ©matique.
[81] Le tĂ©moin note que la relation avec le nouveau partenaire M.L. soulĂšve des inquiĂ©tudes. Il appert quâE.P. aurait confirmĂ© ĂȘtre Ă la rĂ©sidence de M.L. 95% du temps. Son plan de soin soulĂšve la possibilitĂ© quâelle demeurera avec M.L. « si possible ». Le tĂ©moin rĂ©itĂšre le point quâelle tente en vain de rencontrer M.L. depuis 5 mois. Elle stipule avoir des renseignements sur M.L. qui soulĂšvent des craintes, Ă savoir, son casier judiciaire, son comportement sexuel et sa consommation de drogue illicite.
[82] Elle reconnaĂźt quâE.P. a fait certains gains relativement Ă la consommation de stupĂ©fiants. Toutefois, le manque dâhabilitĂ©s parentales demeure la prĂ©occupation premiĂšre. Elle note aussi lâhistorique de dĂ©pression et de santĂ© mentale fragile.
[83] Lâintervenante explique que la SociĂ©tĂ© a tentĂ© dâaider la mĂšre depuis lâapprĂ©hension, câest-Ă -dire, une pĂ©riode de 19 mois.
[84] Quoique E.P. est fait certains progrĂšs au niveau de sa consommation et de ses interventions lors des visites, en bout de ligne, lâintervenante est dâavis que les enfants demeurent Ă risque. Elle est contre-interrogĂ©e sur les inquiĂ©tudes de la SociĂ©tĂ©. Elle fournit les dĂ©tails suivants :
Violence conjugale
- Demeure une crainte compte tenu de sa relation avec M.L.
Comportement des enfants
- Elle est dâavis que lâintimĂ©e mĂšre est nĂ©gligente face Ă ces comportements.
Manque dâhabilitĂ©s parentales
- Ce manque explique le comportement des enfants, qui en fait, imitent les parents.
Gérance du comportement des enfants
La mĂšre nâest pas constante dans son approche;
Elle encourage les enfants;
Elle a appliqué la technique « time out », mais pas de façon constante.
Manque de jugement
E.P. aurait quittĂ© la rĂ©sidence avec lâenfant J.P. sans bottes alors quâil faisait froid Ă lâextĂ©rieur;
E.P. travaillait alors que les enfants Ă©taient sous les soins du pĂšre F.P. et du grand-pĂšre R.P.; elle note les inquiĂ©tudes alors que les enfants Ă©taient seuls avec leur pĂšre; quoiquâil est louable quâelle veut travailler, le tĂ©moin est dâavis quâE.P. ne voulait pas demeurer Ă la maison.
Manque de surveillance
Les enfants qui se blessent entre eux;
Les enfants qui causent des dommages dans leur chambre;
Les enfants qui jouent dans la cour arriĂšre sans surveillance.
Manque de stimulation
- Lâintervenante note ne jamais avoir vu E.P. sâadonner Ă un jeu dâapprentissage avec les enfants comme un casse-tĂȘte.
Discipline physique
- Lâenfant N.P. lui a affirmĂ© que sa mĂšre E.P. lâavait poussĂ©; elle croit lâenfant puisque le dĂ©voilement a Ă©tĂ© spontanĂ© et rĂ©pĂ©tĂ© Ă dâautres individus.
[85] QuestionnĂ© par lâavocat de lâintimĂ© pĂšre F.P., lâintervenante confirme que lâenfant J.P. parle beaucoup. Il dit beaucoup de choses. Elle nâa jamais reçu de dĂ©voilement de J.P. en ce qui a trait la violence du pĂšre. Lâenfant nâa rien divulguĂ© aux policiers.
[86] Elle est dâaccord quâE.P. ne lui a jamais indiquĂ© avoir Ă©tĂ© frappĂ© par F.P.
[87] Le tĂ©moin explique quâelle est inquiĂšte avec les propos de lâenfant J.P. qui affirme « je frappe maman comme papa ». Pourquoi lâenfant dirait-il cela?
[88] F.P. lui aurait avouĂ© avoir donnĂ© une petite tape sur les fesses dâun des garçons.
[89] Les policiers ont rencontrĂ© les enfants le 28 fĂ©vrier 2015. Il nây avait aucune blessure. Les policiers ont dĂ©cidĂ© de mettre fin Ă lâenquĂȘte.
[90] Elle indique quâau dĂ©but, le comportement des enfants Ă©tait difficile dans les foyers dâaccueil. Les parents de ces foyers avaient besoin de rĂ©pit.
[91] Par la suite, elle explique, les craintes avec le grand-pĂšre, R.P. et la consommation dâalcool. Elle indique ne pas avoir dĂ©tectĂ© dâodeur dâalcool lors des visites. Ă sa connaissance, il nây avait pas dâalcool chez les grands-parents.
[92] Le grand-pĂšre lui aurait indiquĂ© ĂȘtre prĂȘt Ă dĂ©mĂ©nager pour veiller aux soins de lâenfant N.P.
[93] Sauf pour un incident oĂč lâenfant N.P. aurait affirmĂ© sâĂȘtre brĂ»lĂ© sur un mĂ©got de cigarette, il nây a jamais eu dâautres allĂ©gations contre le grand-pĂšre.
[94] Il semble que lâintimĂ© pĂšre F.P. aurait dĂ©mĂ©nagĂ© de la rĂ©sidence des grands-parents.
[95] Elle nâa aucune connaissance du pĂšre ayant menacĂ© de se tuer devant les enfants.
[96] Le tĂ©moin confirme que lâintimĂ©e mĂšre E.P. sâemporte aussi tout comme F.P. Cette derniĂšre aurait frappĂ© F.P. Ă la figure lors dâun incident suite Ă la sĂ©paration. Il nây a aucune accusation.
Marie-Eve Poulin
[97] Marie-Eve Poulin occupe le poste dâagente dâintĂ©gration communautaire Ă la SociĂ©tĂ©. Ă ce titre, elle supervise les visites entre parents et enfants, offre du counselling et des cessions de formation ayant Ă trait aux habilitĂ©s parentales.
[98] Elle fut impliquĂ©e avec la famille en cause de mars 2015 Ă mai 2015. De plus, elle a offert le programme Triple P Pathway sur une base individuelle Ă lâintimĂ©e mĂšre E.P.
[99] Ce programme est conçu pour un parent ayant un caractĂšre explosif. Lâobjectif est de changer la perception du parent en dĂ©fiant les pensĂ©es nĂ©gatives et les substituant par des pensĂ©es positives.
[100] Le tĂ©moin explique avoir surveillĂ© 16 visites entre les parents et les enfants. Il y avait 2 visites dâune durĂ©e de 2 heures par semaine. Les parents Ă©taient ensemble lors de ces visites sauf pour une courte durĂ©e lorsquâun parent quittait pour prendre une pause.
[101] Les grands-parents ont été présents lors des visites du 17 et 27 mars 2015.
[102] Elle indique que la plupart des visites ont eu lieu au bureau de la SociĂ©tĂ© Ă la salle dâobservation. Certaines se sont dĂ©roulĂ©es Ă lâextĂ©rieur, dont le Parc Old Mill et le restaurant Tim Horton. Il semble que les visites Ă©taient plus faciles Ă lâextĂ©rieur compte tenu de lâespace et les agissements des enfants. Il y avait moins de choses Ă briser Ă lâextĂ©rieur.
[103] De façon générale, le témoin explique que les enfants étaient « partout ». Ils grimpaient sur les chaises, se blessaient entre eux, criaient et courraient.
[104] Elle décrit les enfants comme suit :
N.P.
Il est social, enjouĂ© et pas gĂȘner;
Il peut ĂȘtre poli;
Il sacre;
Son comportement est imprĂ©visible; il passe dâun comportement Ă un autre; il peut soudainement devenir violent; il aurait essayĂ© de la frapper au visage et lui a donnĂ© un coup de pied; il aurait Ă©touffĂ© son frĂšre J.P.;
Il lance et brise les jouets.
J.P.
Il est curieux et pose beaucoup de questions;
Il bouge beaucoup et veut toucher Ă tout;
Il ne craint pas les étrangers;
Il a des comportements violents; il peut faire mal aux autres; il donne des coups de poing Ă son frĂšre N.P.; les 2 sâĂ©changent des coups.
T.P.
Il veut découvrir;
Il grimpe beaucoup.
[105] Le tĂ©moin offre les commentaires suivants Ă lâĂ©gard des parents :
Ils étaient ponctuels et assidus ;
Leur discipline nâĂ©tait pas constante; ils menaçaient le retrait sans y donner suite;
Ils utilisaient les jouets dans la salle;
Elle a observé les parents tenter de faire de la lecture aux enfants; faire un dessin et de la pùte à modeler;
Les parents dĂ©montraient de lâaffection envers les enfants par le biais de caresses et baisers;
Ils semblaient sâintĂ©resser aux enfants;
Elle note que les parents ont fait des commentaires inappropriés tels :
« pourquoi vous ĂȘtes mĂ©chants avec nous autres, on vous a rien faites »;
« quâest-ce quâils ont aujourdâhui »;
« Les enfants sont brainwasher »;
F.P. qui demande Ă son fils sâil aime plus le pĂšre dâaccueil que lui.
Elle a dĂ» intervenir lors des visites :
Lâenfant T.P. avait un an et avait des jetons dans la bouche;
Les enfants se faisaient mal entre eux et les parents nâintervenaient pas assez vite;
Lors dâune marche, un enfant avait bloquĂ© le nez et la bouche de lâautre;
Les parents perdent patience avec les enfants.
[106] De façon individuelle, elle fournit la preuve suivante concernant les parents :
E.P.
Elle refusait lâintervention de lâagente lors des 2 premiĂšres visites, mais elle est devenue plus rĂ©ceptive par la suite;
Lâagente lui donnait des conseils pendant et aprĂšs les visites; ces conseils Ă©taient en lien avec le programme Triple P;
Elle utilisait la technique de retrait pour gérer le comportement des enfants;
Elle était plus proactive que le pÚre; elle semblait plus réceptive;
E.P. avait organisé une chasse aux « coco de Pùques »;
E.P. semblait mettre des efforts pour mettre en pratique certaines techniques apprises;
Elle est décrite comme:
Ănergique;
Enjouée;
Affectueuse;
Elle perd parfois patience;
Elle a tendance Ă reprendre F.P. en lâinvitant Ă se calmer.
Elle pleurait parfois lors du départ des enfants suite aux visites;
Elle doit apprendre Ă mieux structurer les visites et ĂȘtre constante sur la discipline.
F.P.
Il est plus passif et moins réceptif;
Il y a eu peu de changements avec le pĂšre;
Il donnait des caresses, mais est plus réservé;
Lâagente se sentait intimidĂ©e par lui en raison de ses commentaires et sa façon de rĂ©agir;
Elle note lâincident du 13 mars 2015 oĂč il Ă©tait seul avec les 3 enfants alors que la mĂšre avait quittĂ© pour un instant; au retour de la mĂšre, il a quittĂ© la salle et marmonnait; il a par la suite affirmĂ© ce qui suit :
Il est anxieux;
Il a de la difficultĂ© Ă sâoccuper des 3 enfants;
Il perd patience;
Sâil ne dort pas, il devient agressif.
Il est décrit comme suit :
Il est affectueux;
Plus silencieux;
Plus brusque;
Porter Ă crier et sacrer;
Il perd contrĂŽle;
Il sacre et se promĂšne.
Il doit apprendre Ă structurer les visites, ĂȘtre plus actif, garder le contrĂŽle et gĂ©rer ses Ă©motions.
[107] En contre-interrogatoire, le tĂ©moin explique quâE.P. a participĂ© Ă 4 cessions du programme Triple P Pathway. Elle a manquĂ© la premiĂšre cession et nâa pas appelĂ© lâagente afin de procĂ©der Ă une rĂ©vision tel que demandĂ©.
[108] E.P. a dĂ©montrĂ© quâelle est capable dâintrospection. Elle hĂ©sitait au dĂ©but, mais a coopĂ©rĂ© par la suite.
[109] Le tĂ©moin est dâaccord que les visites au sein de la communautĂ© Ă©taient plus facile que les visites Ă lâintĂ©rieur.
[110] Elle dĂ©crit avoir Ă©tĂ© plus marquĂ©e par les comportements de lâenfant N.P. Il sacrait, frappait et cherchait Ă blesser. Ses crises pouvaient durer jusquâĂ 5 minutes. Il a lancĂ© un extincteur Ă une reprise. La mĂšre le contrĂŽlait par le biais de restreintes physiques. Elle le dirigeait Ă lâextĂ©rieur de la salle afin quâil ne puisse blesser ses frĂšres.
[111] Elle dĂ©crit des situations oĂč E.P. a dĂ©montrĂ© de la colĂšre et perte de patience. Elle rapporte que la mĂšre aurait dit au pĂšre « âŠlaisse lĂ© faire crisse, ils vont intervenir⊠».
[112] Le tĂ©moin a notĂ© du conditionnement positif envers les enfants par E.P. Elle nâa jamais criĂ©. Elle amusait les enfants avec des jouets. Elle a fait des dessins avec eux.
[113] En ce qui a trait lâusage de mots vulgaires par les enfants, E.P. les encourageait Ă utiliser des mots appropriĂ©s. Les enfants sacraient souvent. E.P. ignorait parfois ces sacres.
[114] E.P. disait Ă F.P. de se calmer lorsquâil devenait anxieux.
[115] Lâagente est dâavis quâE.P. doit corriger ce qui suit :
Intervenir plus rapidement auprĂšs des enfants;
Ătre plus constante dans ses interventions;
Demeurer patiente.
[116] QuestionnĂ© par lâavocat de lâintimĂ© pĂšre F.P., elle confirme ne pas avoir observĂ© les parents et/ou les grands-parents sous lâinfluence de lâalcool lors des visites.
[117] Elle est dâaccord que les visites avec les parents sont chaotiques en raison du comportement des enfants. Selon elle, ces 3 enfants exigent des parents bien outillĂ©s. Ils sont trĂšs actifs et ont besoin de structure. Ils ne peuvent vivres dans lâimprĂ©visibilitĂ©. Elle note que parfois, un des enfants allait se cacher sous une table.
[118] Le tĂ©moin dĂ©crit lâincident du 10 avril oĂč le pĂšre a quittĂ© la salle puisquâil nâĂ©tait « plus capable ».
[119] Elle explique que lâenfant N.P. avait tentĂ© de la frapper. Elle a dĂ» Ă©viter le coup.
Gaëtanne Dupelle
[120] GaĂ«tanne Dupelle est Ă©ducatrice Ă la petite enfance au sein dâune garderie. Elle agit Ă ce titre pour lâenfant N.P. de janvier 2013 Ă aoĂ»t 2013. Il a par la suite changĂ© dâĂ©ducatrice. En ce qui a trait lâenfant J.P., il fut sous ses soins dâaoĂ»t 2014 Ă mars 2015.
[121] Elle dĂ©crit lâenfant N.P. comme Ă©tant trĂšs attachant, gentil et aimant aider les autres. Elle nâavait aucune difficultĂ© avec lui. Toutefois, elle indique que son comportement a changĂ© lorsquâil fut transfĂ©rĂ© Ă un autre groupe.
[122] Le tĂ©moin fournit les dĂ©tails suivants relativement au comportement de lâenfant N.P. une fois sous les soins de lâĂ©ducatrice StĂ©phanie SĂ©guin :
Il est devenu violent;
Il utilisait un vocabulaire vulgaire;
Il frappait lâĂ©ducatrice;
Il criait;
Il se lançait parterre et se frappait la tĂȘte;
Ses crises duraient de 20 à 30 minutes et se produisaient à tous les jours à certaines périodes.
[123] Pour sa part, lâenfant J.P. est dĂ©crit comme attachant, aimable et aimant jouer avec les autres. Il a moins de crises que son frĂšre soit quelque fois par mois et celles-ci durent une 10e de minutes. Elles sont moins intenses.
[124] Le témoin parle aussi des parents, E.P. et F.P.
[125] Elle indique quâE.P. est toujours ouverte dâesprit et quâelle a souvent demandĂ© des conseils.
[126] Le pĂšre utilise un vocabulaire vulgaire. Il sacrait beaucoup.
[127] Le témoin affirme avoir entendu les parents se disputer dans la cour de la garderie en présence des enfants. Ils se disputaient en criant.
[128] Elle tĂ©moigne que le 6 aoĂ»t 2014, une odeur dâurine de chat se dĂ©gageait des souliers de lâenfant J.P. La mĂšre a Ă©tĂ© avisĂ©e et a fourni une nouvelle paire de souliers.
[129] J.P. aurait trĂ©buchĂ© sur une petite voiture et sâest blessĂ© Ă une dent. Elle indique que lâenfant sâest prĂ©sentĂ© chez le dentiste le lendemain matin. E.P. lui aurait dit que le dentiste ne voulait rien faire puisque la dent Ă©tait pour tomber.
[130] Elle confirme que les enfants aimaient beaucoup le grand-pĂšre, R.P.
[131] Le tĂ©moin relate certains propos des enfants. Tel que dĂ©jĂ notĂ©, ces dĂ©clarations font lâobjet dâun voir dire et le tribunal doit trancher leur recevabilitĂ© fondĂ©e sur la mĂ©thode dâanalyse raisonnĂ©e.
[132] Le 17 juillet 2014, lâenfant N.P. aurait affirmĂ© que son papa Ă©tait fĂąchĂ© et quâil aurait donnĂ© une grosse tape sur le frigidaire. Lâenfant avait une mordure et une grafigne Ă la figure. Il a indiquĂ© que « câest papa » lorsque demandĂ© par lâĂ©ducatrice.
[133] Le 28 novembre 2014, elle rapporte que lâenfant J.P. aurait dit que son pĂšre lâa frappĂ© Ă la figure et lui dit « ferme ta gueule ».
[134] En contre-interrogatoire par lâavocat dâE.P., le tĂ©moin indique quâelle faisait part des crises Ă la mĂšre Ă son arrivĂ©e. Cette derniĂšre demandait de lâaide et des conseils. Elle semblait trĂšs ouverte et rĂ©ceptive aux commentaires.
[135] Elle explique que son travail exigeait quâelle contacte la SociĂ©tĂ©. Les enfants avaient rĂ©pĂ©tĂ© de tels propos Ă plusieurs reprises. Les enfants nâont jamais dit que la mĂšre les avait frappĂ©.
[136] Lorsquâelle a demandĂ© Ă N.P. ce qui est arrivĂ©, il disait « sâest papa qui mâa frappĂ© ».
[137] Elle décrit les enfants comme étant propres.
[138] Elle décrit la mÚre en termes positifs :
TrÚs réceptive;
Ponctuelle;
TrÚs coopérative;
Elle demandait des conseils;
Ouverte dâesprit.
[139] Le tĂ©moin confirme quâelle voyait plus souvent le grand-pĂšre.
[140] Elle voyait beaucoup dâattachement entre la mĂšre et les enfants.
[141] En rĂ©ponse aux questions de lâavocat de F.P., le tĂ©moin confirme que lâenfant N.P. lui a dit Ă elle que son pĂšre avait causĂ© la grafigne et la mordure.
[142] Elle indique que N.P. lui aurait parlĂ© dâune bagarre entre lui et son frĂšre J.P. qui aurait rĂ©sultĂ© en une mordure.
[143] Finalement, elle explique que câest le grand-pĂšre qui venait chercher les enfants le plus souvent.
Mélanie Lepage
[144] MĂ©lanie Lepage est Ă©ducatrice Ă la garderie oĂč se prĂ©sentaient les enfants N.P. et J.P.
[145] Elle dĂ©crit lâenfant N.P. comme suit :
Il aimait beaucoup rendre service;
Il est content de voir les gens;
Il fait des crises :
Il sacrait et utilisait un langage vulgaire;
Il lui a lancé une chaise et des jouets;
Les crises étaient fréquentes et duraient pour 10 minutes;
Il frappait les autres;
Il essayait de mordre;
Il pouvait lancer tout ce quâil voyait;
Il grafignait;
Il disait :
Va nous faire manger de la marde;
Va nous lancer dans la toilette;
Va nous couper la tĂȘte avec une hache et un couteau;
Il Ă©tait fĂąchĂ© et on lâĂ©coutait pas.
[146] En ce qui a trait lâenfant J.P. :
Il est trĂšs attachant;
Il aime les caresses;
Il aime tout le monde
A de la jasette;
Il est trĂšs poli;
Son comportement est moins intense que son frĂšre N.P. : il revenait assez vite Ă lui.
[147] Elle connait trĂšs peu lâenfant T.P., nâayant pas travaillĂ© avec lui longtemps. Il semblait de bonne humeur. Il aime jouer.
[148] Elle est dâavis que la mĂšre E.P. semblait toujours prĂ©sente. Elle Ă©tait coopĂ©rative et demandait des conseils. Elle indique nâavoir aucune inquiĂ©tude avec la mĂšre.
[149] Le tĂ©moin indique ne pas avoir eu de discussion avec le pĂšre F.P. Elle tĂ©moigne quâil sacrait souvent Ă voix haute aprĂšs lâenfant J.P.
[150] Cette derniÚre relate au tribunal certaines déclarations des enfants.
[151] Le 26 fĂ©vrier 2015, au moment du repos, lâenfant J.P. aurait dit « moi je frappe maman comme papaâŠmoi aime pas maman, frappe maman ».
[152] Le 27 fĂ©vrier 2015, le matin, Ă la collation, J.P. lui dit « âŠregarde ma lĂšveâŠpapa Ă©tait fĂąchĂ© et a donnĂ© un coup sur la lĂšveâŠparce que J.P. nâest pas gentil⊠».
[153] Le tĂ©moin explique quâelle a demandĂ© Ă lâenfant de rĂ©pĂ©ter, ce quâil a fait. Elle a rapportĂ© les propos de lâenfant Ă sa directrice qui a contactĂ© lâintervenante, Julie Potvin.
[154] Elle indique ne pas avoir vu de blessure Ă la lĂšve de lâenfant.
[155] QuestionnĂ© par lâavocat dâE.P., elle rĂ©itĂšre le point que la mĂšre semblait coopĂ©rative et rĂ©ceptive. Elle Ă©coutait et semblait comprendre.
[156] Elle est dâavis que les enfants nâont jamais rien dit dâinvraisemblable.
[157] En rĂ©ponse aux questions de lâavocat du pĂšre, elle explique que N.P. se prĂ©sentait le matin en indiquant quâil Ă©tait fĂąchĂ© et faisait des crises par la suite.
[158] Lâenfant J.P. Ă©tait rarement fĂąchĂ©.
[159] J.P. lui aurait dit le 27 fĂ©vrier 2015, quâil « ne saignait plus, câest guĂ©ri ».
[160] Le témoin aurait surtout vu le grand-pÚre à la garderie.
C.C.
[161] C.C. est la mĂšre de lâintimĂ©e mĂšre, E.P. Elle se prĂ©sente comme une clairvoyante et mĂ©dium.
[162] Elle dresse son historique avec la SociĂ©tĂ© et les raisons ayant menĂ© aux retraits de ses 3 filles, y compris E.P. Elle affirme ĂȘtre bipolaire, mais sous contrĂŽle grĂące Ă la mĂ©dication.
[163] Cette derniĂšre dĂ©crit une vie familiale marquĂ©e par la violence domestique. Son conjoint faisait des trous dans les murs. Elle est dâavis que sa fille E.P. rĂ©pĂšte les mĂȘmes erreurs.
[164] Elle nâavait aucune relation avec E.P. jusquâĂ ce que lâenfant N.P. ait un an. Elle indique avoir une bonne relation avec elle depuis.
[165] Elle connait les 3 enfants du couple. Elle visitait la famille 2 fois la semaine. De plus, elle témoigne avoir gardé J.P. pendant 8 à 9 mois.
[166] Le témoin admet avoir fait plusieurs signalements à la Société en raison de ses craintes pour les enfants, et ce, depuis 3 ans et demi. Elle soulÚve les inquiétudes suivantes :
Consommation dâalcool
F.P. a un sĂ©rieux problĂšme avec lâalcool;
Elle a témoigné de sa grande consommation;
Il y avait de lâalcool dans le rĂ©frigĂ©rateur;
E.P. lui aurait dit que les grands-parents paternels avaient aussi un « gros » problĂšme avec lâalcool;
E.P. a affirmĂ© avoir consommĂ© pour 150$ dâalcool durant une soirĂ©e suite Ă lâapprĂ©hension des enfants.
Consommation de drogue
Les 2 parents consomment des stupéfiants de façon réguliÚre;
Elle a observĂ© E.P. fumer de la marijuana jusquâĂ 3 fois par jour durant la grossesse;
Elle aurait vu les 2 parents fumer de la drogue Ă lâintĂ©rieur de la rĂ©sidence sous le ventilateur de la cuisiniĂšre alors que les enfants dormaient au mĂȘme Ă©tage; ils allaient aussi fumer Ă lâextĂ©rieur.
Manque de nourriture
- Ă plusieurs reprises, il nây avait pas de nourriture; elle donnait du manger et prĂȘtait de lâargent.
Violence conjugale
Elle décrit F.P. comme étant trÚs violent;
Il a brisé des miroirs, des chaises et une table de salon;
Elle indique quâil est « plus bĂȘte » avec ses paroles que ses gestes;
Il donne des coups sur la table;
Elle a vu des trous dans les murs; E.P. lui a dit que F.P. avait fait ces trous et cassé un miroir;
Elle a vu la table et chaise brisées;
Il y avait beaucoup de disputes et de conflits entre les parents;
F.P. était souvent de mauvaise humeur;
F.P. dirigeait E.P. en ce qui a trait lâargent
Difficultés financiÚres
Le couple avait beaucoup de problĂšmes financiĂšrs;
Elle prĂȘtait de lâargent au couple.
Autres inquiétudes
F.P. aurait dit quâil voulait mettre lâenfant N.P. dans un sac Ă ordure et le placer au chemin;
Le permis de conduire dâE.P. a Ă©tĂ© suspendu puisquâelle nâavait pas dâassurance et de plaque pour lâautomobile; les enfants Ă©taient avec elle lorsquâelle a Ă©tĂ© interceptĂ©e par les policiers;
E.P. aurait dit aux enfants de fermer « leur gueules »; elle manquait de patience;
Les parents auraient dit aux enfants « de manger de la fucken marde »;
E.P. a dit quâelle nâĂ©tait pas chanceuse puisquâelle avait eu des mauvais enfants;
E.P. a affirmĂ© que F.P. nâĂ©tait pas capable de prendre soin des 3 enfants ensemble.
[167] Le tĂ©moin indique que F.P. ne sâoccupait pas des enfants. Il Ă©tait dans le salon et plaçait une planche pour empĂȘcher les enfants dâaller au salon.
[168] Depuis la sĂ©paration, elle relate quâE.P. menace de se suicider si elle perd les enfants. De plus, elle veut battre une fille au Tim Horton. Quoiquâelle a toujours sa rĂ©sidence sur la rue James Ă Hawkesbury, elle est 75% du temps Ă la rĂ©sidence de son copain, M.L.
[169] En ce qui concerne M.L., elle dit lâavoir vu souvent. Il Ă©tait trĂšs jaloux et possessif au dĂ©but. E.P. nâavait pas le droit de parler Ă des gens. Toutefois, il appert que la relation sâest amĂ©liorĂ©e depuis sa grossesse. E.P. lui aurait dit quâil ne « sautait plus de coche ».
[170] Toutefois, elle remarque que M.L. aurait fait des menaces par le biais de Facebook dirigées à la personne qui a parlé à la Société.
[171] M.L. consomme de la drogue. Il fume de la marijuana selon E.P.
[172] Pour ce qui est des enfants, elle affirme quâils sont plus gentils et ne sacrent plus. Le tĂ©moin affirme quâE.P. a notĂ© ces changements.
[173] Elle dĂ©crit les crises de lâenfant N.P. Il tapait dans les murs, sacrait, grimpait et brisait des jouets. F.P. le plaçait dans sa chambre. E.P. le plaçait dans un coin.
[174] Elle affirme que lâenfant N.P. lui a dit que F.P. lui avait tirĂ© les cheveux parce quâil avait rĂ©veillĂ© son frĂšre. E.P. aurait dit Ă N.P. « on ne dit pas ces choses-lĂ âŠ. ».
[175] Lorsquâon lui demande pourquoi elle tĂ©moigne dans ce procĂšs, elle indique « je veux que les enfants aient une vie meilleure ».
[176] En contre-interrogatoire, elle confirme que sa maladie est bien contrÎlée depuis 15 ans.
[177] Elle a une trĂšs bonne relation avec E.P. Elles se voient 2 Ă 3 fois par semaine. Elle indique avoir tentĂ© de lâaider comme mĂšre. Elle nâest pas ici pour se venger.
[178] Le tĂ©moin rĂ©itĂšre le point quâelle a vu les parents fumer de la marijuana jusquâĂ 3 fois par jour. Ils fumaient le matin, le midi et le soir.
[179] Elle rĂ©pĂšte que son but en contactant la SociĂ©tĂ© Ă©tait dâaider ses petits-enfants. Elle voulait aider E.P. avec les garçons. Elle Ă©tait consciente que les enfants pouvaient devenir pupille de la Couronne.
[180] Le tĂ©moin indique avoir donnĂ© des conseils Ă E.P. Elle a tentĂ© de lâaider, mais E.P. refusait son aide. Elle ne voulait pas de conseils.
[181] En ce qui a trait les grands-parents, les prĂ©occupations sont fondĂ©es sur les renseignements fournis par E.P. De plus, elle aurait vu les grands-parents consommer de lâalcool lors de rencontres familiales.
[182] Elle est dâavis que lâadoption est la meilleure solution pour les enfants.
[183] Le tĂ©moin nie les suggestions de lâavocat du pĂšre Ă lâeffet quâelle ne changeait pas la couche des enfants ou quâelle ne les nourrissait pas alors quâils Ă©taient sous sa garde.
Docteure Martine Roberge
[184] La docteure Martine Roberge est une psychologue clinicienne. Son expertise est admise par les avocats. Son curriculum vitae est déposé comme piÚce #10 au procÚs.
[185] Ă titre de psychologue clinicienne, le tĂ©moin offre une Ă©valuation du profil de lâenfant N.P. Elle sâadresse aussi Ă la capacitĂ© de traitement ainsi que ses forces et faiblesses.
[186] Son rapport dâĂ©valuation psychologique fut dĂ©posĂ© comme piĂšce #11, et ce, encore avec le consentement des avocats.
[187] LâĂ©tude de la docteure Roberge la porte Ă la conclusion que lâenfant N.P. dĂ©montre plusieurs retards significatifs, et ce, Ă plusieurs niveaux. SpĂ©cifiquement :
Un retard cognitif important;
Des retards développementaux;
Des difficultés comportementales;
Des grands besoins éducationnels;
Des retards sur le plan réceptif et expressif;
Des retards sur le plan motricité;
Un écart entre ses habilités verbales et non verbales;
Des difficultés sur le plan des relations interpersonnelles.
[188] Le tĂ©moin affirme quâelle nâest pas en mesure de fournir un diagnostic Ă ce point pour cet enfant. Elle explique que ses lacunes et comportements peuvent rĂ©sulter de quelques causes, dont, lâhyperactivitĂ©, problĂšmes dâattachement et/ou une dĂ©ficience intellectuelle. Elle indique ne pas vouloir rattacher un stigma Ă lâenfant. Ce qui ne veut pas dire que lâenfant nâa pas de difficultĂ©.
[189] Elle explique que la dĂ©ficience intellectuelle notĂ©e chez lâenfant peut dĂ©couler de 3 causes :
La génétique;
Consommation de la mĂšre pendant la grossesse;
Lâenvironnement : un enfant qui nâa pas reçu de stimulation ou est exposĂ© Ă de lâabus et de la violence.
[190] La docteure explique que la recherche dĂ©montre quâil est possible de corriger les lacunes liĂ©es Ă lâenvironnement. Elle note quâun traitement peut amĂ©liorer le langage, la motricitĂ©, les habilitĂ©s sociales et le contrĂŽle les Ă©motions. Elle indique que lâĂąge est un facteur important. Selon elle, N.P. pourrait faire des gains significatifs dans la mesure oĂč il est bien encadrĂ© et traitĂ©. Elle indique que pour plusieurs enfants, 6 mois de thĂ©rapies peuvent avoir un impact positif.
[191] En ce qui a trait les troubles de type TDAH, (hyperactivitĂ©), il semble que ceux-ci dĂ©coulent de la gĂ©nĂ©tique. Ils peuvent aussi ĂȘtre expliquĂ©s par lâenvironnement. Le traitement usuel se fait par la mĂ©dication et le dĂ©veloppement des habilitĂ©s.
[192] Les troubles dâattachement sont liĂ©s Ă lâincapacitĂ© du parent Ă dĂ©velopper une sĂ©curitĂ© chez lâenfant. On tente de remĂ©dier Ă cette lacune en rebĂątissant une relation avec le parent. Ceci exige une trĂšs grande prĂ©visibilitĂ© pour lâenfant. Cette condition peut ĂȘtre difficile Ă corriger lorsque sĂ©vĂšre.
[193] Il est possible quâun enfant transpose cet attachement Ă un parent dâaccueil sâil existe un tel manque avec le parent biologique.
[194] La docteure Roberge complĂšte son rapport en Ă©difiant une sĂ©rie de recommandations. Elle explique que lâapproche doit viser le comportement et le dĂ©veloppement de lâenfant.
[195] Elle note lâimportance de structure, constance et prĂ©visibilitĂ©.
[196] En contre-interrogatoire, elle affirme quâil est possible que lâĂ©tat de N.P. puisse sâexpliquer par une composante de gĂ©nĂ©tique et environnementale.
[197] Elle confirme avoir rencontrĂ© lâenfant les 19, 26 et 29 aoĂ»t 2015. Elle ne lâa pas revu depuis. Elle nâa pas fait de mise Ă jour.
[198] Elle confirme son opinion quâil est important de miser sur le positif et de renforcer les rĂ©alisations de lâenfant compte tenu de son estime de soi fragile. Ce nâest pas une bonne idĂ©e de le punir.
[199] Selon elle, N.P. doit ĂȘtre sous les soins dâun parent qui dĂ©tient les qualitĂ©s suivantes :
Capable de comprendre ses besoins;
Capable de travailler avec les intervenantes;
Continuer de travailler avec lâenfant suite aux cessions de thĂ©rapie;
Capable de comprendre les programmes;
Capable dâoffrir un milieu chaleureux, aimant et calme;
CentrĂ© sur les besoins de lâenfant;
Capable de discipline appropriée.
[200] Elle explique que lâalcool et la drogue nâest jamais « trĂšs gagnant » dans un tel contexte puisque le parent ne se rend pas disponible pour lâenfant.
[201] N.P. a de trĂšs grands besoins et le temps est important.
[202] Elle est dâaccord avec la suggestion quâun parent qui est prĂȘt est une bonne chose, mais la volontĂ© doit ĂȘtre couplĂ©e Ă la capacitĂ©.
[203] Quoique que le programme Triple P est conçu pour dĂ©velopper les habilitĂ©s parentales, la docteure est dâavis que ce nâest pas suffisant. En bout de ligne, N.P. a besoin de « beaucoup de choses ».
[204] Elle explique en rĂ©ponse aux questions de lâavocat du pĂšre quâun trouble dâattachement ne sâexplique pas par lâaffection. Il sâagit de lâincapacitĂ© du parent de rĂ©agir et rĂ©pondre aux besoins de lâenfant.
[205] Elle conclue en indiquant quâelle nâest pas en mesure de fournir la cause de lâĂ©tat de N.P. mais qui lui semble quâil rĂ©sulte dâune combinaison des 3 Ă©lĂ©ments, câest-Ă -dire, la gĂ©nĂ©tique, la consommation de la mĂšre durant la grossesse et lâenvironnement.
Josée Cousineau
[206] JosĂ©e Cousineau est Ă©ducatrice spĂ©cialisĂ©e Ă lâĂ©cole que frĂ©quentait lâenfant N.P. Elle travaille avec les enfants ayant des besoins spĂ©ciaux. Elle a travaillĂ© avec N.P. dâaoĂ»t 2015 Ă juin 2016.
[207] Elle décrit N.P. comme suit :
Il est poli; il dit toujours merci;
Il est curieux;
Il est serviable et aide les amis;
Il aime les jeux électroniques;
Il est trÚs faible académiquement;
Il ne connait pas ses chiffres;
Il a beaucoup de difficultés à se concentrer;
Il exprime mal ses émotions;
Il a une attitude extrĂȘme; il participe ou non;
Il utilise des mots inappropriés; il sacre beaucoup;
Il fait des crises pouvant durer jusquâĂ 2 heures; durant ces crises il :
Lance des objets;
Est violent;
Brise des objets;
Les crises se produisent 2 à 3 fois par semaine et parfois durent toute une journée.
[208] Elle note que le comportement de N.P. sâest beaucoup amĂ©liorĂ© en juin 2016. Il semblait de bonne humeur et confiant. Il sâĂ©tait fait des amis. Les crises Ă©taient moins frĂ©quentes, soit une fois par semaine et dâune durĂ©e de 30 minutes.
[209] Le tĂ©moin explique que N.P. demeurait avec une nouvelle famille en juin 2016. Il avait des nouveaux vĂȘtements et des collations.
[210] Il semble que N.P. soit encore au jardin en septembre 2016. Elle explique que la 1Ăšre annĂ©e aurait Ă©tĂ© trop difficile pour lui. Il reconnait maintenant ses chiffres jusquâĂ 20. Il reconnait les lettres, mais par les sons des lettres.
[211] Le tĂ©moin indique savoir que lâenfant avait des visites avec ses parents biologiques. Elle explique quâil nây avait pas de diffĂ©rence dans son comportement avant les visites. Toutefois, elle observe que lâenfant Ă©tait plus difficile suite Ă ces visites. Il Ă©tait « bloquĂ© » et difficile de lui faire changer dâidĂ©e.
[212] En contre-interrogatoire, elle affirme que lâenfant est devenu moins violent Ă partir de juin 2016. Il frappait rarement les gens. Elle note quâil aurait frappĂ© 2 amis et 2 adultes.
[213] Elle a observĂ© une seule crise en juin 2016 dâune durĂ©e de 30 minutes.
[214] Elle réitÚre le point que N.P. réagissait suite aux visites avec ses parents. Il était « bloqué ». Il ne parlait pas de ses visites. Il semblait fùché et frustré. Les crises étaient plus intenses.
[215] Il semble que le nouveau foyer dâaccueil avait une piscine et des chiens.
C.1
[216] Ce tĂ©moin, dont le nom de famille a Ă©tĂ© retenu Ă la demande de la SociĂ©tĂ©, opĂšre avec son conjoint J., un foyer dâaccueil Ă double statut. Câest donc dire que ce foyer offre une possibilitĂ© dâadoption.
[217] Lâenfant N.P. demeure au sein de cette famille depuis le 3 juin 2016. La premiĂšre rencontre a eu lieu en dĂ©cembre 2015. Il y a eu 5 visites durant les fins de semaine entre dĂ©cembre 2015 et juin 2016.
[218] Le tĂ©moin observe que lâenfant avait un caractĂšre difficile. Il faisait preuve de colĂšre et dâĂ©motions nĂ©gatives. Il frappait et sacrait. Il utilisait un langage vulgaire. Par exemple, il aurait dit :
« Fuck you ma tabarnac, sort de ma chambre »;
« Veux-tu toucher mon pĂ©nis, tâaime sa un gros pĂ©nis ».
[219] Elle le dĂ©crit tout de mĂȘme comme Ă©tant attachant et ayant une volontĂ© dâaider.
[220] Le 3 juin 2016, N.P. demeure avec eux à temps plein. Il semblait excité de venir à la maison.
[221] Les parents dâaccueil ont dĂ©cidĂ© de travailler sur son estime de soi en lui achetant des nouveaux vĂȘtements et un sac Ă dos. Ils ont aussi travaillĂ© sur le sacrage, ce quâils ont rĂ©ussi. Ils ont aussi tentĂ© de lui fournir des outils pour exprimer ses Ă©motions.
[222] Le témoin indique que le nombre de crises a été réduit. La derniÚre fut en juillet 2016.
[223] Il semble heureux et mieux dans sa peau. Il dit quâil est beau. Il va bien.
[224] Elle explique que la derniĂšre crise en juillet fut de courte durĂ©e et quâil nây avait pas de sacrage. Elle note que lâenfant ne voulait pas quâil soit avisĂ© de sa derniĂšre crise Ă lâĂ©cole en juin 2016.
[225] Elle est dâavis que le placement va bien pour E.P. Elle fournit les dĂ©tails suivants :
Il semble heureux;
Il a hùte de commencer la journée;
Il va extrĂȘmement bien;
Il a beaucoup de vouloir;
Il a dĂ©montrĂ© quâil est capable;
Il a passĂ© une partie de lâĂ©tĂ© avec leur neveu;
Il y a dâautres enfants dans le milieu;
Il est entouré par leur famille;
Il sâentend bien avec les amis;
Il écoute bien.
[226] Elle reconnait que les journĂ©es qui ont suivi son arrivĂ©e nâont pas Ă©tĂ© faciles. Le premier mois a Ă©tĂ© difficile.
[227] Il a des responsabilités à la maison dont sa chambre, le soin de 7 chiens et mettre la table pour les repas.
[228] Il frĂ©quente une classe rĂ©guliĂšre Ă lâĂ©cole, mais on lui offre des ressources par le biais dâune enseignante en autorĂ©gulation, câest-Ă -dire, D.E.. Une lettre prĂ©parĂ©e par cette derniĂšre Ă la demande de C.1 fut dĂ©posĂ©e comme piĂšce #12. Le tribunal a permis le dĂ©pĂŽt de cette lettre dans la mesure oĂč lâenseignante se prĂ©sente pour contre-interrogatoire. Ce contre-interrogatoire a eu lieu plus tard au cours du procĂšs.
[229] Cette piĂšce confirme les propos du tĂ©moin Ă lâeffet que lâenfant se comporte bien Ă lâĂ©cole. Il est dĂ©crit comme Ă©tant calme la majoritĂ© du temps, ne montre pas de signe de violence et semble bien sâamuser dans toutes les activitĂ©s.
[230] En ce qui concerne les visites, le tĂ©moin indique que N.P. a hĂąte dâaller jouer avec ses frĂšres.
[231] Elle note quâen juin et juillet, lâenfant aurait fait des crises de 30 minutes et sacrait aprĂšs les visites avec le pĂšre.
[232] Il semble que N.P. aurait rapportĂ© les propos de son pĂšre F.P. suite aux derniĂšres visites Ă lâeffet que son pĂšre lui aurait dit quâil nâĂ©tait pas mĂ©chantâŠque câest Ă cause de leur mĂšreâŠque la SociĂ©tĂ© lâavait volĂ©âŠ
[233] Quoiquâil nâa pas fait de crise, N.P. a demandĂ© si sa mĂšre nâĂ©tait pas bonne, pourquoi il avait une chambre chez son grand-pĂšre et pourquoi la SociĂ©tĂ© lâavait volĂ©. Il Ă©tait confus.
[234] Elle explique que lâenfant avait urinĂ© dans son lit suite Ă cette visite. Les parents dâaccueil ont couchĂ© lâenfant avec eux pour le rassurer en rĂ©pĂ©tant que se mĂšre nâĂ©tait pas mĂ©chante.
[235] Le mĂȘme scĂ©nario sâest rĂ©pĂ©tĂ© suite Ă la visite de septembre 2016 avec le pĂšre. Lâenfant semble dĂ©chirĂ©.
[236] Pour ce qui est des visites avec la mĂšre, le tĂ©moin affirme que N.P. est revenu avec des « bleus » Ă 2 reprises. Des photographies ont Ă©tĂ© envoyĂ©es Ă lâintervenante.
[237] Lâenfant a appris que sa mĂšre Ă©tait enceinte en juillet 2016.
[238] Lâenfant parle souvent de ses frĂšres.
[239] Les parents dâaccueil facilitent les contacts avec E.P. pour lâenfant.
[240] N.P. ne demande pas dâaller voir ou de vivre avec ses parents biologiques.
[241] Il raconte des histoires de son grand-pĂšre, mais ne demande pas dâaller le voir.
[242] Elle dĂ©crit sa relation avec lâenfant comme Ă©tant une relation mĂšre-fils. Il appelle les parents dâaccueil maman et papa. Câest lui qui en aurait dĂ©cidĂ© ainsi. Ils lui ont donnĂ© le choix.
[243] Lâenfant a aussi une bonne relation avec la famille respective des parents dâaccueil.
[244] Le tĂ©moin affirme avoir de lâamour pour N.P. En revanche, ce dernier lui montre beaucoup dâaffection. Il la caresse et lui dit quâil lâaime. Il semble heureux. Il ne fait plus de crise. Il sourit.
[245] Elle conforme avoir fait demande en vue dâadopter N.P. En fait, les parents dâaccueil ont demandĂ© dâadopter les 3 enfants.
[246] Elle ne sâoppose pas Ă lâaccĂšs Ă la mĂšre si un tel accĂšs est bĂ©nĂ©fique pour lâenfant.
[247] Leur prĂ©fĂ©rence est quâil nây ait pas dâaccĂšs au pĂšre.
[248] Toutefois, leur volontĂ© dâadopter demeure mĂȘme sâil y a accĂšs aux parents.
[249] En contre-interrogatoire, le tĂ©moin confirme que lâenfant a fait des crises avec eux. Elle explique ce qui suit :
Lorsquâil Ă©tait en crise, ils ne pouvaient lui demander pourquoi;
Lâenfant avait de la difficultĂ© Ă interprĂ©ter ses Ă©motions;
Il y a eu des crises dâune durĂ©e de 5 heures :
Ils tentaient de le calmer;
Lui disait quâils lâaimaient;
Lui demandait ce quâils pouvaient faire;
Il était incapable de décrire pourquoi il était en crise;
Il voulait quâils demeurent prĂšs de lui.
Lors de la crise en juin 2016, lâenfant disait quâil ne lâaimait plus;
Il a fait une crise avec son conjoint J. en juillet 2016.
[250] Le couple a complété le programme Triple P et a rencontré les intervenants de la Société.
[251] N.P. compte maintenant jusquâĂ 25-30 et parfois jusquâĂ 50. Il connait son alphabĂšte en français et anglais.
[252] Câest eux qui ont demandĂ© que N.P. rĂ©pĂšte son jardin en raison de ses retards.
[253] Elle rejette la suggestion quâelle aurait obtenu la lettre de lâenseignante dĂ©posĂ©e comme piĂšce #12 pour les fins du procĂšs. Elle en a fait demande en appui Ă sa requĂȘte en adoption des 3 enfants.
[254] Elle dĂ©crit les activitĂ©s de N.P. Il est trĂšs curieux et parle de toute sorte de sujets. Il a voyagĂ© en train avec eux. Il veut visiter Walt Disney et voler en avion. Ils sont trĂšs actifs avec lui. Elle se dit fiĂšre de lâenfant.
[255] Elle reconnaĂźt avoir dit Ă plusieurs reprises quâils avaient hĂąte de revoir N.P.
[256] Le tĂ©moin confirme avoir apportĂ© lâenfant Ă Marineland et quâils ont beaucoup dâactivitĂ©s avec lui dont des courses Ă obstacles. Ils dĂ©tiennent une petite ferme et 13 acres de terrain.
[257] Elle rĂ©itĂšre le point quâils sont dâaccord avec des accĂšs aux parents si jugĂ©s bĂ©nĂ©fiques pour les enfants. Elle est concernĂ©e avec les visites au pĂšre compte tenu des choses que ce dernier aurait dit et lâenfant J.P. qui affirme sacrer comme son pĂšre. Elle fait rĂ©fĂ©rence au fait que J.P. aurait vu son pĂšre casser une table.
[258] Elle indique de lâenfant N.P. nâa pas de filtre et quâil est honnĂȘte.
Mélanie Rochon
[259] MĂ©lanie Rochon travaille pour la SociĂ©tĂ© Ă titre dâintervenante en communautĂ© section milieu de vie. Ă ce titre, elle travaille au prĂȘt des jeunes en foyer dâaccueil et des familles dâaccueil. Elle conseille et supporte les jeunes et les familles.
[260] De mars 2015 Ă mai 2015, elle travaillait avec la famille dâaccueil oĂč demeurait lâenfant N.P. Elle nâĂ©tait pas son intervenante.
[261] Elle a témoigné de ses comportements difficiles. Elle décrit la crise de N.P. du 28 avril 2015 comme suit :
Lâenfant a fait un regard mĂ©chant;
Il insulte les gens;
Il vide de lâeau;
Il lance un couteau dans la direction de la mĂšre dâaccueil;
Il menaçait de briser une fenĂȘtre; il a brisĂ© un carreau de fenĂȘtre;
Il a poussĂ© la mĂšre dâaccueil;
Il frappe le pĂšre dâaccueil Ă la figure;
Il sacrait et criait;
La crise a duré une heure.
[262] Le 13 juin 2016, N.P. se serait sauvé suite à une visite avec la mÚre E.P.
[263] En ce qui a trait aux enfants J.P. et T.P., le témoin est intervenante avec ces derniers depuis le 7 octobre 2015.
[264] Elle dĂ©crit lâenfant J.P. comme suit :
Il est souriant et farceur;
Il est trĂšs intelligent et curieux;
Il sâĂ©merveille et aime de nouvelles expĂ©riences;
Il est toujours en mouvement;
Il exige beaucoup de surveillance;
Il recherche de lâaffection;
Il approche facilement les étrangers; il dit allo à tout le monde;
Il aime plaire;
Il a de la difficultĂ© Ă suivre les consignes; celles-ci doivent ĂȘtre claires;
Il cherche Ă provoquer;
Il a des comportements difficiles; il peut ĂȘtre violent envers son frĂšre T.P.; le 20 avril 2016, il lui a tirĂ© les cheveux sans raison; il lui a arrachĂ© une touffe de cheveux;
Il a Ă©tĂ© violent Ă lâĂ©cole; il a battu un Ă©lĂšve; il fut expulsĂ©;
Il peut grafigner et pousser;
Lâenseignante appelait pour lui dire quâil nâĂ©coutait pas en classe;
Ses comportements semblaient coĂŻncider avec les visites aux parents;
Il fait des commentaires impulsifs :
- Il dit « moi jâaime pas papa⊠» par la suite il dit « moi jâaime papa ».
Il dit réguliÚrement « papa donne coups sur la table et N.P. a peur ».
Il nây a aucune inquiĂ©tude au point de vue de son dĂ©veloppement physique; il mange de tout;
Il nâa pas atteint tous les objectifs dans son bulletin scolaire; il y a toutefois du progrĂšs.
[265] Elle indique ce qui suit relativement Ă lâenfant T.P. :
Il est curieux et bouge beaucoup;
Il a une mémoire incroyable;
Il est intelligent;
Il recherche lâattention et lâamour; il aime se coller;
Il veut plaire;
Il a un cÎté indépendant;
Il nâaime pas le mot « non » :
Il peut ĂȘtre agressif;
Il crache;
Il crie;
Il pleure;
Il tente de sâautomutiler en se frappant la tĂȘte.
Il cherche Ă provoquer son frĂšre J.P.;
Il a amélioré son langage.
[266] Les 2 enfants ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s de foyer le 29 avril 2015. Les parents dâaccueil Ă©taient incapables de veiller aux 2 enfants.
[267] Il y a eu des hauts et des bas dans les foyers dâaccueil avec les 2 enfants. Il y a eu des moments difficiles.
[268] Le tĂ©moin note que sâĂ©tait plus difficile suite aux visites des enfants avec leurs parents.
[269] J.D. lui aurait dit quâil nâaimait pas les visites chez la mĂšre.
[270] La mĂšre dâaccueil, N.M., la contactait suite aux visites avec les parents pour lâaviser des difficultĂ©s.
[271] Elle explique que lâenfant T.P. demeure avec les parents dâaccueil Marc et Valerie depuis le 27 juin 2016. Ces derniers sont prĂȘts Ă adopter lâenfant.
[272] Il appert que le placement va bien. Lâenfant sâest adaptĂ© au couple. Les choses vont quand mĂȘme bien malgrĂ© certains dĂ©fis. T.P. semble plus dĂ©tendu et dit quâil est heureux avec ses parents dâaccueil.
[273] Pour sa part, lâenfant J.P. demeure avec sa mĂšre dâaccueil C.2 depuis le 15 juillet 2016.
[274] Lâenfant indique quâil est bien Ă cet endroit et quâil fait des choses « de fun ». Il se colle sur C.2 et semble bien avec elle. Il coopĂšre bien Ă la garderie et ça va bien Ă 95% du temps.
[275] C.2 est prĂȘte Ă adopter J.P.
[276] En contre-interrogatoire, le témoin indique que le comportement de T.P. a changé. Il a fait de trÚs grands progrÚs.
[277] Le 22 aoĂ»t 2016, lâenfant T.P. aurait demandĂ© oĂč Ă©tait sa mĂšre et si elle travaillait. Le tĂ©moin explique que câest la seule fois oĂč lâenfant a posĂ© une telle question.
[278] Une note du 5-6 juillet 2016 confirme que le comportement de lâenfant nâaurait pas changĂ© suite Ă une visite avec la mĂšre. Toutefois, le 15 septembre 2016, on note que lâenfant sacrait suite Ă une visite avec la mĂšre.
[279] Le 14 juillet 2016, il appert que T.P. aurait frappĂ© les parents dâaccueil et aurait crachĂ©.
[280] Lâintervenante est dâaccord que la violence demeure toujours un dĂ©fi pour T.P.
[281] En ce qui a trait J.P., on note des incidents mineurs. Il bouge beaucoup et requiert de la surveillance constante. Il est demandant. Toutefois, il y a beaucoup de bons moments.
Docteur Hubert Van Gijseghem
[282] Le docteur Van Gijseghem est un psychologue lĂ©giste. Il est prĂ©sentĂ© comme expert par la SociĂ©tĂ©. Son curriculum vitae se trouve Ă lâonglet 16 du dossier du procĂšs. Les parties adversaires ne sâopposent pas Ă la reconnaissance de son expertise par le tribunal et Ă la recevabilitĂ© de ses opinions.
[283] De plus, il fut entendu que les rapports de ce témoin expert soient reçus comme preuve au procÚs. Ils sont inclus au dossier de procÚs :
Rapport dâExpertise Psychologique du 16 dĂ©cembre 2015 (onglet 9)
E.P. (mĂšre);
F.P. (pĂšre);
N.P. (enfant);
J.P. (enfant);
T.P. (enfant).
Lettre dâopinion sur plan « kinship » du 8 fĂ©vrier 2016 (onglet 10);
Lettre dâopinion sur lâintĂ©rĂȘt vĂ©ritable des enfants et leur placement ensemble ou sĂ©parĂ© du 4 avril 2016 (onglet 11);
Rapport dâExpertise PsycholĂ©gale du 20 avril 2016 (onglet 14):
R.P. (grand-pĂšre);
L.P. (grand-mĂšre).
[284] Le tĂ©moin explique quâil sâagit de son troisiĂšme mandat avec cette famille. En 2008, il avait fourni une expertise sur la capacitĂ© parentale de la mĂšre E.P. de veiller aux soins de son premier enfant. Il avait conclu quâelle en Ă©tait incapable. Ce faisant, il a recommandĂ© que lâenfant soit retirĂ© de ses soins. Ultimement, lâenfant fut dĂ©clarĂ© pupille de la Couronne et adoptĂ©.
[285] Sa deuxiĂšme implication fut en 2010. Cette fois, il devait fournir une expertise sur les capacitĂ©s parentales dâE.P. et F.P. en ce qui concerne lâenfant N.P. Le docteur note quâil avait recommandĂ© de donner une chance au couple. Toutefois, il avait soulevĂ© des craintes. En bout de ligne, il indique avoir exprimĂ© une certaine hĂ©sitation, mais il croyait quâon devait donner une chance aux parents.
[286] En rĂ©ponse Ă lâordonnance Ă©mise par le Juge Pelletier le 27 octobre 2015 sous lâarticle 54 de la Loi sur les services Ă lâenfance et Ă la famille, le tĂ©moin expert a procĂ©dĂ© Ă une Ă©valuation psycholĂ©gale afin dâĂ©valuer les capacitĂ©s parentales des deux parents.
[287] Ă cette fin, il explique avoir :
Revu le dossier de la Société;
DiscutĂ© avec lâintervenante Julie Potvin;
Procéder à une nouvelle évaluation psychologique des parents;
Compléter une évaluation psychologique des enfants N.P. et J.P.;
Entretiens avec les parents dâaccueil et les agents dâintĂ©gration communautaire;
Observations des interactions entre les parents et les enfants;
Il donne peu de poids aux commentaires des intervenants.
[288] Ă la page 39 de son rapport du 16 dĂ©cembre 2015, le docteur fournit lâopinion suivante :
« Pour toutes ces raisons, il est de notre ferme opinion quâil nâest pas dans lâintĂ©rĂȘt de ces trois enfants de retourner sous la garde de lâun ou de lâautre des parents. »
[289] Le témoin présente les observations suivantes en ce qui a trait à la mÚre E.P.:
Elle a des difficultĂ©s cognitives; il qualifie son intelligence comme Ă©tant limitrophe et proche dâĂȘtre un handicap;
Elle a des traits antisociaux; elle contourne les rĂšgles avec plaisir;
Elle est cyclothymique, câest-Ă -dire, des hauts et des bas; elle nâest pas bipolaire, mais a des traits de bipolaritĂ©;
Il y a une Ă©lĂ©vation de narcissisme; elle se surĂ©value; se dit bonne dans tous les domaines; elle a la certitude quâelle peut ĂȘtre une excellente mĂšre; il note que ses observations le portent Ă croire quâelle est une mĂšre inadĂ©quate;
Elle a un fond trĂšs agressif qui peut se manifester; sa capacitĂ© dâagressivitĂ© est beaucoup plus Ă©levĂ© que la majoritĂ© des gens;
Il explique que lâeffet cumulatif de tous ces traits font en sorte quâelle nâa pas les habilitĂ©s parentales nĂ©cessaires; il affirme « âŠ.individuellement ils ne sont pas fatal mais en « cocktail », rien ne va plus⊠»;
Il a vu quâelle Ă©tait attachĂ©e aux enfants, mais elle ne sait pas les Ă©duquer;
Elle nâorganise pas de jeu;
Il exprime quâil y avait une proximitĂ© Ă©rotique entre elle et les enfants; ils Ă©taient corps Ă corps; « bĂ©daine Ă bĂ©daine »; les enfants lui touchaient les seins et Ă©taient excitĂ©s, ils criaient « pĂ©nis, pĂ©nis »;
Elle devient agressive avec les enfants; elle les retient; elle renforce le comportement chaotique des enfants en les retenant; elle ne comprend pas; elle désorganise les enfants;
Il conclut en affirmant, « elle ne lâa pasâŠelle nâa pas pu lâapprendreâŠil nây a pas de progression, mais de la regressionâŠ.je suis obligĂ© dâĂȘtre aussi cru⊠».
[290] Il offre lâanalyse suivante relativement au pĂšre F.P.:
Il souffre dâun retard mental; il est au niveau de handicap intellectuel; ceci peut ĂȘtre neurologique ou liĂ© Ă une tentative de suicide Ă lâĂąge de 16 ans par surdosage;
Il a une forte carence affective; aucune estime de soi; une profonde dévalorisation;
Il est asocial, câest-Ă -dire, quâil Ă©vite la socialisation; il Ă©vite de sâimpliquer; il se retire dans son « trou »;
Il est trÚs dépendant; sa dépendance est plus élevée que la moyenne;
Il compense par des rituels; tout doit ĂȘtre propre;
Il est inspiré par les meilleures intentions et a une bonne volonté;
Il a une forte rage probablement liée à la présente situation avec les enfants;
Nonobstant sa bonne volontĂ©, il « nâest pas capableâŠil ne peut pas gĂ©rer leur comportementâŠil renforce les comportements chaotiques des enfantsâŠce nâest pas une bonne atmosphĂšreâŠla base nâest pas là ⊠»;
Il nâa pas de consistance identitaire; le docteur exprime lâopinion « faut savoir qui on est avant de pouvoir donner une forme dâidentitĂ© Ă ses enfants ».
[291] Le docteur tĂ©moigne que lâencadrement des 3 enfants requiert les qualitĂ©s suivantes de la part du parent :
Stabilité;
Consistance identitaire;
Continuité;
Cohérence dans les interactions;
Capable dâencadrement et de consistance;
Ătre capable de frustrer les enfants pour leur bien;
Leur donner un sens dâĂȘtre.
[292] Il explique que lâinconsistance et lâincohĂ©rence sont souvent liĂ©es Ă la structure mĂȘme de la personne. Ceci ne peut pas ĂȘtre appris. Il nây a pas de solution.
[293] Son avis est Ă lâeffet que les parents nâont pas les qualitĂ©s requises pour ces enfants.
[294] Le 5 avril 2016, le juge Pelletier dirige que lâĂ©valuation psycholĂ©gale soit Ă©largie pour inclure le plan du grand-pĂšre paternel. Ce dernier propose avoir la garde de lâenfant N.P.
[295] Ă la page 1.22 de son rapport datĂ© le 20 avril 2016, lâexpert offre la conclusion suivante :
« Ce garçon aura six ans en juillet prochain. Il ne sâagit plus dâan pion que lâon dĂ©place facilement ou impunĂ©ment. Lâattachement rĂ©ciproque existe et mĂ©riterait dâĂȘtre prĂ©servĂ©. Il est vrai que Madame P. nâa pas une trĂšs bonne santĂ©, mais, dâun autre cĂŽtĂ©, ces deux grands-parents ne sont pas dâun Ăąge si Ă©levĂ© (soixante-deux et soixante-trois). Ne pourrait-on pas tenter la chance?
Pour toutes ces raisons, nous recommandons que
La garde de N.P. soit confiée à ses grands-parents R. et L.P.;
Compte tenu de nos observations et conclusions de notre rapport de 2015, le pĂšre, F.P., ne contribue pas au parentage et quitte donc la maison de ses parents;
Les contacts entre N.P. et ses parents biologiques sont régis par les intervenants de Valoris.
[296] Son évaluation des grands-parents le porte aux commentaires qui suivent :
L.P. (grand-mĂšre)
Techniquement elle est aux prises avec un handicap intellectuel, mais elle est capable de fonctionner;
Elle consomme beaucoup de médicament ce qui engendre de la somnolence;
Elle est extrĂȘmement dĂ©pendante sur son conjoint; on peut parler de trouble de dĂ©pendance;
Elle a un trĂšs mauvais estime dâelle-mĂȘme;
Elle est trĂšs anxieuse;
Il est difficile dâĂ©valuer ses habilitĂ©s parentales; elle fut trĂšs passive; elle est demeurĂ©e derriĂšre pendant que le grand-pĂšre faisait tout;
Un enfant ne peut pas se nourrir dâun tel parent.
R.P. (grand-pĂšre)
Aux prises avec un handicap intellectuel, mais est capable de fonctionner;
Il est trĂšs narcissique; il offre une forte Ă©valuation de lui-mĂȘme;
Il est fantastique avec lâenfant; il lâaime beaucoup; lâenfant lui retournait le mĂȘme amour; il semble bien aimĂ© son grand-pĂšre;
Lâenfant Ă©coute son grand-pĂšre.
[297] Lâexpert note que la grande texture entre lâenfant et son grand-pĂšre favorise un tel placement.
[298] Il reconnait que le plan nâoffre pas le milieu le plus nourrissant au point de vue intellectuel et culturel, mais le grand-pĂšre peut contribuer au bien-ĂȘtre de lâenfant. Il exprime lâidĂ©e que « âŠce nâest pas lâidĂ©al mais peut ĂȘtre correct⊠».
[299] Il réitÚre le point que les contacts des enfants avec les parents ne font « pas du bien » pour les enfants.
[300] Sur la question Ă savoir si les enfants doivent vivent ensemble ou sĂ©parĂ©ment, le docteur avait offert lâopinion suivante dans sa lettre du 4 avril 2016:
« La destructivitĂ© de N.P., y inclus envers ses frĂšres faits certainement problĂšme quand les trois enfants sont ensemble. Ceci est dĂ©jĂ une contre-indication Ă ce que ces trois enfants soient placĂ© ensemble. Si placement y a nous croyons quâil serait indiquĂ© que N.P. soit seul tandis que J.P. et T.P. devraient prĂ©fĂ©rablement rester ensemble, tout comme câest le cas maintenant. »
[301] Lâexpert questionne maintenant la sagesse de cette conclusion Ă la lumiĂšre de ses observations rĂ©centes. Il indique avoir vu un « nouveau N.P. » par la suite. Il fut extrĂȘmement surpris de la qualitĂ© des interactions entre les garçons. N.P. nâĂ©tait pas destructif, souriait et contenu. Il note que N.P. et J.P. avaient coopĂ©rĂ© entre eux.
[302] Il confirme avoir reçu un mandat de la SociĂ©tĂ© pour son opinion sur la question de la sĂ©paration des garçons. Il nâĂ©tait pas encore en mesure de fournir son point de vue au moment de son tĂ©moignage.
[303] Le témoin expert maintient ses conclusions sur les habilités parentales des parents dans le cadre du contre-interrogatoire.
[304] Il est dâavis que plusieurs facteurs peuvent expliquer le comportement des trois enfants :
Ils ne sont pas élevés;
Peut-ĂȘtre des torts gĂ©nĂ©tiques;
Consommation durant la grossesse;
Nâont pas Ă©tĂ© socialisĂ© correctement.
[305] Selon lui les deux parents ont une attitude contre-productive. Ils sont incohĂ©rents malgrĂ© leur bonne volontĂ©. Ils nâont pas appris ce que la SociĂ©tĂ© a voulu leur enseigner. Les enfants Ă©taient en mauvais Ă©tat.
[306] Il rĂ©plique que sa pĂ©riode dâobservation dâune heure a suffi pour en arriver Ă son opinion que les enfants Ă©taient dĂ©sorganisĂ©s Ă cause des parents. Il est dans ce mĂ©tier depuis 53 ans.
[307] Il qualifie la mĂšre de personne instable nâayant pas de structure. Sa bonne volontĂ© ne suffit pas. Le fait quâil nâa pas observĂ© de structure en 2008, 2010 et 2015 confirme ses propos quâelle nâa pas eu lâessentiel lui permettant de se bĂątir une structure. Elle peut dĂ©velopper un comportement stable, mais elle demeure sans structure. Un comportement doit se greffer sur une structure.
[308] Lorsquâon lui demande sâil est possible quâil se trompe, il rĂ©pond que câest possible, mais quâil se fonde sur ses tests. Il doit se fier Ă ses tests. Il sâagit dâune science.
[309] Le tĂ©moin explique ce quâil entend par les traits antisociaux de la mĂšre. Il lâa dĂ©crit comme une dĂ©linquante. Elle a une propension de plaisir Ă contourner les rĂšgles.
[310] Encore une fois, il rĂ©itĂšre que cette dĂ©termination dĂ©coule des tests, câest-Ă -dire, la façon quâelle rĂ©pond aux questions. Son haut niveau dâagressivitĂ© est aussi mesurĂ© Ă partir des tests.
[311] Le docteur est questionnĂ© sur le comportement quâil qualifie dâĂ©rotique. Il explique que la mĂšre avait le ventre exposĂ©. Elle Ă©tait couchĂ©e sur le plancher avec les enfants. Ils Ă©taient corps Ă corps. Les enfants touchaient leur pĂ©nis et disaient « pĂ©nisâŠpĂ©nis⊠» Son avis est que les enfants Ă©taient excitĂ©s sexuellement par leur mĂšre. Il a trouvĂ© la scĂšne inappropriĂ©e et indĂ©cente.
[312] Son opinion demeure que les parents nâont pas la capacitĂ© dâĂ©lever les enfants. Il ne croĂźt pas quâils soient des candidats pour de la thĂ©rapie psychologique.
[313] Quoique le grand-pĂšre a certaines caractĂ©ristiques du pĂšre, il nâest pas semblable. Le grand-pĂšre a rĂ©ussi Ă se dĂ©velopper malgrĂ© ces caractĂ©ristiques. Il a une consistance que son fils nâa pas.
[314] Le docteur croĂźt que le grand-pĂšre aide lâenfant N.P.
L.B.
[315] L.B. offre un foyer dâaccueil pour enfant en difficultĂ© par le biais de lâagence privĂ©e Bairncroft.
[316] Lâenfant N.P. a Ă©tĂ© sous ses soins du 8 mai 2015 au 3 juin 2016. Elle explique quâen 15 ans, elle nâa jamais eu autant de difficultĂ©s avec un enfant.
[317] Elle le décrit comme suit :
Il était demandant;
Il devait ĂȘtre constamment surveillĂ©;
Il est curieux, aimable, serviable;
Il a un caractĂšre fort;
Il ne peut gérer ses émotions;
Ses comportements inclus :
Souvent des crises;
Lance des choses;
Sacre;
Crie et se chicane;
Se fouille dans le nez et met ses « crottes » partout;
Ses crises durent 2-3 heures.
[318] Elle explique que selon elle, ses comportements sâaggravaient suite aux visites avec ses parents. Son Ă©tat Ă©tait moins pire suite aux visites avec la mĂšre.
[319] à un moment donné, il ne voulait plus aller à la résidence de la mÚre. Il voulait les visites au bureau de la Société.
[320] Il ne voulait plus visiter le pĂšre. Il disait que son pĂšre lui faisait mal et quâil lui donnait des coups. Elle dĂ©crit lâenfant comme une « montagne russe ». Il ne pouvait gĂ©rer ce qui se passait.
[321] Elle stipule que plus il y avait de visites avec les parents, plus il y avait des crises.
[322] Le témoin affirme avoir eu une bonne relation avec N.P. Il avait une routine et une structure.
[323] Elle a notĂ© du progrĂšs. Il semblait plus capable de gĂ©rer ses Ă©motions. Il lançait moins dâobjets. Vers la fin, les crises avaient beaucoup diminuĂ©. Ă son arrivĂ©e il y avait beaucoup de crises. Il crachait. Il voulait se sauver. Il sâest amĂ©liorĂ© un peu Ă la fois.
[324] En contre-interrogatoire, elle fournit dâautres dĂ©tails sur le comportement de lâenfant :
Il cassait des jouets;
Les crises étaient pires aprÚs la séparation des parents;
Il fait des fausses allégations telles :
Tu me frappes sur le nez et la jambe;
Tu me frappes le pénis;
Tu me frappes le bras.
Il lui a dit « je ne veux pas de tes caresses gros cochon dâinde ».
Elle indique quâil fait des fausses allĂ©gations lorsquâil nâa pas ce quâil veut.
[325] Elle confirme quâĂ quelques reprises elle a avisĂ© la SociĂ©tĂ© quâelle nâĂ©tait plus en mesure de garder N.P. Elle Ă©tait dĂ©bordĂ©e.
[326] Elle est dâavis que son comportement sâamĂ©liore lorsquâil prend des mĂ©dicaments.
[327] Elle explique que le 27 mai 2016, lâenfant avait un bleu sur la joue. Il semble quâil tombe beaucoup et se fait des bleus.
[328] Le tĂ©moin rapporte que le 6 mai 2016, N.P. nâa pas eu une bonne journĂ©e Ă lâĂ©cole. Il revient avec 2 intervenantes. Il avait crachĂ©. Il disait « jâen veux pu de colisse de visite avec maman et papaâŠje veux voir pĂ©pĂšre ».
Stéphanie Leroux
[329] StĂ©phanie Leroux est agente dâintĂ©gration communautaire avec la SociĂ©tĂ©. Son rĂŽle est dâobserver les visites et dâintervenir si la sĂ©curitĂ© des enfants est en jeu. Elle offre aussi des conseils aux parents.
[330] Elle a supervisé 5 visites de 7 heures entre juillet 2015 et septembre 2015 alors que les parents étaient ensemble. Par la suite, elle a supervisé 24 visites avec la mÚre seule.
[331] Le témoin fournit les détails suivants en ce qui a trait les visites impliquant les 2 parents :
Les visites avaient lieu au bureau de la Société, dans la communauté et à la résidence;
Les parents Ă©taient ponctuels et nâont pas manquĂ© de visite;
La mĂšre sâoccupait plus de la discipline; elle utilisait le « time out » ou la menace du « time out »; parfois elle tenait la main de lâenfant en marchant comme technique; elle nâĂ©tait pas constante dans son approche; les enfants nâavaient pas toujours les mĂȘmes consĂ©quences; la mĂšre chatouillait plutĂŽt lâenfant au lieu du « time out »;
Les parents regardaient les enfants jouer plutĂŽt que participer;
Il y avait plus dâinteractions entre la mĂšre et les enfants, soit des becs et des caresses; T.P. repoussait le pĂšre;
Elle a dû intervenir à quelques reprises puisque les enfants étaient à risque :
J.P. marchait derriĂšre les parents lors dâune marche;
T.P. sâamuse avec une tondeuse et canisse Ă essence Ă lâextĂ©rieur;
J.P. essuie sa fourchette sur une poubelle;
La mĂšre lui demande de surveiller les enfants pour quâelle puisse aller Ă la salle de bain; elle doit apprendre Ă se dĂ©brouiller;
J.P. qui monte sur une chaise lors dâune visite Ă lâagence.
Elle note un incident oĂč le pĂšre est passĂ© prĂšs de T.P. qui Ă©tait par terre et pleurait, sans le consoler;
Les parents sont trĂšs impatients entre eux;
Lâenfant N.P. demande Ă son pĂšre de se calmer; le pĂšre Ă©tait trĂšs Ă©nervĂ©; la mĂšre place la main sur la bouche du pĂšre pour que la visite demeure positive.
[332] Elle décrit les comportements des enfants comme suit :
N.P.
Il sacre;
Il lance des objets;
Il crache;
Il pousse les autres.
J.P.
Il sacre;
Il donne des coups;
Il pousse les autres.
T.P.
Il imitait ses frĂšres;
Il crachait.
[333] Les enfants se frappaient entre eux. Ils frappaient aussi les parents.
[334] En ce qui a trait les parents :
PĂšre F.P.
Il est trĂšs difficile;
Elle ne veut pas ĂȘtre seule avec lui;
Il est trÚs impulsif et négatif;
Il perd patience et dit quâil est déçu et tannĂ© du comportement des enfants;
Il a crachĂ© lors dâune visite.
MĂšre E.P.
Elle donne plus dâaffection;
Elle perd patience;
Elle sâexaspĂšre devant les enfants en soupirant;
Elle fait des commentaires nĂ©gatifs Ă lâeffet quâelle est tannĂ©e du comportement des enfants.
[335] Le témoin affirme que les visites de la mÚre furent semblables aux visites avec les 2 parents.
[336] La mĂšre demeure non constante dans sa discipline. Elle nâest pas consĂ©quente. Parfois elle joue avec les enfants, mais le plus souvent elle les regarde jouer. Elle nâorganise pas dâactivitĂ©s pour les enfants. Le tĂ©moin offre des exemples oĂč les enfants nâĂ©coutaient pas les consignes rĂ©sultant en des situations chaotiques.
[337] Elle explique que la mĂšre lui a demandĂ© Ă plusieurs reprises de ne pas intervenir afin de maintenir son autoritĂ© devant les enfants. Or, elle note des incidents oĂč la mĂšre nâa pas intervenue :
J.P. qui a grimpé sur la cuisiniÚre;
J.P. qui flatte les fesses de son frĂšre N.P.;
Les enfants qui se frappent;
Les enfants qui baissent leur pantalon;
T.P. qui sâest sauvĂ© Ă la pataugeuse alors que la mĂšre Ă©tait aux prises avec J.P. en crise; elle ne savait pas ou T.P. se trouvait.
[338] Elle décrit les situations suivantes :
En juin 2016; les enfants J.P. et N.P. se sont sauvĂ©s; ils nâĂ©coutaient pas; la mĂšre a pleurĂ© en disant « allez voir quelquâun dâautre »; J.P. pleurait et Ă©tait triste pour sa mĂšre;
J.P. qui jouait dans du jus de poulet crut et E.P. lui aurait dit « âŠcontinu tu vas ĂȘtre malade »;
Lors dâune visite en communautĂ©, lâenfant J.P. a fait une crise oĂč il criait, sacrait, crachait et donnait des coups de pied; la mĂšre a dĂ» courir aprĂšs lui; le pĂšre est apparu; les parents se sont disputĂ©s devant les enfants; les parents ont sacrĂ©.
[339] Le tĂ©moin est dâavis que le comportement des enfants est semblable au moment oĂč les parents Ă©taient ensemble. Par exemple, ils sacrent, utilisent un langage vulgaire, lacent des objets et montrent leur pĂ©nis. La mĂšre doit retenir les enfants lors de crises.
[340] Lors de la visite de juillet 2016, J.P. ne voulait pas voir sa mÚre. Il aurait appelé sa mÚre de « grosse bitch » et lui a dit « je veux pu te voir ».
[341] Elle offre les commentaires suivants sur la mĂšre :
Elle donne de lâaffection;
Elle est trÚs généreuse;
Elle apporte des cadeaux pour les enfants;
Elle est ponctuelle;
Elle nâa pas peur de parler; elle nâĂ©coute pas toujours les conseils;
Elle est impulsive avec les enfants;
Elle réagit fortement;
Elle utilise des paroles négatives;
Elle crie aprĂšs les enfants.
[342] Elle explique avoir tĂ©moignĂ© le comportement du pĂšre F.P. du 25 novembre 2015 au bureau de la SociĂ©tĂ©. Il sâagissait dâune visite oĂč le Docteur Van Gijseghem Ă©tait prĂ©sent pour lâĂ©valuation. Elle note ce qui suit :
Le pĂšre dĂ©montrait beaucoup dâagressivitĂ© envers les enfants;
Il était impatient; il a lancé un papier dans une poubelle;
Il aurait brusquement lancé N.P. 2 à 3 pieds sur le divan;
Il sautillait sur place et serrait les poings;
Il était trÚs énervé;
Lorsque lâenfant N.P. lui demande pourquoi il doit quitter, il aurait rĂ©pondu « câest de ta faute⊠»;
J.P. et T.P. sacraient beaucoup;
N.P. a dit quâil Ă©tait pour couper le pĂ©nis de son frĂšre;
Le pÚre aurait dit « je ne peux pas tout gérer sacramant ».
[343] De façon gĂ©nĂ©rale, le tĂ©moin est dâaccord avec la suggestion de lâavocat de lâintimĂ©e mĂšre que cette derniĂšre a, Ă lâoccasion, agi de façon appropriĂ©e et positive en rĂ©ponse aux comportements des enfants. Lâavocat note des exemples avec lesquelles elle est dâaccord, dont :
Le 27 novembre 2015, la mĂšre donne un « high five » Ă T.S. lorsquâil dĂ©pose sa couche dans la poubelle;
Le 10 dĂ©cembre 2015, la mĂšre sâest bien assurĂ©e de la sĂ©curitĂ© des enfants lors dâune marche; elle avait clairement expliquĂ© la consigne;
Le 17 décembre 2015, la mÚre félicite J.P. qui avait bien mangé;
Le 21 dĂ©cembre 2015, elle remercie N.P. dâavoir rangĂ© les jouets;
Le 7 janvier 2016, la mĂšre fĂ©licite les enfants dâĂȘtre restĂ©s assis comme des grands pendant un film; Ă la mĂȘme date, elle demande que les culottes de neige soient apportĂ©es lors des visites pour quâils puissent jouer dehors;
Le 14 janvier 2016, la mĂšre dit Ă lâenfant dâarrĂȘter de sacrer sinon il va avoir un « time out »;
Le 17 mars 2016, la mĂšre fait des rĂšglements de marche; J.P. et N.P. marchaient main dans la main.
[344] Elle rĂ©itĂšre toutefois les aspects nĂ©gatifs dans le cadre du contre-interrogatoire, câest-Ă -dire :
Elle a fait preuve dâimpatience et elle est nĂ©gative lors de 18 des 24 visites;
Elle nâoffre pas dâactivitĂ©s stimulantes pour les enfants;
Lâagente a dĂ» intervenir Ă plusieurs reprises par crainte pour la sĂ©curitĂ© des enfants;
Elle est incapable de sâoccuper des 3 enfants en mĂȘme temps;
Elle est impulsive;
Elle nâest pas consistante et consĂ©quente avec les enfants;
Parfois elle crie pour dire aux enfants de ne pas crier.
[345] Elle affirme quâelle a travaillĂ© avec la mĂšre sur ces points. Elle lui donnait des conseils. Elle affirme lui avoir dit pendant une annĂ©e et il nây a pas eu de changement.
Carl Aubin
[346] Carl Aubin est agent dâintĂ©gration communautaire avec la SociĂ©tĂ©. Son rĂŽle premier dans cette affaire fut de superviser les visites entre les enfants, le pĂšre F.P. et les grands-parents.
[347] Il note aussi avoir accompagné Lynn Castonguay lors de cessions Triple P avec les parents. Ces derniers ont complété 2 cessions sur 4.
[348] Il indique avoir supervisĂ© 16 visites depuis le 18 septembre 2015. Jusquâau 16 fĂ©vrier 2016, le pĂšre avait 2 visites dâune heure et demie par mois. Par la suite, les visites ont Ă©tĂ© rĂ©duites Ă 1 par mois.
[349] Les visites se sont déroulées à la résidence des grands-parents sauf pour 3 visites au bureau de la Société.
[350] Le tĂ©moin est dâavis que les visites nâont pas changĂ© depuis septembre 2015. Il note quâĂ plusieurs reprises il a dĂ» intervenir lors des visites, et ce, mĂȘme en prĂ©sence du pĂšre, du grand-pĂšre et de la grand-mĂšre.
[351] Il qualifie le pĂšre de gentil et capable de veiller aux besoins de base des enfants. Il rĂ©agit trĂšs fort et est impulsif. Il regrette ses agissements par la suite. De plus, il souffre dâanxiĂ©tĂ© sociale. Il conclut que le pĂšre nâa pas changĂ©.
[352] Le grand-pĂšre est bien intentionnĂ© envers les enfants. Il supporte bien son fils. Toutefois, ceci nâĂ©tait pas suffisant puisquâil a dĂ» intervenir Ă plusieurs reprises. Il le dĂ©crit comme en grand-papa « gĂąteau ».
[353] La grand-mÚre est gentille et accueillante. Elle est douce de nature. Toutefois, elle est amorphe. Elle semble fatiguée. Elle est souvent assise sur le divan. Elle interagit verbalement avec les enfants.
[354] Il décrit les enfants comme suit :
N.P.
Il y a eu des changements en vieillissant;
Il sâamĂ©liore;
Il est moins colérique.
J.P.
Il est le plus « énervé »;
Il est attachant, bouffon;
Il veut tout toucher;
Souvent besoin dâĂȘtre redirigĂ©;
Il pleure souvent.
T.P.
Il est plus dans lâombre;
Il suit ses frĂšres;
Se fait bousculer et se relĂšve;
Il est souriant.
[355] Le tĂ©moin fournit les dĂ©tails suivants pour expliquer quâil devait intervenir pour assurer la sĂ©curitĂ© des enfants lors des visites :
Il dĂ©crit une visite en juin 2016 oĂč le pĂšre Ă©tait seul avec les enfants; J.P. a frappĂ© T.P. sur la tĂȘte avec un jouet; le pĂšre a bien intervenu, mais par la suite, les enfants ne suivaient pas les consignes; J.P. a glissĂ© et sâest frappĂ© la tĂȘte; lâintervenant a du consoler lâenfant puisque le pĂšre Ă©tait incapable; le pĂšre sâest mis Ă pleurer;
Le 13 novembre 2015, N.P. a pris une corde et a tentĂ© dâĂ©touffer son frĂšre; le grand-pĂšre a intervenu par la suite; le pĂšre a criĂ©;
Lors de la derniĂšre visite, J.P. se dirigeait vers la rue;
J.P. lançait du yogourt sur le véhicule de son grand-pÚre;
N.P. a touché les seins de sa grand-mÚre et cette derniÚre lui dit non sur un ton doux; il a répété le geste;
N.P. ne voulait pas quitter et mettre son manteau Ă la fin dâune visite; le pĂšre a commencĂ© Ă crier; par la suite le pĂšre a calmĂ© lâenfant en lui donnant des biscuits.
[356] Il explique que les visites sont trĂšs mouvementĂ©es. Lâenfant J.P. doit ĂȘtre constamment redirigĂ©. Il veut toucher Ă tout. Il y a peu de discipline. Les enfants sacraient et se disputaient entre eux. Les enfants ont parfois montrĂ© leurs parties gĂ©nitales. Le grand-pĂšre et le pĂšre intervenaient dans un tel cas.
[357] Les visites Ă©taient semblables. Elles Ă©taient centrĂ©es sur le jeu. Elles Ă©taient plus difficiles en lâabsence du grand-pĂšre.
[358] Le tĂ©moin explique quâil sâattendait Ă plus du pĂšre, soit :
Lâusage dâune technique autre que le redirigement verbal lorsque les enfants Ă©taient brusques entre eux; par un exemple, la technique du « quiet time »;
Ă lâoccasion le pĂšre jouait avec les enfants; il nây avait pas de jeux pour les stimuler;
Il nây avait pas dâactivitĂ©s de prĂ©vues;
Il jouait avec les enfants pour une courte pĂ©riode de temps; il fait le mĂȘme commentaire concernant le grand-pĂšre.
[359] Il affirme quâil rencontrait le pĂšre suite aux visites afin de lui offrir des conseils. F.P. rĂ©agissait normalement bien aux conseils. Toutefois, il est dâavis que le pĂšre applique peu de techniques enseignĂ©es dans le programme Triple P.
[360] Il soulĂšve certains comportements avec le pĂšre :
Lors de la derniĂšre visite, F.P. a fait certains commentaires Ă lâenfant N.P. Ă lâeffet que sa mĂšre avait tuĂ© un enfantâŠque câest la faute Ă la mĂšre si la SociĂ©tĂ© ne veut pas que soi ensemble; F.P. aurait indiquĂ© quâil avait dit la vĂ©ritĂ© Ă son fils;
Le 10 décembre 2015, F.P. dit avoir des idées « noires » suite à la séparation; un plan de sécurité est fait avec les grands-parents;
F.P. affirme que lâAIC Leroux exagĂšre lorsquâelle dit lâavoir vu pousser lâenfant N.P.;
Lors de la visite de juillet 2016, F.P. est devenu brusque puisquâil voulait ĂȘtre Ă lâextĂ©rieur en raison de son anxiĂ©tĂ©.
[361] Clairement, le pĂšre donne beaucoup dâaffection aux enfants. Les enfants N.P. et T.P. sont rĂ©ceptifs Ă cette affection. Il semble toutefois que lâenfant J.P. repousse le pĂšre.
[362] Les enfants réagissent bien face aux grands-parents.
[363] En contre-interrogatoire, le tĂ©moin confirme que le pĂšre semble aimer ses enfants. De plus, il nâa jamais vu F.P., R.P. et L.P., consommer de lâalcool.
[364] F.P. a confirmé avoir quitté la résidence des grands-parents en mai 2016.
[365] Il reconnait que le pÚre a des habilités de base. Le grand-pÚre offre son support.
[366] De plus, il note que le pĂšre et le grand-pĂšre interviennent pour sĂ©parer les enfants. Par exemple, le 28 juin 2016, lâenfant J.P. ne veut pas que son frĂšre soit prĂ©sent et le frappe Ă la tĂȘte avec un jouet. Le pĂšre est intervenu.
[367] De plus, le pÚre a joué dans un carré de sable avec les enfants.
[368] Il dĂ©crit ses observations lors de la visite quâil a supervisĂ©e Ă lâĂ©tĂ© 2015 avec les 2 parents en remplacement de lâAIC Leroux. Il note ce qui suit :
Le pÚre fait la majorité des redirigements;
La mĂšre Ă©tait Ă lâintĂ©rieur Ă prĂ©parer le diner;
La maison était propre;
Il nây avait pas dâalcool;
Il ne se souvient pas dâavoir vu des jouets Ă lâintĂ©rieur; il y avait des jouets Ă lâextĂ©rieur;
Les enfants avaient sacré;
Il nâa pas entendu E.P. sacrĂ©; elle nâavait pas fait de gestes Ă©rotiques;
Il décrit le tout comme une heure trÚs mouvementée;
Il nâavait pas dâinquiĂ©tude selon ses observations.
[369] Il est dâaccord que les visites Ă lâextĂ©rieur avec le pĂšre sont plus faciles puisque la rĂ©sidence des grands-parents est petite. Les visites Ă la SociĂ©tĂ© sont Ă lâextĂ©rieur oĂč il y a une structure de jeux. Il ne croĂźt pas que les enfants soient plus heureux Ă lâextĂ©rieur.
[370] Le tĂ©moin est questionnĂ© sur les circonstances oĂč les enfants ont exhibĂ© leur pĂ©nis. N.P. est sorti de la salle de bain et montre spontanĂ©ment son pĂ©nis Ă ses frĂšres. J.P. a spontanĂ©ment montrĂ© son pĂ©nis au salon. Le pĂšre et le grand-pĂšre sont intervenus en expliquant« on montre pas son pĂ©nis ».
Julien Paquette
[371] Julien Paquette est intervenant avec la SociĂ©tĂ©. Il Ă©tait prĂ©posĂ© Ă la protection de lâenfance jusquâen avril 2016. Ses tĂąches comprenaient lâĂ©valuation de placement dâun enfant avec un membre de la famille, câest-Ă -dire, « kinship ».
[372] Le 18 fĂ©vrier 2016, on lui demande dâĂ©valuer les grands-parents, R.P. et L.P. comme plan de soin pour lâenfant N.P.
[373] Ce dernier explique quâun tel exercice exige le respect de normes provinciales. Il note ce qui suit :
Il rencontre les individus qui offrent le plan;
Il questionne lâenfant sur ses prĂ©fĂ©rences;
Regarde les interactions entre lâenfant et la personne proposĂ©e;
Il se penche sur les questions suivantes :
La discipline;
Capacité de répondre aux besoins;
Lâabus de substance;
La violence;
La santé;
Le milieu physique;
Casier judiciaire;
Historique de protection.
[374] Lâintervenant a produit 2 rapports dans cette enquĂȘte, soit un rapport prĂ©liminaire le 5 avril 2016 (piĂšce #13 au procĂšs) et un rapport final le 25 aoĂ»t 2016 (piĂšce #14 au procĂšs).
[375] Il témoigne avoir rencontré les grands-parents à 3 reprises. Il fournit les détails suivants sur ces rencontres :
10 mars 2016
Les grands-parents répondent à un questionnaire;
Ils signent des consentements permettant lâaccĂšs Ă des renseignements personnels;
Ils ne lui ont pas parlé de stratégie de discipline;
La grand-mĂšre affirme ĂȘtre en bonne santĂ©;
Ils indiquent ne pas consommer dâalcool depuis 2015 sauf pour une journĂ©e pendant les fĂȘtes; ils acceptent de participer Ă un test de dĂ©pistage.
22 mars 2016
Il sâagissait dâune visite avec les 3 enfants; le pĂšre F.P. est prĂ©sent;
Le pĂšre F.P. et le grand-pĂšre R.P. sâoccupent des enfants;
La grand-mĂšre L.P. est assise sur le divan; il note quâelle ne semble pas en trĂšs bonne santĂ©; elle se dĂ©place lentement; elle est amorphe;
La résidence contient 2 chambres à coucher et est propre;
Le grand-pĂšre sort jouer Ă lâextĂ©rieur; la surveillance est Ă©troite.
24 mai 2016
Les Ă©chantillons dâongle du grand-pĂšre fournis le 10 mai 2016 ont rĂ©vĂ©lĂ© un taux dâalcool de 54 pg/mg; le rapport du laboratoire (dĂ©posĂ© comme piĂšce #16) explique que ceci couvre une pĂ©riode de 90 jours; de plus, le tĂ©moin indique que selon le laboratoire, un tel taux dĂ©note une consommation excessive; les avocats ne sâopposent pas Ă la recevabilitĂ© de cette preuve;
Le test de la grand-mÚre est négatif;
Le grand-pĂšre indique quâil avait consommĂ© 2-3 biĂšres lors dâune fĂȘte de famille Ă la fin janvier; il insiste quâun tel rĂ©sultat est impossible;
Le grand-pĂšre corrige la grand-mĂšre lorsquâelle indique ne pas avoir consommĂ© de lâalcool; il lui rappelle quâelle avait bu 2 « coolers » lors de cette rencontre.
30 août 2016
Il a avisĂ© le grand-pĂšre quâil ne supportait pas son plan de soin;
Ce dernier Ă©tait déçu et a indiquĂ© quâil Ă©tait capable;
Il nie avoir un problĂšme dâalcool et quâil contesterait les rĂ©sultats.
[376] Le médecin des grands-parents, le docteur Quenneville, confirme que ces derniers sont en bonne santé.
[377] La grand-mĂšre a les problĂšmes suivants :
Glande thyroĂŻde;
Cholestérol;
Elle est sur une pension dâinvaliditĂ© en raison dâun trouble dâanxiĂ©tĂ© sociale; elle ne peut pas travailler;
Elle a un problĂšme dâordre Ă©motif;
Elle prend des médicaments.
[378] LâenquĂȘte a aussi rĂ©vĂ©lĂ© que les grands-parents nâavaient pas dâantĂ©cĂ©dents judiciaires et dâhistorique de protection.
[379] Le témoin explique avoir discuté de cette affaire avec Julie Potvin, Carl Aubin et le Docteur Van Gijseghem.
[380] En bout de ligne, le tĂ©moin est dâavis que le plan des grands-parents doit ĂȘtre refusĂ©. Il conclut son rapport final du 25 aoĂ»t 2016 comme suit :
« Conclusion :
LâĂ©valuation soulĂšve des forces chez les grands-parents. Entre autres, ils ont un bon lien avec N.P. et lâenfant semble attachĂ© Ă ceux-ci. Ils connaissent lâenfant depuis sa naissance et ont Ă©tĂ© impliquĂ©s Ă©troitement avec lui et sa famille. De plus, les grands-parents semblent en moyen de satisfaire les besoins de base de lâenfant. LâĂ©valuation du psychologue note ces faits aussi. De mĂȘme, suite Ă son Ă©valuation, le psychologue recommande que la garde de N.P. soit octroyĂ©e au grand-pĂšre. Par contre, comme lâintervenant, le psychologue souligne des inquiĂ©tudes concernant la grand-mĂšre. Celui-ci indique que la grand-mĂšre est dĂ©pendante du grand-pĂšre et que le rĂŽle parental envers N.P. reviendrait entiĂšrement Ă celui-ci et non Ă elle.
Inconnu du psychologue Ă lâĂ©poque, le grand-pĂšre test positif pour une consommation excessive dâalcool. Ce facteur est trĂšs important, considĂ©rant les besoins particuliers de N.P. Lâenfant a besoin dâun parent qui est en mesure de bien satisfaire ses besoins Ă tous les niveaux, et en tout temps. MĂȘme si le grand-pĂšre adresse prĂ©sentement sa consommation dâalcool, le risque de rĂ©cidive est prĂ©occupant. Ce qui est aussi inquiĂ©tant est que le grand-pĂšre nie sa consommation dâalcool, disant quâil a seulement consommĂ© Ă une reprise, deux Ă trois biĂšres. Vient sâajouter Ă cette inquiĂ©tude dâhonnĂȘtetĂ© est que les grands-parents, nâont jamais dĂ©noncĂ© Ă la SociĂ©tĂ©, aucune prĂ©occupation quant aux soins que les parents offraient aux enfants et lâexposition Ă la violence quâils vivaient, alors quâil Ă©tait trĂšs prĂ©sent auprĂšs de la famille. Donc, les grands-parents pourraient-ils bien protĂ©ger N.P.?
Ainsi, le plan proposĂ© par les grands-parents pour la garde de N.P. est refusĂ©. Cependant, lâintervenant juge que ceux-ci devraient jouer un rĂŽle important dans la vie de lâenfant, au niveau de son identitĂ© et de son appartenance, et quâils pourraient avoir une certaine prĂ©sence dans sa vie. »
[381] En contre-interrogatoire, le tĂ©moin est dâaccord avec la suggestion quâaucun intervenant nâaurait observĂ© les grands-parents consommer de lâalcool.
[382] Il explique aussi pourquoi il nâa jamais rencontrĂ© lâenfant N.P. seul afin de lâinterroger. Il a jugĂ© quâil Ă©tait trop jeune. Il ne voulait pas le perturber. Il a prĂ©fĂ©rĂ© lâobserver lors dâune visite.
[383] Puisquâil nâa jamais observĂ© les grands-parents seuls avec lâenfant N.P., il ne peut pas confirmer lâabsence de problĂšmes de discipline.
[384] Finalement, il confirme que le plan Ă©tait de placer lâenfant sous les soins du grand-pĂšre avant le rĂ©sultat du test de dĂ©pistage pour lâalcool. Cette problĂ©matique est une grande inquiĂ©tude et a fait en sorte que le plan a changĂ©.
Nancy Wylie
[385] Nancy Wylie est Ă lâemploi de la SociĂ©tĂ© comme intervenante en adoption. Son rĂŽle est dâĂ©laborer un plan dâadoption parallĂšle dans lâĂ©ventualitĂ© oĂč un enfant ne puisse ĂȘtre retournĂ© aux parents.
[386] Ă cette fin, elle :
Ăvalue les familles adoptives;
Associe ou jumĂšle lâenfant avec une famille;
Développe un plan de permanence;
Offre des ateliers aux parents en vue dâadoption.
[387] Elle affirme avoir rencontrĂ© les 3 enfants Ă quelques reprises. Ces derniers demeurent sĂ©parĂ©ment au sein de familles Ă double statut, câest-Ă -dire, un foyer dâaccueil offrant une possibilitĂ© dâadoption. N.P. sây trouve depuis le 3 juin 2016, J.P. le 15 juillet 2016 et T.P., le 27 juin 2016.
[388] Le tĂ©moin confirme que ces foyers ont exprimĂ© la volontĂ© dâadopter les enfants. En fait, un de ceux-ci a proposĂ© dâadopter les 3 ensemble.
[389] Elle explique que la dĂ©cision de la SociĂ©tĂ© de faire demande pour une tutelle de la Couronne fut prise par le ComitĂ© de planification Ă la permanence. Il sâagit dâun comitĂ© qui consulte les parents, les intervenants, la direction et les avocats.
[390] La SociĂ©tĂ© est dâavis quâil ne doit pas y avoir accĂšs aux parents biologiques afin dâassurer une stabilitĂ© aux enfants.
[391] En contre-interrogatoire, elle indique quâelle ne visite pas les enfants dans les foyers dâaccueil. Elle note quâil y a encore certaines difficultĂ©s, mais quâelle sâest assurĂ© que les parents adoptifs proposĂ©s Ă©taient prĂȘts.
[392] Finalement, elle confirme que la SociĂ©tĂ© Ă©tudie la possibilitĂ© de faire adopter les 3 enfants dans un mĂȘme foyer. Lâopinion du Docteur Van Gijseghem a Ă©tĂ© demandĂ©e sur cette question.
D.E.
[393] D.E. est enseignante en autorĂ©gulation Ă lâĂ©cole primaire que frĂ©quente lâenfant N.P. Son rĂŽle est de lâappuyer en raison de ses lacunes aux niveaux habilitĂ©s sociales.
[394] Elle explique que N.P. est intégré dans une classe réguliÚre depuis le début des classes le 29 août 2016.
[395] Ses observations la porte Ă la conclusion quâil se comporte bien en classe. Elle offre les commentaires suivants :
Il semble heureux;
Il est de bonne humeur;
Il est trĂšs social;
Il participe aux activités;
Il a du travail Ă faire au point de vue acadĂ©mique, soit les chiffres et lâalphabĂšte;
Il nâa pas dĂ©montrĂ© aucun signe de violence;
Il se dirige de plus en plus vers les autres enfants;
Il a besoin dâappui pour lâexpression de ses Ă©motions;
Elle nâa pas observĂ© dâexplosion dâĂ©motions; il tend plutĂŽt Ă se renfermer;
Il nâa pas Ă©tĂ© sorti de la classe Ă cause de son comportement.
[396] En contre-interrogatoire, elle indique que la mĂšre dâaccueil lui avait demandĂ© la lettre qui fut dĂ©posĂ©e comme piĂšce #12. Elle ne se souvient pas de la raison pour cette demande. Elle ne discute pas de la procĂ©dure en Cour avec les parents dâaccueil.
[397] Le tĂ©moin affirme quâelle ne fait que prĂ©senter ses observations. Elle agit de façon professionnelle et elle nâest pas biaisĂ©e dans cette affaire.
[398] Elle note que N.P. est dérangé par des petits détails comme :
Des miettes sur un pupitre;
Son crayon qui nâest pas assez pointu;
Ses pantalons qui sont trop serrés ou pas assez serrés.
Il semble fixĂ© sur de tels petits dĂ©tails. Il est rĂ©ceptif et revient Ă la tĂąche assez rapidement lorsquâon lui explique que ce nâest pas grave.
[399] Elle confirme que N.P. est mĂ©dicamentĂ©, mais quâelle nâest pas en mesure de qualifier lâeffet. Les mĂ©dicaments ne sont pas administrĂ©s Ă lâĂ©cole.
[400] Il semble quâil ne sacre pas sauf pour avoir utilisĂ© le mot « maudit » Ă une reprise.
[401] Au dĂ©but il ne jouait pas avec les autres enfants, mais il joue de plus en plus avec eux. Il partage relativement bien. Elle ne lâa pas vu lancer des jouets.
[402] Elle le dĂ©crit comme Ă©tant gĂ©nĂ©ralement de bonne humeur. Il semble bien aimer lâĂ©cole.
Karine Martel
[403] Karine Martel est intervenante avec la SociĂ©tĂ©. Elle connaĂźt E.P. depuis le [âŠ] 2010 lors de la naissance de lâenfant N.P. Elle explique avoir Ă©tĂ© impliquĂ©e avec les parents E.P. et F.P. pour deux mois, soit jusquâau 23 septembre 2010. Le dossier fut transfĂ©rĂ© Ă une intervenante Ă long terme.
[404] Le tĂ©moin explique que la SociĂ©tĂ© avait dĂ©cidĂ© de judiciariser cette matiĂšre en raison de lâhistorique.
[405] Elle note que le 19 juillet 2010, la mĂšre E.P. avait niĂ© avoir consommĂ© de la marijuana durant la grossesse. Un test de dĂ©pistage confirme le contraire le 21 juillet 2010, E.P. admet sa consommation Ă cette mĂȘme date.
[406] Elle la décrit en termes relativement positifs durant cette période de deux mois. Elle fournit les détails suivants :
Elle semblait vouloir ĂȘtre maman;
Elle semblait avoir maturé;
Elle nâavait pas de comportement dĂ©linquant;
Une note confirmait que les vaccins de lâenfant Ă©taient Ă jour;
La résidence était petite, mais propre;
Les parents fumaient Ă lâextĂ©rieur;
Il y avait des couches et le strict nécessaire;
Elle dĂ©montrait de lâaffection envers lâenfant;
Elle a mentionné avoir suivi des cours prénataux;
Elle collaborait bien;
Elle Ă©tait ouverte Ă lâaide;
Elle subvenait bien aux besoins de lâenfant;
Les parents avaient accepté de faire un suivi en toxicomanie en octobre 2010;
Les parents disaient avoir une bonne relation sans conflit;
Elle semblait heureuse.
[407] Elle décrit aussi le pÚre F.P. de façon positive :
Il exprimait lâintention de lĂącher de consommer;
Il semblait Ă lâaise avec lâenfant;
Il a bien collaboré.
[408] Suite Ăš son implication dans ce dossier, lâintervenante indique quâelle a croisĂ© E.P. Ă quelques reprises chez Walmart oĂč elle travaillait. Elle Ă©tait contente quâE.P. sâĂ©tait trouvĂ© un travail. Elle lui donnait des nouvelles.
[409] Le tĂ©moin affirme avoir de nouveau Ă©tĂ© impliquĂ© Ă titre dâintervenante avec la mĂšre le 31 aoĂ»t 2016 relativement Ă lâenfant T.L.
[410] Elle décrit encore la mÚre en termes positifs :
Elle a collaboré avec eux;
Elle a encouragé M.L. à collaborer;
Elle semblait forte au chevet de son fils qui ultimement est décédé; elle avait gardé espoir;
Elle a indiquĂ© quâelle Ă©tait prĂȘte Ă coopĂ©rer.
[411] Lâintervenante a aussi rencontrĂ© M.L. Elle le dĂ©crit comme suit :
Il est réservé et anxieux;
A acceptĂ© de rencontrer lâintervenant Michel Chauvin;
Il a partagé son passé criminel;
Il ne cache pas quâil consomme de la marijuana rĂ©guliĂšrement;
Il parlait de lĂącher sa consommation;
Il refuse un test de dépistage;
Affirme quâil veut coopĂ©rer et comprend lâimportance de coopĂ©rer.
[412] Le 15 septembre 2016, le tĂ©moin a supervisĂ© une visite de la mĂšre avec les trois enfants. Elle dit quâil est difficile de fournir une opinion sur la capacitĂ© dâE.P. Ă partir de cette seule observation.
[413] Il sâagissait toutefois dâune belle visite. Elle est dâavis quâE.P. a bien rĂ©agi et intervenu face aux comportements des enfants. Elle Ă©tait en mesure de gĂ©rer. Elle nâa pas Ă©tĂ© incohĂ©rente. Les points positifs suivants sont notĂ©s :
E.P. initiait des jeux;
Les enfants dĂ©montraient de lâaffection envers elle;
Ce fut difficile de partir pour les enfants;
Elle est demeurĂ©e calme lorsque lâenfant J.P. a lancĂ© un soulier et fait une crise;
Elle avise J.P. quâil aura une consĂ©quence lorsquâil donne un coup Ă la tĂȘte de son frĂšre T.P.; J.P. donne une caresse Ă son frĂšre;
Elle explique Ă J.P. quâil peut ĂȘtre fĂąchĂ©, mais que de donner un coup de pied au carrosse de T.P. nâest pas la façon dâagir;
Elle chatouillait T.P.
[414] En contre-interrogatoire par lâavocate de la SociĂ©tĂ©, le tĂ©moin confirme que la mĂšre E.P. avait bien collaborĂ© en 2010. Elle sâĂ©tait engagĂ©e Ă complĂ©ter des cours et des tests de dĂ©pistages. Elle suivait les directives de la SociĂ©tĂ©.
[415] Elle indique que lâenfant T.L. nâa pas Ă©tĂ© apprĂ©hendĂ© suite Ă sa naissance en septembre 2016 en raison de sa condition mĂ©dicale et le fait quâil devait demeurer Ă lâhĂŽpital.
[416] Elle ne peu commenter sur les habilitĂ©s parentales dâE.P. avec lâenfant T.L.
[417] En ce qui a trait Ă la visite du 15 septembre 2016, elle est dâavis que les enfants nâĂ©taient pas trĂšs turbulents. Ils sont actifs, mais pas hyperactifs. Ils Ă©coutaient les consignes de la mĂšre. Elle avait Ă©tabli des consignes claires.
[418] Elle indique avoir rencontrĂ© M.L. au poste de police afin dâobtenir ses antĂ©cĂ©dents judiciaires. Puisquâil nâavait pas de piĂšce dâidentitĂ©, ceux-ci nâont pas Ă©tĂ© fournis.
[419] De plus, M.L. a refusé de fournir un test de dépistage le 22 septembre 2016. La mÚre E.P. a participé à un test.
[420] E.P. lui a indiquĂ© que M.L. nâĂ©tait pas violent avec elle, et ce, tant au niveau physique que psychologique.
[421] Le tĂ©moin affirme quâE.P. a dit quâelle voudrait peut-ĂȘtre sâenlever la vie si elle perd ses enfants. La SociĂ©tĂ© est inquiĂšte et lui a suggĂ©rĂ© de se prĂ©senter au Centre de SantĂ© Mentale. Une rĂ©fĂ©rence a Ă©tĂ© envoyĂ©e.
[422] Selon ses renseignements, une accusation pour agression sexuelle aurait Ă©tĂ© retirĂ©e contre M.L. Il appert quâil demeure avec sa mĂšre. Elle nâa pas de renseignement sur la mĂšre qui avait Ă©tĂ© proposĂ© comme kinship pour lâenfant T.L. M.L. lui aurait dit que sa mĂšre lui a demandĂ© de quitter sa rĂ©sidence la soirĂ©e prĂ©cĂ©dent lâaccouchement.
E.P.
[423] E.P. est la mĂšre biologique des 3 enfants. Elle a fait la rencontre du pĂšre F.P. en 2009. Au dĂ©but, leur relation Ă©tait bonne et ils planifiaient pour lâavenir.
[424] Elle dresse le bilan historique de son implication avec la SociĂ©tĂ©. Son premier enfant fut apprĂ©hendĂ© en 2008 suite Ă un signalement. On suggĂ©rait quâelle nâĂ©tait pas une bonne mĂšre et quâelle consommait de la drogue. Lâenfant a Ă©tĂ© adoptĂ© en 2009.
[425] Elle relate quâil y a eu des signalements tout au long de sa grossesse en 2010. Elle affirme avoir suivi toutes les recommandations et cours exigĂ©s par la SociĂ©tĂ© y compris Interaction Gagnante et service en toxicomanie. Elle a pleinement collaborĂ© avec la SociĂ©tĂ©.
[426] La Société a été impliquée de temps à autre en 2012 et 2013. Elle ouvrait et fermait le dossier. Il y avait des signalements par la communauté. Sa mÚre lui a dit avoir fait un tel signalement en 2012. Elle reconnait que certaines des craintes étaient fondées dont la consommation et certaines difficultés avec ses habilités parentales. Elle a complété le cours Interaction à 3 reprises. Elle appliquait les techniques.
[427] En 2015, ils avaient demandĂ© de lâaide Ă la SociĂ©tĂ© avec lâenfant N.P. Ils recherchaient seulement du rĂ©pit et non un placement. Ils voulaient du rĂ©pit pour rĂ©cupĂ©rer. Elle a demandĂ© de lâaide puisquâelle savait que N.P. avait des problĂšmes. Elle nie que lâenfant avait Ă©tĂ© sujet de maux physiques. Elle explique quâun enfant tombe et peut se blesser. Elle nâa pas Ă©tĂ© nĂ©gligente. Ils avaient fait ce qui Ă©tait nĂ©cessaire pour lâenfant. Il avait de la nourriture.
[428] E.P. rejette la suggestion de la SociĂ©tĂ© quâelle a fait preuve de manque de jugement en raison de son travail. Elle aime travailler puisque câest valorisant et lui permet de socialiser. Sa lui permet aussi de gagner de lâargent. Elle Ă©tait la seule Ă travailler. De plus, F.P. est le pĂšre des enfants et elle nâavait pas dâinquiĂ©tude avec lui.
[429] E.P. tĂ©moigne avoir pris connaissance des signalements non justifiĂ©s de sa mĂšre C.C. lors du procĂšs. Cette derniĂšre ne lui a jamais rien suggĂ©rĂ©. Elle admet quâils perdaient parfois patience mais sans plus.
[430] Elle ne comprend pas les gestes de sa mĂšre ni son but. Elle avait confiance. C.C. ne lui a jamais fait part de ses inquiĂ©tudes. Elle explique que sa mĂšre prend des mĂ©dicaments et quâelle trouve des dĂ©fauts Ă tout le monde lorsquâelle ne les prend pas. Elle devient dĂ©pressive et nĂ©gative. Elle essaie de trouver des « bĂ©bittes » et veut se donner de lâimportance.
[431] E.P. offre la preuve suivante en réponse aux inquiétudes soulevées par la Société :
Difficultés à gérer le comportement des enfants
Elle reconnaĂźt quâil y a eu certaines difficultĂ©s;
La situation devenait parfois « overwhelming » avec les 3 enfants; ils perdaient patience;
Ils faisaient de leur mieux en utilisant les « time outs » et retirer les jouets;
Elle nâĂ©tait pas incapable dâintervenir;
Elle a complĂ©tĂ© sa 12e annĂ©e et elle a la capacitĂ© dâapprendre des techniques; il est difficile dâappliquer les techniques puisquâelle voit les enfants une seule fois par mois.
Consommation des parents
Sa consommation de marijuana a varié au cours des années :
Elle consommait Ă tous les jours en 2009;
Elle a cessé de consommer entre 2010 et 2012;
Elle a recommencé en petite quantité;
Elle consommait 3 fois par semaine en 2014 lorsque les enfants dormaient.
Elle a cessĂ© de consommer lorsque la SociĂ©tĂ© lui a dit quâun parent doit ĂȘtre sobre pour prendre soin dâun enfant;
F.P. consommait 4 Ă 5 fois par semaine Ă lâextĂ©rieur;
Ils ne consommaient pas en présence des enfants.
Haut niveau de stress de parents
Par moment, il y avait un haut niveau de stress; elle travaillait et il y avait les 3 enfants; ceci augmentait le stress Ă la longue;
Les enfants Ă©taient turbulents; elle nâavait pas une minute Ă elle;
Ceci ne lâempĂȘchait pas de veiller aux enfants; allait bien en gĂ©nĂ©ral; elle se calmait.
Tendance colérique
Elle reconnaĂźt quâĂ lâoccasion elle devenait colĂ©rique en prĂ©sence des enfants;
Elle indique quâĂ lâoccasion sâĂ©tait explosif; elle levait le ton;
Elle se calmait parfois.
Discipline des enfants
Ils demandaient aux enfants de se calmer; des temps de réflexion, enlever un jouet; tenir la main;
Jamais utiliser de la violence physique sauf pour lâincident oĂč F.P. a tirĂ© les cheveux et tape sur la couche;
F.P. devient plus stressĂ©; son anxiĂ©tĂ© augmente; il devient colĂ©rique Ă lâoccasion; il sacre; elle lui demandait de faire attention et de changer le ton;
Elle aussi avait les mĂȘmes maniĂšres et sacrait entre 2013 et 2015; elle fait plus attention maintenant;
Ă 3-4 reprises, la porte de chambre des enfants avait Ă©tĂ© barrĂ©e jusquâĂ ce quâils dorment; ils voulaient sâassurer quâils dorment et la cuisiniĂšre Ă©tait prĂšs de la chambre; ils ont cessĂ© de le faire.
Les enfants sous-stimulés/soins
Elle nie que les enfants étaient sous-stimulés; elle note les activités suivantes :
Casse-tĂȘtes, bricolage;
Jeux de couleur avec jouets;
Socialisaient Ă lâextĂ©rieur.
Leurs montraient les bonnes maniĂšres, ĂȘtre poli et partager;
Elle indique que lâenfant N.P. nâa pas frĂ©quentĂ© la maternelle ce qui a créé un retard;
Ils essayaient de leur mieux;
J.P. et T.P. se développaient bien;
Les enfants se brossaient les dents; elle attendait sa carte santĂ© de son travail, quâelle a reçue suite au retrait des enfants;
Elle affirme quâelle nâest pas toujours constante ou cohĂ©rente avec les enfants; elle a beaucoup de choses Ă pratiquer; elle ne complĂšte pas toujours ses interventions; elle ne consomme plus de drogue et dâalcool pour dĂ©montrer quâelle est capable;
Elle nâest plus la mĂȘme personne quand 2008.
Coopération avec la Société
Elle est dâavis quâelle a gĂ©nĂ©ralement coopĂ©rĂ© avec la SociĂ©tĂ©;
Ils avaient refusĂ© lâagent dâintĂ©gration communautaire offert par la SociĂ©tĂ©; ils avaient demandĂ© quelquâun pour lâenfant N.P.; ils ne voulaient pas de lâaide pour eux-mĂȘmes ils ont donc refusĂ©;
Elle travaillait en 2014 et 2015 et ce faisant, elle nâavait pas le temps de suivre les cours suggĂ©rĂ©s par la SociĂ©tĂ©; elle avait dâautres occupations aprĂšs son travail; elle Ă©tait tout de mĂȘme ouverte aux services;
Elle nâa pas complĂ©tĂ© le programme Triple P Pathway au moment oĂč la SociĂ©tĂ© lui a demandĂ©; toutefois, elle a complĂ©tĂ© ce cours en 2016; elle a appris des techniques parentales lui permettant dâĂ©viter les piĂšges parentaux et comment rĂ©agir de façon positive et appropriĂ©e avec les enfants selon lâĂąge; elle a utilisĂ© ces techniques durant les visites;
Elle a refusĂ© de lâaide en rapport Ă sa santĂ© mentale puisquâelle nâen voit pas lâutilitĂ©; elle ne croit pas avoir un problĂšme Ă ce niveau; elle est impulsive et rĂ©agit vite mais elle ne voit pas ceci comme un problĂšme de santĂ© mentale; elle ne comprend pas dâoĂč vient cette croyance de la part de la SociĂ©tĂ©; elle indique ĂȘtre prĂȘte maintenant Ă obtenir de lâaide pour sa santĂ© mentale;
En ce qui a trait Ă sa menace de suicide du 29 dĂ©cembre 2014, elle explique avoir Ă©tĂ© signifiĂ©e avec les documents de la SociĂ©tĂ© pour le cour; elle Ă©tait stressĂ©e; elle avait de la difficultĂ© Ă gĂ©rer le comportement des enfants; elle indique quâelle sâest maintenant « resaisi » et que les enfants ont besoin dâelle; elle a rĂ©cemment mentionnĂ© Ă lâintervenante Karine Martel quâelle perdrait le contrĂŽle si les enfants lui sont retirĂ©s; elle a des pensĂ©es noires Ă lâidĂ©e de perdre ses enfants; câest pourquoi elle a acceptĂ© dâobtenir de lâaide au Centre de SantĂ© Mentale;
Elle reconnait avoir besoin de sâamĂ©liorer; elle est prĂȘte Ă obtenir de lâaide; elle veut montrer quâelle est capable dâĂȘtre une bonne mĂšre;
Elle est un « peu dâaccord » que les enfants sont Ă risque de maux affectifs;
Elle est dâavis que la SociĂ©tĂ© ne lui a pas offert de support aprĂšs la sĂ©paration; on lui a seulement offert le programme Outreach; elle avait des visites Ă la maison jusquâĂ ce que lâenfant indique quâil voulait les visites au bureau de la SociĂ©tĂ©; il nây a eu aucune visite chez elle par la suite; la SociĂ©tĂ© ne lui a pas donnĂ© de chance; elle a essayĂ© de faire ses preuves; elle a changĂ©; elle a fait des efforts.
[432] De façon gĂ©nĂ©rale, elle nâest pas dâaccord avec les propos du Docteur Van Gijseghem. Elle offre les commentaires suivants :
Elle nie avoir fait quelque chose dâĂ©rotique avec les enfants lors de la visite observĂ©e par ce dernier;
Elle a utilisé un ton autoritaire afin de se faire écouter;
Elle ne se souvient pas dâavoir Ă©tĂ© frappĂ©e par lâenfant J.P.;
Elle ne se voit pas comme Ă©tant antisociale; elle sâentoure de gens positifs;
Elle nâa pas de problĂšme de personnalitĂ©; elle a sa propre personnalitĂ© et se voit comme Ă©tant positive; elle ne se « surĂ©value » pas; elle se sent mieux; elle a Ă©tĂ© mal interprĂ©tĂ©e par ledit mĂ©decin;
Elle nâa rien fait dâagressif; elle est agressive avec la SociĂ©tĂ©; elle est frustrĂ©e;
Il est possible que les visites soient dĂ©sorganisĂ©es puisquâelle ne voit pas les enfants souvent; les enfants sont mĂ©langĂ©s avec la routine des foyers dâaccueil;
Les enfants se sentent abandonnés; ils sont séparés et ceci crée beaucoup de stress pour eux;
Les enfants ont changĂ©; ils sont contents de la voir; ils lui donnent des caresses; ils lui disent sâennuyer dâelle; il y a un attachement;
Elle rejette la suggestion du mĂ©decin Ă lâeffet quâelle nâa pas dâhabilitĂ©s parentales; quoiquâelle a beaucoup de choses Ă apprendre, elle a de telles habilitĂ©s.
[433] E.P. est questionnĂ© sur M.L. Elle indique le connaĂźtre depuis 5-6 annĂ©es. Il est calme, respectueux et une bonne personne. Elle ne croit pas quâil est un risque pour les enfants. Au contraire, il peut lâaider avec eux et leur donner de lâamour. Lâaccusation dâagression sur une mineure avait « tombĂ© Ă lâeau ». Il nây a aucune inquiĂ©tude. Il nâa pas fait lâobjet dâaccusation depuis 5-6 annĂ©es. Il a fait des changements et nâa plus les mĂȘmes frĂ©quentations. Si possible, il demeurait avec eux. Sinon, il pourra la visiter en lâabsence des enfants.
[434] Elle demande donc le retour progressif des enfants, câest-Ă -dire, un Ă la fois. Ces derniers doivent se rĂ©habiliter Ă leur milieu. Lâordre du retour nâest pas important. Elle est dâaccord avec lâidĂ©e dâune ordonnance de surveillance par la SociĂ©tĂ©. Elle est aussi prĂȘte Ă compter sur les services communautaires.
[435] QuestionnĂ©e par lâavocat de F.P., elle confirme que ce dernier ne lâa jamais frappĂ©. De plus, elle indique que les enfants N.P. et J.P. « sont bons pour raconter des histoires ».
[436] En contre-interrogatoire par lâavocate de la SociĂ©tĂ©, elle fournit la preuve suivante:
F.P.
Il nâest pas nĂ©cessairement violent; il est devenu Ă©motionnellement abusif avec les annĂ©es; elle a Ă©tĂ© victime dâabus verbal Ă lâoccasion, il ne lâa jamais appelĂ© « bitch », « conne », « grosse vache »;
F.P. lançait des objets comme des assiettes et de la vaisselle;
Il a brisé un miroir, une chaise de cuisine et fait des trous dans les murs; les enfants étaient présents pour certains de ces gestes;
Il perdait patience quelques fois par semaine; elle le calmait pendant les visites lorsquâil devenait agressif;
Il a frappĂ© lâenfant J.P. mais pas assez fort pour lui faire mal; J.P. avait 2-3 ans;
Elle confirme que F.P. lâavait appelĂ© aprĂšs avoir perdu patience avec N.P. et lui avoir tirĂ© les cheveux; elle indique que ceci a eu lieu Ă lâautomne 2013; N.P. avait brassĂ© la couchette de son frĂšre;
Elle reconnait avoir dit Ă Julie Potvin le 3 septembre 2016 que « fait souffrir les enfants de rester avec papa »; elle affirme que câest vrai que les enfants ont souffert et que les deux sont responsables;
Elle explique que contrairement Ă ce qui ait indiquĂ© dans sa dĂ©fense, F.P. ne lâa jamais menacĂ© avant la sĂ©paration; suite Ă la sĂ©paration, il lâa menacĂ© de mort et fut accusĂ© de menace, harcĂšlement et mĂ©fait;
Elle admet avoir giflé F.P. à la figure au Tim Hortons en Novembre 2015;
F.P. lui avait communiquĂ© un message en novembre 2015 quâil planifiait de se suicider; il lui a parlĂ© de tels tentatives dans le passĂ©;
En principe elle est dâaccord que les enfants soient avec leur pĂšre dans la mesure oĂč il complĂšte un cours de gestion de colĂšre.
Son état de santé mentale
Elle explique avoir beaucoup de frustration; tant et aussi longtemps que la Société est impliquée, elle ne pourra pas traiter avec ceci;
Julie Potvin lui a demandĂ© Ă plusieurs reprises de se prĂ©senter au Centre Royal Comtois; elle est maintenant dâaccord en raison du dĂ©cĂšs de son dernier enfant; elle ne se sentait pas prĂȘte avant; elle veut y aller Ă©tape par Ă©tape;
Elle se fĂąche rapidement; elle sâest fĂąchĂ© lorsque lâintervenante lui a dit que le dossier allait ĂȘtre judiciarisĂ©;
Elle admet avoir été impliquée dans 2 incidents récentes avec les policiers :
En septembre 2016, elle sâest disputĂ© avec une dame; elle indique « jâai perdu patience ».
Une dispute avec son voisin qui lui aurait dit quâelle avait tuĂ© son fils; le voisin lâaurait pris par la gorge; ceci fut en septembre 2016.
Sa consommation
Elle indique avoir cessé toute consommation en octobre 2015.
Elle admet avoir fait 2 rechutes aprĂšs lâapprĂ©hension; elle a consommĂ© de la cocaĂŻne.
Elle indique ne jamais avoir fumĂ© de la drogue dans la rĂ©sidence comme le suggĂšre sa mĂšre C.C.; ils fumaient Ă lâextĂ©rieur.
Sa coopération avec la Société
Lâintervenante lui a souvent demandĂ© de se prĂ©senter au Centre Royal Comtois; elle ne se sentait pas prĂȘte Ă ce moment.
Elle nâa pas complĂ©tĂ© le programme Outreach suggĂ©rĂ© par lâintervenante; elle nâen voyait pas la pertinence.
Lâintervenante lui demandait de fournir des tests de dĂ©pistage.
Elle a complété le programme Interaction Gagnante à 3 reprises.
Elle nâa pas continuĂ© les cessions avec Lise Castonguay; elle a abandonnĂ© puisque ne pouvait fixer des dates; elle indique avoir appris de cette derniĂšre.
Elle a complĂ©tĂ© le programme Triple P Pathway Ă lâĂ©tĂ© 2016; elle reconnait que la SociĂ©tĂ© lui avait demandĂ© de complĂ©ter ce cours depuis deux annĂ©es et demi; elle indique que sa lui a pris du temps; elle a complĂ©tĂ© ce cours puisquâelle en avait besoin et puisque fait partie des documents devant le tribunal.
Elle indique que la SociĂ©tĂ© lui a offert un agent dâintĂ©gration communautaire, de la thĂ©rapie et du counselling; ils ont refusĂ© puisque câest lâenfant N.P. qui avait besoin de lâaide; ils voulaient un spĂ©cialiste pour N.P.; ils voulaient aussi du rĂ©pit.
M.L.
Elle est en relation avec M.L. depuis une année.
Ils ne demeurent pas ensemble; il a sa propre demeure; ils passent la majeure partie du temps ensemble; câest comme une vie commune mais ils ont chacun leur rĂ©sidence.
Elle ne voyait pas pourquoi Julie Potvin voulait rencontrer M.L.; il nâest pas impliquĂ©; elle ne pouvait pas le forcer Ă rencontrer lâintervenante ce nâest pas Ă elle de divulguer ses renseignements; elle est dâaccord quâil aurait pu ĂȘtre Ă©valuĂ© avant le procĂšs.
Sa mĂšre C.C .
Elles auraient pu travailler ensemble si elle lui avait parlé de ses inquiétudes.
Elle aurait dĂ» lui donner du support.
Elle a bloquĂ© sa mĂšre de sa vie depuis quâelle a tĂ©moignĂ© au procĂšs; elle ne lui parle plus.
Elle indique avoir une tante à Montréal.
Des amis lui apportaient du support Ă lâĂ©poque.
[437] En rĂ©-interrogatoire, elle indique ne plus avoir besoin de rĂ©pit. Elle a complĂ©tĂ© les cours dâhabilitĂ©s parentales. Elle peut gĂ©rer les enfants.
[438] Elle nâavait pas complĂ©tĂ© le programme en raison de son horaire.
[439] Elle explique pouvoir compter sur sa tante et une dizaine dâamies proches. Certaines dâentre elles ont des implications avec la SociĂ©tĂ©.
[440] Sa tante de Montréal lui offre du soutient émotionnel. Elles communiquent par téléphone et elle vient la visiter.
[441] Elle peut aussi obtenir de lâappui du Bureau de SantĂ© et le Centre de la Famille.
[442] Elle accepte lâidĂ©e que lâenfant N.P. puisse ĂȘtre sous les soins de son grand-pĂšre. Ils ont un bon lien. Elle nâa pas dâinquiĂ©tude avec le grand-pĂšre.
[443] Elle rĂ©itĂšre sa position quâelle demande le retour des 3 enfants ensemble ou un Ă la fois.
F.P.
[444] F.P. est le pĂšre des trois enfants. Il explique quâau point de dĂ©part, ils avaient simplement demandĂ© de lâaide de la SociĂ©tĂ© avec lâenfant N.P.
[445] Ce dernier offre de la preuve sur divers sujets dans le cadre de son interrogatoire principal. Son tĂ©moignage peut ĂȘtre rĂ©sumĂ© comme suit :
Sa santé mentale
Il souffre dâattaques de panique;
Il est anxieux; il nâaime pas ĂȘtre parmi une foule ou ĂȘtre dans une petite piĂšce; il affirme « je freak »;
Il panique dĂšs quâune porte se ferme;
Il prend des médicaments pour son anxiété;
Il aurait eu des rencontres avec la psychiatre la docteure Morrissette il y a deux ans; il ne se sent pas Ă lâaise avec cette derniĂšre; il ne veut pas juste des pilules;
Il aussi eu 5 à 7 cessions avec la psychologue Guylaine Gagné il y a aussi deux années;
Il explique avoir tenté de se suicider à deux reprises :
Il dĂ©crit un incident oĂč E.P. nâĂ©tait pas contente puisquâil Ă©tait arrivĂ© tard Ă la maison; il avait bu 2 grosses biĂšres; il a Ă©clatĂ©; il a quittĂ© puis a eu une dispute avec un homme de 60 ans; il sâest prĂ©sentĂ© Ă la station de police et il fut apportĂ© Ă lâhĂŽpital oĂč il a parlĂ© Ă un psychiatre; tout aurait bien Ă©tĂ© par la suite; les enfants Ă©taient prĂ©sents, mais couchĂ©s;
Sa deuxiĂšme tentative a eu lieu un mois suivant la sĂ©paration avec E.P.; il dit avoir envoyĂ© des messages textes Ă E.P. lui disant quâil ne pouvait pas vivre sans elle; il a consommĂ© des mĂ©dicaments en surdose et fut dĂ©couvert inconscient dans sa chambre par sa mĂšre; il a par la suite demandĂ© de lâaide au Centre Royal Comtois; il explique quâil est entourĂ© de drogue oĂč il demeure prĂ©sentement.
Sa consommation
De façon historique, il a consommé de la marijuana et du haschisch; il a consommé de la cocaïne à deux reprises un été;
Il affirme avoir bu « papire » lorsquâil demeurait sur la rue C[âŠ]; il a cessĂ© de boire, recommencĂ© et il indique avoir maintenant cessĂ© Ă nouveau.
Violence envers E.P.
Il nie lâavoir dĂ©jĂ frappĂ©;
En moment de crise, les gens doivent lui « sacrer patience »; il ne veut pas personne autour de lui;
Il admet avoir fait des trous dans les murs; il a fait un trou avec sa tĂȘte et une perceuse; il a fait un trou dans une porte avec un outil (« cutter »);
Il ne se rappelle pas avoir brisé un miroir;
Il explique lâincident oĂč il sâest fracturĂ© la main en frappant le mur Ă trois reprises; il sâagissait dâune dispute avec son cousin.
Discipline avec les enfants
Il relate deux incidents oĂč il a utilisĂ© de la discipline physique :
Il a donnĂ© une tape sur les fesses sur la couche; il explique « on se tanne »; il avait « pognĂ© les nerfs »; sâa nâa pas fait mal Ă lâenfant;
Il a tirĂ© les cheveux de lâenfant N.P.; ce dernier avait rĂ©veillĂ© son frĂšre de 20 Ă 25 reprises entrant dans sa chambre; il lâa « pognĂ© par les cheveux »; lâenfant lui a dit « papa » et il a appelĂ© E.P.
Il les tenait aussi parfois par les bras mais sans appliquer de pression;
Il nie avoir frappĂ© lâenfant J.P. Ă la lĂšvre;
Il dĂ©crit un incident oĂč N.P. a frappĂ© son frĂšre J.P. sur le nez et quâil fut faussement blĂąmĂ© Ă la garderie;
Il nie avoir projetĂ© N.P. lors de la rencontre avec le Docteur Van Gijseghem tel que dĂ©crit par lâAIC Stephanie Leroux; il explique que les enfants Ă©taient lĂ depuis longtemps et que N.P. avait frappĂ© J.P.; il a simplement assis lâenfant sans le lancer; il a demandĂ© de lâaide; ladite AIC est entrĂ©e dans la salle en lâaccusant quâil avait la rage; il a quittĂ© en prenant son sac; il indique que la tĂ©moin exagĂšre; il ne lâa pas intimidĂ©;
Il utilisait des « time outs » pour gĂ©rer le comportement des enfants; ils devaient demeurer assis sur le divan; il les sĂ©parait; il les tenait sur lui lorsquâils Ă©taient en crise; il ne donnait pas de gĂąteries ou ne montrait pas de film comme consĂ©quence;
Il enlevait aussi les jouets aux enfants comme conséquence.
Routine Ă la maison
Il explique que câest lui qui faisait tout Ă la maison (mĂ©nage, souper, lavage, sĂ©parer le linge) sauf pour plier le linge;
Câest lui ou son pĂšre qui apportait les enfants Ă la garderie;
Durant les fins de semaine, il essayait de son mieux dâaccommoder tout le monde;
N.P. et J.P. sâobstinaient pour des « bonhommes »; il faisait un jeu pour choisir les « bonhommes »;
Les parents se partageaient les tĂąches (les repas, les bains);
Les enfants couraient partout.
Sa description des enfants
Il explique que certains comportements des enfants le rendaient anxieux :
Ils jouaient de façon brusque ou violente;
Ils lançaient leurs jouets;
Ils jouaient avec le fil du systĂšme de son;
N.P. mettait le volume du son au maximum de façon fréquente;
Ils ouvraient la porte du salon et projetaient les jouets Ă lâextĂ©rieur.
Il explique quâil se « tannait »; il nâest pas un « yo-yo »;
N.P.
Il a toujours été turbulent;
Il lançait des verres lorsquâil Ă©tait bĂ©bĂ©;
Il aime aider;
Il est poli;
Il apprend rapidement.
J.P.
Il aime rire et faire rire;
Il aime faire ses propres affaires;
Il est trÚs énergétique et hyperactif;
Câest le bouffon de la classe.
T.P.
Il est encore un bébé;
Il commençait Ă se trainer lorsquâil demeurait sur la rue James
Il croit que N.P. et J.P. étaient jaloux lors de la naissance de T.P.
Les visites
Il est dâavis que les visites avec les enfants nâont pas toujours Ă©tĂ© mal comme suggĂ©rĂ© par la SociĂ©tĂ©;
Il y avait beaucoup de monde autour lors des visites;
Les visites étaient trop courtes et pas assez fréquentes;
Il faisait de son mieux avec les trois enfants;
Il critique les visites tenues au bureau de la Société;
La piÚce était trÚs petite;
Un nombre limité de jouets;
Il faisait chaud;
Il se sentait anxieux.
Les enfants Ă©taient contents de le voir mais il Ă©prouve plus de difficultĂ©s avec lâenfant J.P.;
Les enfants ne veulent pas partir aprĂšs les visites;
Il a manqué une seule visite.
Le manque de nourriture
Il explique que les enfants nâont jamais manquĂ© de nourriture;
Il se privait pour les enfants;
La famille avait reçu du support financier de la Société.
Le grand-pĂšre paternel R.P.
Il affirme que la famille a passé beaucoup de temps chez ses parents; ils y étaient presque tous les jours;
R.P. venait souvent chercher N.P. et le gardait pendant 1 ou 2 journées;
Câest R.P. qui a transportĂ© N.P. le plus souvent Ă la garderie; il y a un lien fort entre les 2;
R.P. ne consomme plus dâalcool depuis plus dâune annĂ©e.
Les cours suivis
Il indique avoir complété les cours suivants :
Triple P Ă 2 reprises;
Focus : sâest prĂ©sentĂ© volontairement Ă 1 ou 2 reprises; il est devenu anxieux puisquâil nây avait pas dâair dans la piĂšce;
Pathway : il lui manquait 2 cessions pour compléter ce programme.
Son plan pour les enfants
Il affirme vouloir faire un suivi au Centre Royal Comtois;
Il veut se trouver un logement convenable;
Il veut que les enfants lui soient retournés un à la fois ou J.P. et T.P. ensemble et N.P. par la suite;
Si les enfants ne lui sont pas retournés, il veut des contacts;
Il affirme que lâenfant N.P. devrait ĂȘtre avec son grand-pĂšre R.P. et pour les autres « on verra »;
Il veut que les trois enfants demeurent ensemble.
[446] En contre-interrogatoire par lâavocat de lâintimĂ©e mĂšre, F.P. dĂ©crit lâĂ©tat de sa santĂ© mentale. Il explique ne pas savoir ce qui le rend anxieux. Il affirme ĂȘtre « borderline » trouble de personnalitĂ©. Il a besoin de sa « bulle dâoxygĂšne » et peut-ĂȘtre un danger pour lui-mĂȘme et les autres.
[447] Ce dernier affirme avoir sorti de la cour Ă 2 reprises puisque la tĂ©moin C.1 a fait « son petit show ». Elle achĂšte les enfants. Il avait donc besoin de se calmer Ă lâextĂ©rieur puisquâil Ă©tait « enragĂ© ». Sâil ne sort pas, il fait une âattaque de paniqueâ ce qui nâest pas bon pour lui et les autres. Ceci ne se contrĂŽle pas. Il est dâavis que tout le monde fait un « cas » avec le fait quâil est « borderline ».
[448] Il indique quâil ne dit pas oui ou non lorsquâon lui demande sâil a un problĂšme de gĂ©rance de colĂšre. Il se choque pendant 10-15 minutes et ce parfois devant les enfants. Il affirme que E.P. avait aussi un problĂšme de colĂšre.
[449] Quoiquâil a eu des idĂ©es suicidaires Ă 2 reprises dans le passĂ©, il rĂ©alise maintenant que ses enfants ont besoin de lui. Il indique quâil avait un rendez-vous au Centre Royal Comtois la semaine derniĂšre quâil a dĂ» rater en raison du procĂšs.
[450] Il affirme quâil y a eu beaucoup de conflits entre lui et E.P. Ils sâobstinaient pour des petites raisons. Il faisait tout sauf plier le linge. Il lui a surement dit quâelle Ă©tait toujours au travail.
[451] F.P. reconnait avoir utilisĂ© un langage inappropriĂ© devant les enfants. Il explique quâils sâenvoyaient « chier » tous les deux. Il lui disait « va chier ma colisse ».
[452] Il est dâaccord que les enfants ont appris Ă sacrer de lui. Il « est ce quâil est »âŠ. « les sacres font partis de son vocabulaire ». Il indique que câest la raison pourquoi il demande de lâaide. Il fera un effort si les enfants lui sont retournĂ©s.
[453] Il tĂ©moigne quâil utilisait les « time outs » comme forme de discipline avec les enfants. Il explique comment les agissements des enfants le rendaient anxieux. Ces derniers « jouaient avec ses nerfs ». Il devait rĂ©pĂ©ter la mĂȘme chose 30 fois. Câest la raison pour laquelle il a maintenant demandĂ© de lâaide pour gĂ©rer ces comportements.
[454] Il est dâavis que la tape quâil a donnĂ© Ă lâenfant J.P. sur une fesse Ă©tait appropriĂ©e contrairement Ă la SociĂ©tĂ©. Lâenfant lui avait ri « dans la face » suite Ă cette tape.
[455] Il dit regretter ses gestes envers lâenfant N.P. lorsquâil lâa agrippĂ© par les cheveux. Il a agi dans un moment de panique. N.P. avait entrĂ© dans la chambre de T.P. de 20 Ă 25 fois. Lâenfant J.P. pleurait. Il explique que âcâest devenu noirâ. Il a immĂ©diatement communiquĂ© avec E.P. Cette derniĂšre a demandĂ© Ă une amie de venir chercher N.P. Ses gestes nâĂ©taient pas voulus.
[456] QuestionnĂ© sur ses habilitĂ©s parentales, il explique quâil lui manque « quelques outils ». Il aime ses enfants. Il doit contrĂŽler son anxiĂ©tĂ©. Câest la raison pour laquelle il a fait un rendez-vous avec le Centre Royal Comtois. Il est conscient que ce nâest pas bon pour les enfants mais il « va aller chercher de lâaide ».
[457] En ce qui a trait « ErâŠPe. », il explique le connaĂźtre depuis plusieurs annĂ©es. Cet individu lui avait vaguement parlĂ© des allĂ©gations contre lui concernant lâabus sexuel dâenfants. F.P. est dâavis quâil nây a pas de preuve que ceci est vrai. Il le frĂ©quente souvent. Il est son confident. Sâil est un pĂ©dophile, et que la preuve le confirme, alors il ne sera pas permis autour des enfants.
[458] F.P. nâest pas dâaccord avec les prĂ©tentions de la SociĂ©tĂ© que les enfants ont subi des maux physiques et quâils sont Ă risque de tels maux. Il reconnait toutefois que les enfants ont probablement Ă©tĂ© sujets de maux affectifs.
[459] Il est critique de la Société. Il affirme ce qui suit;
La Société est dans « leurs pattes pour rien »;
Ils se sont fait attaquer « toute dâun shot »;
Ils ont refusĂ© lâaide dâun agent dâintĂ©gration communautaire parce que la SociĂ©tĂ© est « stressante »;
La Société se prend pour le « nombril du monde »;
Ils se font toujours corriger par la Société.
[460] Il fait de mĂȘme avec la mĂšre dâE.P., C.C. :
Elle veut faire du trouble;
Elle veut se venger;
Il nâavait pas de « bons contacts » avec elle;
Elle lui passe « 10 pieds au-dessus de la tĂȘte »;
Ils ne sâaiment pas
[461] F.P. tĂ©moigne avoir cessĂ© de boire aprĂšs quâil a menacĂ© E.P. Il a bu seulement Ă 2 reprises depuis. Il rĂ©alise ce quâil a fait. Il a agi sur lâimpulsion de colĂšre.
[462] Il nâest pas dâaccord avec les conclusions du Docteur Van Gijseghem. Selon lui, ils sont capables de prendre soin de leurs enfants. Il indique quâils sont pareils les deux⊠il nây a « pas un mieux que lâautre ».
[463] Contre-interrogĂ© par lâavocate de la SociĂ©tĂ©, F.P. confirme avoir quittĂ© la rĂ©sidence de ses parents depuis mai 2016. Il demeure dans un appartement conçu pour une seule personne et il nây a pas de place pour les 3 enfants. De plus, ce nâest pas un environnement pour un enfant puisque tout le monde autour consomme de la drogue. Il tente de se trouver une nouvelle demeure.
[464] Il explique quâil est en dĂ©pression, et ce, Ă cause de la SociĂ©tĂ©. Il vit une journĂ©e Ă la fois. « Sa ne va pas bien ». Il consomme seulement du « pot », ce quâil fait depuis 28 annĂ©es.
[465] Il est assujetti Ă une probation qui ne permet pas de contact avec E.P. Câest lui-mĂȘme qui a dĂ©cidĂ© dâobtenir de lâaide pour la gĂ©rance de la colĂšre mĂȘme sâil sâagit dâun terme de sa probation. Il a appelĂ© pour de lâaide il y a un ou deux mois passĂ©s.
[466] Il reconnait ne pas avoir suivi la demande de lâintervenante Julie Potvin concernant le Centre Royal Comtois. Il nâen voyait pas « lâopportunitĂ© ». De plus, il ne veut pas suivre « ses ordres ».
[467] Il décrit que son anxiété est maintenant plus forte. Il panique dans une piÚce. Il veut découvrir pourquoi. Sa situation est pire depuis 4 mois en raison de la situation avec les enfants.
[468] F.P. est interrogĂ© sur ses tentatives de suicide. Il dĂ©crit quâE.P. avait fait un commentaire. Elle lâavait pompĂ©. Il a peur de ce quâil peut faire sâil se bat. Il sâagissait dâune crise de colĂšre. Tous les problĂšmes sâaccumulent dans la « mĂȘme boule ».
[469] Il explique sa tentative suite Ă la sĂ©paration par le fait quâil tentait de « recoller le pot cassĂ© ». Il ne sait pas ce qui sâest passĂ© aprĂšs avoir pris les pilules.
[470] Il refuse de rĂ©pondre aux questions relativement Ă sa tentative de suicide alors quâil Ă©tait adolescent.
[471] Il est dâaccord quâil a manquĂ© des rendez-vous de dĂ©pistage tel que demandĂ© par la SociĂ©tĂ©. Il a refusĂ© dây aller puisque la SociĂ©tĂ© ne lui avait pas donnĂ© 24 heures dâavis.
[472] Il exprime quâil nâa « pas juste ça Ă faire de pisser dans un petit pot ». De plus, il explique quâil a toujours eu mal aux ongles.
[473] Il admet quâil a peut-ĂȘtre dit avant et aprĂšs le retrait des enfants quâil nâĂ©tait pas capable avec les 3 enfants. Il explique quâil faisait de son mieux mais il y avait les 3 qui couraient partout et quâil nâa pas « des yeux tout le tour de la tĂȘte ». Il demande sâil devait « avoir les yeux sur les flots 24 heures sur 24 »?
[474] En ce qui a trait sa relation avec E.P., il indique que les 2 se traitaient de noms. Il explique que les enfants ont entendu quelquâun crier « grosse vache ». Il nâa jamais traitĂ© E.P. de vache, salope ou bitch.
[475] Il ne se rappelle pas dâun incident oĂč il aurait donnĂ© des gros coups sur la table et que N.P. aurait pleurĂ© Ă ce moment. Il ne souvient pas dâavoir frappĂ© la table de salon.
[476] E.P. le calmait souvent. Il se calme maintenant par lui-mĂȘme. Il ne se fĂąchait pas aussi fort avec les enfants quâavec E.P. Il reconnait avoir un comportement colĂ©rique.
[477] Pour ce qui est du programme Focus, il indique sây ĂȘtre prĂ©sentĂ© de façon volontaire. Il sâest retirĂ© de ce programme puisquâil se sentait embarrĂ© dans la piĂšce. Il nâa aucun intĂ©rĂȘt dans ce programme. Il a refusĂ© dây participer lorsque Julie Potvin lui a demandĂ©.
[478] Il admet avoir lĂąchĂ© le programme Pathway. La coordinatrice Lynn Castonguay lui prĂ©sentait des vidĂ©os et lui donnait des conseils. Cette derniĂšre lâaurait assez « blastĂ© » quâil a « sacrĂ© son camp ». Il nâa pas la mĂȘme perspective et « chacun fait sa vie ». Il nâa pas continuĂ© puisquâon lui mettait trop de pressionâŠ.il affirme « âŠ.je ne suis pas une marionette »⊠« si faut que je le fasse, je vais le faire ».
[479] De plus, il reconnait ne pas avoir toujours coopĂ©rĂ© avec Julie Potvin. Il ne lâa pas rencontrĂ©e depuis mars 2016. Il a manquĂ© tous ses rendez-vous avec elle depuis mars 2016. Il explique quâil nâa pas de tĂ©lĂ©phone.
[480] Il nâest pas certain dâavoir discutĂ© des conflits entre lui et E.P. avec son pĂšre. Il indique que « ce nâest pas de ses affaires ce qui se passe chez-nous ». La mĂȘme chose en ce qui a trait sa consommation de marihuana. Il nâa pas parlĂ© de ses « idĂ©es noires » avec son pĂšre.
[481] Quoique son pĂšre a consommĂ© de lâalcool durant sa vie, ses parents ont cessĂ© de consommer il y a plus dâune annĂ©e.
[482] Lorsquâon lui suggĂšre quâil avait dit Ă Julie Potvin que sa mĂšre souffrait de problĂšmes de santĂ© mentale, il dit quâelle est devenue renfermĂ©e suite au dĂ©cĂšs de sa sĆur. Elle prend quelques pilules. Il est dâaccord quâelle est souvent assise et amorphe.
[483] Son pĂšre lâa souvent aidĂ© avec les enfants. Il ne sait pas sur qui il reposerait si son pĂšre nâĂ©tait pas lĂ .
[484] QuestionnĂ© sur le copain de E.P., M.L., il affirme quâil lâappelle le grand « flanc-mou ». Il admet avoir dit Ă Julie Potvin que M.L. Ă©tait agressif et un consommateur. Il ne veut pas quâil soit autour de ses enfants. Il nâa pas confiance en lui.
[485] Pour ce qui est de ses plans, il explique quâil va partir mais il ne sait pas oĂč et ceci dĂ©pend du rĂ©sultat du procĂšs. Il est prĂȘt Ă voir ses enfants seulement deux fois par annĂ©e si nĂ©cessaire.
[486] Il est dâavis quâil est dans lâintĂ©rĂȘt des enfants de sortir du systĂšme et dâĂȘtre avec leur mĂšre.
[487] F.P. reconnait avoir dit Ă Julie Potvin quâil ne voulait pas que les enfants soient avec la mĂšre. Il explique avoir dit ceci sur « un coup de tĂȘte ».
[488] Finalement, il explique son absence lors dâun matin du procĂšs par lâeffet contraire de son mĂ©dicament. Il Ă©tait futile pour lui de se prĂ©senter dans un tel Ă©tat. Il indique « sa va finir par ce placer, je me le souhaite ».
L.P.
[489] L.P. est la mĂšre de lâintimĂ© pĂšre F.P. Elle demande la garde de son petit-fils N.P.
[490] Elle explique que N.P. est venu chez elle suite Ă lâaccouchement. Il Ă©tait tout le temps chez elle durant les deux premiĂšres annĂ©es. Elle voyait lâenfant presque tous les jours.
[491] Elle et son conjoint R.P. gardaient N.P. un jour suivi de J.P.
[492] Lâenfant lâappelle « mĂ©mĂšre ».
[493] Elle indique que la relation avec son conjoint est bien.
[494] Sur la question de leur consommation dâalcool, elle explique que tous les deux Ă©taient musiciens. Ils alternaient leur consommation dâalcool entre eux. Ils nâĂ©taient pas ivres puisquâils devraient travailler en jouant de la musique. Ils buvaient parfois durant la semaine.
[495] AprĂšs avoir cessĂ© la musique, il y a 15 ans, ils ont continuĂ© Ă consommer de lâalcool. Ils buvaient le soir, mais pas le matin. Elle buvait 6 onces de Brandy et lui, 4 Ă 6 biĂšres.
[496] Initialement, elle explique en interrogatoire principal que R.P. avait arrĂȘtĂ© de boire pendant huit mois il y a quelques annĂ©es. Elle se corrige lors du contre-interrogatoire en indiquant quâil avait cessĂ© pour huit annĂ©es et quâelle en avait discutĂ© avec lui lors dâune pause.
[497] Elle affirme quâelle ne consomme plus dâalcool depuis juillet 2015 sauf pour deux consommations lors dâune rencontre en famille vers la fin janvier 2016.
[498] Elle indique que R.P. a cessĂ© de consommer en septembre 2015, sauf pour deux biĂšres lors de ladite rencontre familiale. Elle dit ne pas comprendre le rĂ©sultat du test de dĂ©pistage de R.P. qui dĂ©note une consommation excessive dâalcool.
[499] Elle dĂ©crit avoir un beau lien avec lâenfant N.P. Il est membre de la famille et il le sait. Elle lâaimeâŠil est son petit-fils. Elle les aime tous.
[500] Son conjoint R.P. est impliquĂ© dans tout avec lâenfant. Par exemple :
Il joue avec lâenfant;
Il lâendort;
Se lĂšve avec les matins;
Lui fait à déjeuner;
Le transportait Ă la garderie.
[501] Lâenfant est content de voir ses frĂšres, son pĂšre et ses grands-parents lors des visites. Il pleure lorsque la visite prend fin.
[502] En contre-interrogatoire, elle est dâaccord avec la suggestion quâils Ă©taient tous les deux sous lâinfluence de lâalcool Ă lâĂ©poque oĂč N.P. et J.P. alternaient leurs couchers. Toutefois, les mĂ©dicaments quâelle prend Ă©taient sans consĂ©quence puisquâelle les prenait le matin.
[503] Elle explique ne jamais avoir fait de suivit en ce qui a trait lâalcool puisque ce nâĂ©tait « pas assez fort pour sa ».
[504] R.P. nâa pas fait de suivi pour sa dĂ©pression, mais il en a fait part Ă lâintervenante Julie Potvin.
[505] Le tĂ©moin affirme ne pas avoir dâinquiĂ©tude avec la mĂšre et le pĂšre des enfants. Elle veut que les enfants soient retournĂ©s sous les soins des parents.
[506] Elle nâĂ©tait pas au courant de violence psychologique de la part de son fils F.P. Ă lâĂ©gard dâE.P. Selon elle, ils « se chicanaient comme dâautres couples ». Les enfants nâont jamais parlĂ© de ceci. Parfois, ils sâennuyaient des parents.
[507] Elle nâa pas connaissance que F.P., consommait de lâalcool. Elle Ă©tait toutefois au courant de la consommation de marijuana. Ils leur parlaientâŠceci les inquiĂ©taient. Ils nâen ont pas fait part Ă la SociĂ©tĂ©.
[508] Ils aidaient les parents financiĂšrement et parfois, donnaient de la nourriture.
[509] Ils étaient aussi inquiets avec le sacrage des enfants. Ils ont suggéré aux parents de ne pas sacrer devant les enfants.
[510] Elle reconnait que F.P. avait de la difficultĂ© Ă gĂ©rer les trois enfants. Ceci lâinquiĂ©tait, mais selon elle, il nâaurait pas fait mal aux enfants. Elle nâa pas connaissance que F.P. aurait tirĂ© les cheveux dâun des enfants ou taper la couche.
[511] Elle tĂ©moigne ĂȘtre inquiĂšte par ceci. Quâelle lâaurait chicanĂ© lâavoir su, mais quâelle ne lâaurait pas dit Ă la SociĂ©tĂ©.
[512] Elle exprime la mĂȘme logique en ce qui a trait la menace de suicide de la mĂšre devant les enfants en dĂ©cembre 2014. Elle aurait essayĂ©e de lâaider, lâavoir su, mais ne sait pas si elle en aurait avisĂ© la SociĂ©tĂ©.
[513] Elle avait connaissance des idées suicidaires de son fils, mais ne croit avoir alerté la Société. Elle savait que la Société était déjà impliquée à ce moment.
[514] Elle nâa pas connaissance des faits suivants :
F.P. qui lançait des assiettes;
F.P. qui faisait des trous dans les murs;
F.P. qui aurait brisé une table et une chaise.
[515] Le tĂ©moin indique que ceci lâinquiĂšte beaucoup et quâelle croit quâelle aurait avisĂ© la SociĂ©tĂ© de ceci, lâavoir su.
[516] Elle décrit les activités avec N.P. et J.P. :
Un casse-tĂȘte en bois;
Jouaient dehors, dans la neige;
Montrer à compter; ils avaient acheté un tableau noir;
N.P. savait compter jusquâĂ 20-30 Ă 3 ans; elle ne peut pas expliquer ses difficultĂ©s Ă compter Ă lâĂ©cole.
[517] Selon elle, le fait quâelle est ĂągĂ©e de 63 ans et R.P. de 62 ans nâest pas une embĂ»che. Elle affirme quâelle a la santĂ© requise.
[518] Finalement, elle explique quâelle est prĂȘte Ă couper les liens avec son fils F.P. pour obtenir la garde de son petit-fils N.P. Elle nâa jamais eu lâintention de retourner lâenfant sous les soins de son pĂšre.
R.P.
[519] R.P. est le grand-pĂšre paternel des trois enfants. Il propose une ordonnance accordant Ă lui et sa conjointe, L.P., la garde de lâenfant N.P. Il demande des droits dâaccĂšs aux deux autres enfants.
[520] Le tĂ©moin explique quâil a une relation avec N.P. depuis sa naissance. Câest lui qui est allĂ© chercher lâenfant et ses parents Ă lâhĂŽpital suite Ă sa naissance. Lâenfant le visitait tous les jours.
[521] Suite Ă la naissance de lâenfant J.P., les couchers chez lui alternaient entre les deux enfants. Il transportait aussi les enfants Ă la garderie.
[522] Il décrit sa relation avec son épouse en termes positifs.
[523] Il affirme que son Ă©pouse et lui ont commencĂ© Ă consommer de lâalcool sur une base rĂ©guliĂšre Ă partir de 2001 lorsquâils ont cessĂ© de jouer de la musique. Ils sâennuyaient et consommaient le soir. Il buvait six biĂšres, parfois quatre. Ce nâĂ©tait pas tous les soirs. Son Ă©pouse buvait aussi. Elle consommait six onces de Brandy.
[524] Il tĂ©moigne quâil croit ne plus consommer depuis septembre 2015 sauf pour deux biĂšres en fĂ©vrier 2016. Son Ă©pouse ne consomme plus depuis juillet 2015. Elle a bu deux « Coolers » aussi en fĂ©vrier 2016.
[525] Il tente dâexpliquer le rĂ©sultat du test de dĂ©pistage qui dĂ©montre une consommation excessive par le fait quâil a bu pendant longtemps. Il a demandĂ© la prise dâun autre test qui fut fourni le 21 juillet 2016. Le rĂ©sultat est nĂ©gatif tel que confirmĂ© par la piĂšce #20.
[526] Sa preuve est Ă lâeffet quâil avait cessĂ© de consommer pour une pĂ©riode de huit ans.
[527] Selon lui, il nâa jamais bu de façon excessive. Boire Ă©tait une habitude et non une nĂ©cessitĂ©. Il affirme quâil ne buvait pas lors des visites de lâenfant N.P.
[528] Il nâa jamais manquĂ© de travail. Câest lui qui est responsable pour lâouverture Ă son lieu de travail Ă 6 :00 a. m.
[529] On lui demande de dĂ©crire les parents E.P. et F.P. Il aurait Ă©tĂ© tĂ©moin de dĂ©saccord entre les parents. Il ne sâagissait pas de dispute, mais le dĂ©saccord normal dans un couple.
[530] Il sait que le couple avait eu des problĂšmes financiers. Ă lâoccasion, il leur prĂȘtait de lâargent. Ils remboursaient ces prĂȘts.
[531] Plus tard, il aurait appris que son fils F.P. consommait de la drogue. Il indique avoir eu des bonnes discussions avec lui Ă cet effet.
[532] Il a aussi avisé les parents de ne pas sacrer en présence des enfants.
[533] Le témoin indique que beaucoup de choses lui ont été cachées.
[534] Il dĂ©crit les activitĂ©s suivantes avec lâenfant N.P. :
Des casse-tĂȘtes;
Cahier Ă dessins;
Ordinateur comme outil éducatif;
Jouer au ballon;
Visiter des parcs;
Lâenfant comptait jusquâĂ 10; il pouvait Ă©crire son nom, mais « tout croche ».
[535] Il y a un lien « trĂšs trĂšs » fort entre lui et N.P. Câest venu naturellement. Les enfants sont toujours contents de le voir lors des visites. Ils sautent dans ses bras. J.P. donne beaucoup de caresses, surtout Ă sa grand-mĂšre L.P. Les garçons sont aussi contents de se voir entre eux.
[536] Le tĂ©moin affirme quâil est prĂȘt Ă empĂȘcher les contacts entre lâenfant N.P. et son pĂšre F.P. conformĂ©ment Ă une ordonnance du tribunal.
[537] En rĂ©ponse aux questions de lâavocat dâE.P., il rĂ©itĂšre le point que pour lui, les parents ont eu des mĂ©sententes comme tout autre couple normal. Il nâavait aucune connaissance de violence. Il nâa jamais entendu F.P. utiliser des noms envers E.P. F.P. sacrait beaucoup. Il visitait le couple assez souvent Ă leur rĂ©sidence. Il note quâil y avait des jouets pour les enfants. Il y avait un choix de jouets y compris des casse-tĂȘtes.
[538] Les parents lui ont demandé de la nourriture à quelques reprises.
[539] Les parents sacraient beaucoup. Ceci fait partie de leur vocabulaire, et surtout celui de son fils.
[540] Le tĂ©moin confirme quâil est conscient des inquiĂ©tudes de la SociĂ©tĂ©. Il est dâavis que les parents ont certaines difficultĂ©s en ce qui a trait aux habilitĂ©s parentales. Il imagine quâils ont manquĂ© Ă certaines choses.
[541] Il note que la consommation de marijuana de son fils a engendré un conflit entre eux.
[542] Il tente dâaider son fils et lui donne des conseils. Il lui dit dâaller chercher de lâaide, mais ce dernier ne lâĂ©coute pas.
[543] Les points souvent sont soulevĂ©s dans le cadre du contre-interrogatoire par lâavocate de la SociĂ©tĂ© :
Conflits entre les parents
Ils étaient un couple normal;
Ils ont eu des problÚmes sérieux;
Leur a souvent suggĂ©rĂ© dâaller chercher de lâaide;
Il nâĂ©tait pas au courant de tout ce qui se passait Ă la maison;
Il parlait assez souvent aux parents pour leur aider;
Il nâa pas connaissance de violence;
Il nây avait pas de grosses chicanes entre les parents;
F.P. Ă©tait souvent seul alors quâE.P. travaillait;
Ils avaient des mésententes;
Il nâa pas souvent intervenu;
Il ne se souvient des raisons fournies par les parents pour leurs chicanes;
Il a vu des trous dans les murs à la résidence des parents;
Il nâa pas vu de miroir, chaise et/ou table brisĂ©s.
Les enfants
Il y avait des jouets pour les enfants; il y avait une étagÚre avec des jouets en entrant à leur demeure;
Il ne peut expliquer pourquoi lâintervenante Julie Potvin nâaurait pas vu ces jouets;
Il y a eu des petites crises lors des visites des enfants; il a connaissance dâune seule grosse crise par lâenfant J.P.;
Les enfants se taquinaient; câĂ©taient des jeux dâenfants; il nâa pas connaissance quâils se frappaient;
Il intervenait lorsque les enfants se disputaient pour des jouets; ceci nâĂ©tait pas Ă chacune des visites; certaines journĂ©es les enfants Ă©taient calmes; il y a peut-ĂȘtre eu des petites bousculades entre frĂšres; ils Ă©taient contents de se voir entre frĂšres; ils avaient des attitudes dâenfant;
Les enfants utilisaient un langage vulgaire;
Il est dâavis que les enfants se tiraillent plus durant les visites depuis lâapprĂ©hension;
Il nie que son fils lui a dit de prendre un enfant puisquâil nâĂ©tait plus capable; il lui a toutefois demandĂ© de lâaide;
Il explique avoir noté que son fils a maintenant plus de difficultés à gérer le comportement des enfants.
Consommation dâalcool
Sa derniĂšre consommation dâalcool fut fin janvier, dĂ©but fĂ©vrier alors quâil, a consommĂ© deux biĂšres chez son frĂšre;
Ă lâĂ©poque oĂč il consommait, il buvait 4 Ă 6 biĂšres entre 7 :00 p.m. et 8 :00 p.m.; il Ă©tait sous lâinfluence de lâalcool;
Son Ă©pouse commençait Ă boire lorsquâil allait se coucher; cette derniĂšre se couchait vers 4 :00 a. m.;
Il admet que les deux pouvaient ĂȘtre sous lâeffet de lâalcool en mĂȘme temps;
Ils ont cessé de boire une fois que la Société fut impliquée.
LA POSITION DES PARTIES
La Société
[544] La position de la SociĂ©tĂ© est-elle quâarticulĂ©e dans son plan de soins, câest-Ă -dire, que les trois enfants ont besoin de protection et quâil est dans leurs intĂ©rĂȘts vĂ©ritables dâĂȘtre dĂ©clarĂ©s Pupilles de la Couronne, sans accĂšs.
[545] Elle argumente que la preuve présentée dans le cadre du procÚs appuie cette position.
[546] SpĂ©cifiquement, la SociĂ©tĂ© suggĂšre quâelle a rencontrĂ© son fardeau sur la question du besoin de protection. Elle soulĂšve les points suivants :
La violence conjugale entre les parents en présence des enfants;
La violence des parents envers les enfants;
Les parents nâont pas les habilitĂ©s parentales requises pour sâoccuper des enfants, ce qui rĂ©sultent dans des visites plutĂŽt chaotiques et non stimulantes;
Les réactions des enfants suite aux visites;
Le manque dâencadrement et de consistance des parents;
Les retards des enfants au moment de lâapprĂ©hension;
La santé mentale des parents;
La consommation des parents;
LâimpulsivibilitĂ© des parents et leur incapacitĂ© de gĂ©rer leur colĂšre;
Les parents nâont pas fait les suivis dentaires nĂ©cessaires pour les enfants alors quâils Ă©taient sous leurs soins;
Le non-respect des conditions par les parents;
Le conjoint de la mĂšre, M.L.
[547] La Société note que les intimés ont tous les deux reconnu lors de leurs témoignages que les enfants ont subi ou risquaient de subir des maux affectifs.
[548] En ce qui a trait à la recevabilité des diverses déclarations extra-judiciaire des enfants, la Société soutient que la preuve rencontre les critÚres de nécessité et fiabilité.
[549] Selon cette derniÚre, la nécessité repose sur la preuve selon laquelle les enfants sont trÚs turbulents et ne restent pas en place trÚs longtemps. En fait, les policiers ont été incapables de compléter leurs entrevues avec N.P. et J.P. en raison de leurs comportements.
[550] Quant Ă la fiabilitĂ©, la SociĂ©tĂ© indique quâil nây a aucune preuve devant le tribunal indiquant que les enfants fabulent et inventent des histoires. De plus, les parents ont admis certains des propos des enfants.
[551] La SociĂ©tĂ© est dâavis que la preuve dĂ©montre que lâintĂ©rĂȘt vĂ©ritable des enfants repose sur une ordonnance de Pupille de la Couronne et ce, sans accĂšs.
[552] Elle articule sa position comme suit :
Les enfants ont des besoins particuliers aux niveaux physiques et mentaux que les parents et grands-parents ne peuvent rencontrer;
Leurs capacités de rencontrer les besoins affectifs des enfants ne suffisent pas;
LâhĂ©ritage culturel des enfants sera respectĂ© puisque ces derniers vivront avec une famille francophone;
Il nây a aucune inquiĂ©tude au niveau de la croyance religieuse des enfants;
Les enfants auront une place sûre en tant que membre de la famille adoptive;
Les relations et les liens affectifs avec les parents ne sont pas significatifs puisque la SociĂ©tĂ© soutient quâil ne devrait pas y avoir dâaccĂšs; toutefois, ce lien dâaffection entre les frĂšres est important et peut ĂȘtre prĂ©servĂ© Ă travers le processus dâadoption;
Les enfants ont un bon lien dâattachement avec les parents adoptifs proposĂ©s;
Les enfants vivent dans des foyers dâaccueil Ă double statut; il est important de maintenir cette continuitĂ©;
Les avantages du plan proposé par la Société surpassent la solution des parents selon laquelle les enfants seraient retournés sous leurs soins et/ou des grands-parents paternels;
Quoique les enfants sont trop jeunes pour dĂ©terminer leur point de vue et dĂ©sir, la preuve dĂ©montre quâil existe un attachement entre eux et les parents dâaccueils;
Tout retard relativement à la solution du cas aura des conséquences sur les enfants;
Les enfants sont à risque de subir un préjudice si retourné sous le soin des parents;
La demande des parents que les enfants leurs soient retournés de façon progressive;
Les parents avaient 19 mois afin de remplir les conditions demandées par la Société; il est maintenant trop tard pour eux de prouver leur bonne volonté;
Le tribunal doit refuser la garde de lâenfant N.P. aux grands-parents; cette mesure nâest pas dans lâintĂ©rĂȘt vĂ©ritable de lâenfant puisque :
LâĂ©valuation kinship rejette cette proposition pour diverses raisons;
Le grand-pĂšre dĂ©tient les habilitĂ©s parentales de base, mais il nâa pas les habilitĂ©s nĂ©cessaires pour rĂ©pondre aux besoins particuliers de cet enfant.
[553] Finalement, la SociĂ©tĂ© soumet que les parents nâont prĂ©sentĂ© aucune preuve justifiant une ordonnance de visite dans le cadre dâune ordonnance de Pupille de la Couronne. Ce faisant, ils nâont pas rencontrĂ© leur fardeau de preuve sur cette question.
LâintimĂ©e mĂšre, E.P.
[554] LâintimĂ©e mĂšre, E.P., demande le retour des trois enfants sous ses soins par le biais dâune ordonnance de surveillance assortie de conditions.
[555] Sa position est présentée dans son argumentation écrite déposée au tribunal le 28 octobre 2016. Elle soulÚve les points suivants :
Résumé de la preuve
La preuve de la SociĂ©tĂ© Ă lâeffet quâelle manque dâhabilitĂ©s parentales est frappĂ©e dâune faiblesse sans prĂ©cĂ©dent; il sâagit de ouĂŻ-dire non corroborĂ©; la preuve dĂ©montre quâelle a maintenant complĂ©tĂ© tous les programmes exigĂ©s par la SociĂ©tĂ©; la SociĂ©tĂ© nâa pas dĂ©montrĂ© quâelle manque dâhabilitĂ©s parentales;
La SociĂ©tĂ© ne lui a pas donnĂ© la chance de fournir les soins aux enfants dans leur milieu naturel depuis lâapprĂ©hension;
La SociĂ©tĂ© nâa pas bien Ă©valuĂ© les propos de la grand-mĂšre maternelle qui a agit de mauvaise foi; le but de la grand-mĂšre Ă©tait que E.P. perdre ses enfants comme elle.
Voir Dire
La preuve de la Société est faible;
Les propos des enfants ne sont pas corroborĂ©s; les enfants nâavaient aucune blessure servant Ă supporter leurs dires;
Les allĂ©gations des enfants Ă lâeffet que le pĂšre battait la mĂšre doivent ĂȘtre rejetĂ©es;
Il nây a aucune corroboration pour supporter les prĂ©tentions que la mĂšre a utilisĂ© de la discipline physique;
Une tape sur la fesse de lâenfant par le pĂšre nâest pas un acte criminel lorsque posĂ© dans un but Ă©ducatif; il nây a aucune preuve pour appuyer la suggestion que les tapes Ă©taient frĂ©quentes;
Elle reconnait quâil Ă©tait inappropriĂ© pour les parents de sacrer devant les enfants; ces derniers ont imitĂ© leurs parents en sacrant; toutefois, les gestes de violence posĂ©s par les enfants nâest pas lâĆuvre de la mĂšre;
Aucun psychologue nâa Ă©tĂ© en mesure de dĂ©montrer que le comportement agressif des enfants rĂ©sulte des actes des parents; il sâagit de spĂ©culation.
Les visites
La mĂšre nie la preuve Ă lâeffet que les intimĂ©s nâintervenaient pas durant les visites;
Elle reconnaĂźt quâil lui Ă©tait parfois difficile de sâoccuper seule des enfants qui rĂ©agissaient spontanĂ©ment; il lui manquait quelques techniques pour bien sâoccuper des enfants mais elle a maintenant complĂ©tĂ©s tous les cessions;
Le plan de soins de la Société du 27 juin 2016 préserve la possibilité du retour des enfants aux enfants; puisque la mÚre a complété les programmes requis par la Société, elle demeure une candidate valide;
Ses droits de visite avec les enfants ont Ă©tĂ© restreints par la SociĂ©tĂ©; lâopportunitĂ© dâapporter les soins Ă domicile aurait Ă©tĂ© un plan que la SociĂ©tĂ© aurait dĂ» envisager mais a Ă©chouĂ© de le faire;
Il nây a aucun fondement pour accorder une ordonnance de pupille de la Couronne; les signes dâimpatience et de frustrations et/ou les chicanes des parents devant les enfants ne peuvent suffire Ă cette fin;
Aujourdâhui, les parents ne sont plus ensemble.
Les réactions des enfants suite aux visites
Le psychologue Van Gijseghem, qui a Ă©tĂ© embauchĂ© par la SociĂ©tĂ©, nâa pas donnĂ© de raisons tenances ni une opinion Ă©clairĂ©e en rapport aux comportements reprochĂ©s; il nâa pas complĂ©tĂ© son Ă©valuation sur la question de la sĂ©paration des enfants; son opinion laisse beaucoup de failles et dâinsuffisances;
La Docteure Roberge ne fournit pas de réponse concluante en ce qui a trait le type de parent requis pour ces enfants;
La SociĂ©tĂ© nâa pas fait dâeffort pour dĂ©terminer les vraies causes expliquant les comportements de lâenfant N.P.; elle nâa pas Ă©coutĂ© la mĂšre qui a demandĂ© une Ă©valuation dĂšs le dĂ©but; pourquoi blĂąmer la mĂšre alors que N.P. prend actuellement des mĂ©dicaments qui lâaident?
La santé mentale des parents
La preuve nâa pas Ă©tabli que la mĂšre souffre dâune maladie mentale;
Son Ă©tat dĂ©coule dâune frustration continue pour laquelle elle a demandĂ© de lâaide;
La preuve de lâintervenante Karine Martel confirme que la mĂšre est maintenant prĂȘte Ă collaborer; elle a fait un bon bout de chemin; elle nâest plus la mĂȘme personne;
Consommation des parents
La SociĂ©tĂ© fait aujourdâhui un problĂšme avec la consommation des parents alors quâelle a mentionnĂ© Ă quelques reprises que ceci nâĂ©tait pas une inquiĂ©tude;
La mĂšre ne consomme plus.
LâimpulsivitĂ© des parents et leur incapacitĂ© de gĂ©rer leur colĂšre
- Elle reconnait quâil y a eu certaines difficultĂ©s mais les parents sont maintenant sĂ©parĂ©s.
Les enfants nâont pas fait de suivis dentaires
- La mÚre a fait toutes les démarches nécessaires; elle attendait une assurance de son employeur.
Le non-respect des conditions par les parents
Elle a maintenant complété tous les programmes requis;
Elle ne consomme plus tel que démontré par les tests de dépistage.
Le conjoint de la mĂšre M.L.
Il nây a aucune preuve quâelle demeure avec ce dernier;
Elle se pliera aux exigences de la Société.
Le Droit
La SociĂ©tĂ© doit prouver la causalitĂ© par lâacte ou lâomission;
Une sĂ©rie dâallĂ©gations ne serait pas suffisante si les allĂ©gations nâont pas Ă©tĂ© prouvĂ©es;
Lâordonnance de pupille de la Couronne sans accĂšs doit ĂȘtre rejetĂ©e quand la SociĂ©tĂ© restreint les visites dâun parent;
Lorsquâun parent fait des progrĂšs remarquables, la Cour rejette lâordonnance de pupille de la Couronne;
La preuve de ouĂŻ-dire doit ĂȘtre corroborĂ©e et faible;
Quand il y a plus dâun enfant dans une famille, la Cour doit garder les enfants ensemble; lorsque la preuve indique un fort attachement Ă©motionnel et psychologique entre les enfants, et les sĂ©parer ne sera pas dans le meilleur intĂ©rĂȘt des enfants, la Cour rendra une ordonnance qui gardera les enfants ensemble si ce plan est faisable.
LâintimĂ© pĂšre, F.P.
[556] La position de lâintimĂ© pĂšre F.P. telle que prĂ©sentĂ©e dans ses arguments Ă©crits dĂ©posĂ©s Ă la Cour le 25 octobre 2016, reflĂšte son plan de soins du 14 septembre 2016.
[557] Il demande au tribunal de conclure que les enfants ne sont pas en besoin de protection. Ce faisant, ces derniers devraient ĂȘtre retournĂ©s sous ses soins.
[558] De façon subsidiaire, lâenfant N.P. doit ĂȘtre placĂ© sous les soins de son grand-pĂšre paternel, R.P., et ce, sujet Ă des conditions dont aucun contact entre lui et ledit enfant. De plus, les contacts entre les enfants doivent ĂȘtre maintenus.
[559] En appui de sa position primaire, il soulĂšve un certains nombres de points pouvant ĂȘtre rĂ©sumĂ©s comme suit :
Les trois enfants Ă©taient trĂšs actifs; la cause de ces comportements nâest pas exactement identifiĂ©e; ceux-ci ont un impact nĂ©gatif sur les habilitĂ©s parentales; mĂȘme les foyers dâaccueil avaient besoin de rĂ©pit;
F.P. sâoccupait de tout Ă la maison y compris les enfants lorsque la mĂšre travaillait;
La discipline des enfants Ă©tait une source de conflit entre les parents; il relate quâil avait utilisĂ© une technique apprise alors que la mĂšre donnait des becs et caressait lâenfant;
Les parents nâont jamais Ă©tĂ© observĂ© Ă©tant sous lâinfluence de substance et/ou dâalcool;
Il nâa jamais exprimĂ© dâidĂ©e suicidaire en prĂ©sence des enfants;
Les enfants étaient contents de le voir lors des visites; il y a un lien affectif entre eux;
Il a toujours fourni de la nourriture aux enfants;
Lâenfant N.P. fait toujours des crises mĂȘme suite Ă son placement dans un foyer dâaccueil;
En soulevant lâincident oĂč il aurait donnĂ© une petite tape sur la couche et tirĂ© les cheveux dâun enfant, il fait le point quâil nây a pas de « parent parfait »;
Il note avoir complĂ©tĂ© le cours Triple P dans le passĂ© et quâil a fait des dĂ©marches pour des suivis personnels avec le Centre Comtois qui devaient dĂ©butĂ©s durant le procĂšs;
Il ne demeure plus avec ses parents depuis mai 2016;
La Société ne lui a jamais offert de service relativement à son état psychologique;
Il indique que son anxiété quand il se trouve dans un lieu restreint explique en partie pourquoi les visites ne vont pas bien au bureau de la Société;
[560] F.P. offre les points suivants pour appuyer sa position subsidiaire :
Le grand-pÚre est calme et aime ses petits enfants; son logement est organisé; il a deux chambres à coucher; les enfants sont attachés à lui;
Il a, de façon historique, veillé aux soins des enfants; il a été impliqué avec eux;
Le dernier test de dĂ©pistage dâalcool fut nĂ©gatif;
Les enfants sont contents lors des visites;
La SociĂ©tĂ© nâa pas fait dâĂ©valuation de kinship du grand-pĂšre seul avec lâenfant N.P.;
Le grand-pĂšre nâa pas de casier judiciaire liĂ© Ă la consommation dâalcool;
Le Docteur Van Gijseghem nâa pas dâinquiĂ©tude que lâenfant N.P. puisse rĂ©gresser sous ses soins;
Le grand-pĂšre va sâassurer quâil nây ait aucun contact entre lâenfant et lâintimĂ© pĂšre F.P.;
Le grand-pĂšre nâa pas avisĂ© la SociĂ©tĂ© des agissements des parents puisquâil savait que cette derniĂšre Ă©tait impliquĂ©e; il invitait les parents et enfants chez-lui lors de disputes.
[561] Le pĂšre est dâavis que le tribunal doit considĂ©rer lâimportance de maintenir les liens entre les trois enfants. Il note que ces derniers jouaient ensemble lors des derniĂšres visites. De plus, le Docteur Van Gijseghem semble avoir changĂ© sa position sur cette question Ă la lumiĂšre de la qualitĂ© des visites.
[562] Finalement, il argumente que les propos des enfants ne doivent pas ĂȘtre reçus en preuve en raison du manque de fiabilitĂ©. De plus, il nâest pas nĂ©cessaire dâadmettre cette preuve puisque les parents ont admis certains des propos relatĂ©s par les enfants.
LE DROIT
[563] En dĂ©cidant les questions soulevĂ©es dans ce procĂšs, le tribunal note les objectifs visĂ©s sous la Loi sur les services Ă lâenfance et Ă la famille.
[564] Le paragraphe 1(1) identifie lâobjet primordial :
1(1) Lâobjet primordial de la prĂ©sente loi est de promouvoir lâintĂ©rĂȘt vĂ©ritable de lâenfant, sa protection et son bien-ĂȘtre.
[565] Des objets additionnels doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s par le tribunal dans la mesure oĂč ils sont compatibles avec lâobjet primordial. Ceux-ci sont prĂ©vus au paragraphe 1(2) et inclus :
ReconnaĂźtre que mĂȘme si les parents peuvent avoir besoin dâaide pour sâoccuper de leurs enfants, cette aide devrait favoriser lâautonomie et lâintĂ©gritĂ© de la cellule familiale et, dans la mesure du possible, ĂȘtre accordĂ©e par consentement mutuel.
ReconnaĂźtre que devrait ĂȘtre envisagĂ© le plan dâaction le moins perturbateur qui est disponible et qui convient dans un cas particulier pour aider un enfant.
ReconnaĂźtre que les services Ă lâenfance devraient ĂȘtre fournis dâune façon qui, Ă la fois :
i. Respecte les besoins de lâenfant en ce qui concerne la continuitĂ© des soins et des relations stables au sein dâune famille et dâun environnement culturel;
ii. Tiens compte des besoins des enfants sur le plan physique, culturel, affectif, spirituel

